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Archives quotidiennes : 11 décembre 2018

Lorsque j’étais journaliste régionale, j’ai un jour découvert une petite galerie dans la station des Diablerets (Suisse).
Elle s’appelait la Hotte et accueillait des expositions régulièrement.
J’avais été touchée par la petitesse de ce chalet minuscule dans lequel un groupe d’artistes et artisans locaux présentaient leur travail.
Mais j’ai surtout eu un coup de coeur pour celle qui était l’âme des lieux: Christine Fehr.
Avec le temps, je suis devenue une fidèle des lieux.
Je consacrais un article à chaque exposition, et j’adorais monter les découvrir, d’autant que Christine avait largement ouvert l’horizon de départ.
Désormais, c’était des talents de partout qui exposaient.
Un jour, je me suis sentie frustrée de ne pas parler davantage de certaines personnes que j’avais rencontrées au fil de mes articles.
L’emploi du temps d’une ou d’un journaliste est tel que, bien souvent, il n’est pas possible de passer autant de temps qu’on le voudrait à écouter celles et ceux que l’on rencontre… et que  l’on ne revoit souvent jamais.
Cela me frustrait.
J’ai donc décidé que j’allais écrire un livre, mon premier, dans lequel j’allais consacrer  un portrait à des personnes qui m’avaient touchée.
Et Christine en faisait partie.
Pour les besoins de l’ouvrage, nous nous sommes vues, nous nous sommes parlé plus intimement, puis, au fil du temps, j’ai fait la connaissance de son époux et de ses fils.
J’avais titré son portrait « Le Grillon de la Hotte ».
De  fil en aiguille, l’amitié s’est installée.
Avec ceux que j’appelais « la Bande des Diablerets », nous avons passé des moments merveilleux.
Nous avons tissé  de belles amitiés dont certaines durent encore aujourd’hui malgré la distance.
Christine était une femme très sensible, d’une générosité folle, tout comme son mari.
Ils accueillaient les artistes, les amis, les amis des amis pour des moments uniques.
Je me souviens de repas grillades dans leur chalet de montagne , de fous rires mémorables, de chants, d’énormes canulars, de beaucoup de joie, de longues conversations profondes, de moment de blues, aussi.

Ce matin, Jean, qui lui aussi fait partie de la Bande, m’a appris que notre Grillon de la Hotte nous a quittés vendredi.
L’impression de prendre un coup dans l’estomac… car même si la vie m’a éloignée, j’ai gardé la même tendresse pour ceux d’En Haut.
Ce matin, je pense à eux tous qui vont l’accompagner aujourd’hui pour son dernier voyage.
Coïncidence: pour les besoins d’une présentation, j’ai débuté samedi la lecture d’un livre de Stéphane Alix: « Après », consacré aux signes venus de l’après-vie.
Comme un souffle chaud…

Martine Péters (Bernier)