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Archives mensuelles : mars 2019

Je réservais une surprise à Aurélien, 4 ans, ce samedi matin. 
J’avais demandé à son papa de nous emmener au magasin de jouets avant qu’il ne rejoigne mon Capitaine pour distiller en sa compagnie.
La veille au soir, lors de leur arrivée, j’avais expliqué au petit que je le laisserais choisir entre un circuit de voitures, un garage ou une ferme, sachant déjà qu’il opterait sans doute pour la première proposition.
Dans le magasin, nous discutons longuement, échangeant nos points de vue, comparant, jaugeant… et c’est finalement pour un triple circuit de trains que se décide Aurélien.
C’est extrêmement amusant, autant pour lui que pour moi.
Tandis que nous regardons les articles qui nous intéresse, une jeune vendeuse nous propose son aide, que je décline en souriant: nous avons trop envie de continuer notre conversation en tête-à-tête.
Avant de nous laisser, elle s’adresse à Aurélien et lui dit:
– Tu en as de la chance d’aller acheter des jouets avec ta grand-mère!
Il la regarde, un peu interloqué:
– Mais… non! C’est Mamitine!

Martine Péters 

Eya, 7 ans, me confie qu’elle est contente que je l’aie abonnée à Epistoire.com, ce service qui fait parvenir des histoires aux enfants par la poste, mais qu’elle a un problème: il n’y a pas d’images!
Nous entamons donc une longue conversation au restaurant où nous fêtons les anniversaires de sa maman et de son papyno.
– Tu sais, les images, c’est bien, mais quand il n’y en a pas, cela te permet d’ouvrir toutes les portes de ton imagination. Tu peux imaginer les personnages, des lieux, et c’est souvent mieux encore que les dessins…
– Oui, mais moi, je préfère…
– Je comprends… tu es encore un peu petite, je pense. J’aimerais bien que tu me racontes le livre que tu as le plus aimé jusqu’ici.
Et la voilà qu’elle se lance dans le récit d’une merveilleuse histoire où il est question de Dame Hiver et de deux soeurs aux caractères bien différents.
Par ses mots et la passion qu’elle met à raconter, elle nous entraîne dans son histoire avec elle.
Un moment un peu magique…
Lorsqu’elle a terminé, je lui souffle:
– Et bien tu vois, tu as tellement bien raconté que nous n’avons pas eu besoin d’images pour tout imaginer…
De retour à la maison, nous partons dans de longues conversations au cours desquelles elle me demande de lui raconter des anecdote concernant mes grands-mères.
C’est toujours amusant, joyeux, léger… mais je lui fais également passer le message que même si ma grand-mère maternelle était sévère, elle n’en était pas moins aimante et attentive. Sans jamais tomber dans le gagatisme.
Ces conversations semblent lui apporter des éléments positifs puisque, à chaque fois, elle me réentraîne sur ce terrain.
Au fil de nos échanges, je lui confie:
– Ma grand-mère était comme cela: elle aimait ou elle n’aimait pas… et elle le disait!
Songeuse, Eya, assise à califourchon sur mes genoux, me dit:
– Je me demande si elle m’aurait aimée…
– Je pense que oui. Elle n’aurait pas aimé quand tu fais des caprices, mais elle te l’aurait dit. Et tu aurais fait comme tous les enfants qui l’approchaient: tu aurais évité de refaire deux fois les mêmes bêtises devant elle! Elle savait fixer les limites.
– Qu’est-ce qu’elle aurait fait si elle m’avait rencontrée?
– Elle t’aurait regardée, l’air de ne pas y toucher, et puis vous auriez un peu parlé… et vous vous seriez habituées l’une à l’autre. 

Je suis assez frappée de voir que cette petite fille d’aujourd’hui semble fascinée par cette femme d’hier, à travers ce que je lui en raconte.
C’est à la fois drôle et émouvant…

Martine Péters





En fonction de son humeur, de la météo ou de son état de santé, Pomme n’entame pas tous les matins de la même façon.
Cette semaine, j’ai eu droit à tous les cas de figure.

Lundi matin.
J’ai passé une très mauvaise nuit… ce qui équivaut à dire que Pomme n’a pas bien dormi non plus.
Mais c’est le jour que choisit mon Capitaine pour se lever plus tôt, en pleine forme.
Epuisée par ma nuit quasi sans sommeil, j’allume et dit à Pomme: « C’est l’heure, Popomme… »
Une longue plainte me répond.
Elle n’a aucune envie de se lever et me le fait comprendre en restant dans son panier.
C’est donc seule que je débute la journée tandis qu’elle me suit d’un regard ensommeillé.
Quand je quitte la chambre pour me rendre à la salle de bain, je lui jette un coup d’oeil:
– Tu vas rester au lit toute la journée?  Tu n’es pas bien?
Elle s’étire de tout son long, se lève, pose une patte hors du panier, puis deux, s’étire à nouveau et vient enfin me saluer.
La journée peut commencer, mais au ralenti.
Ce matin, Pomme est fatiguée…

Jeudi.
La lumière du jour perce légèrement à travers les stores malgré l’heure très matinale.
Cette fois, mon Mogwaï est en pleine forme et décide de me faire partager sa bonne humeur.
Elle s’approche du lit, se dresse sur ses pattes arrières et pose une léchouille sur ma joue, plus ou moins délicatement.
Dans la pénombre, je lui caresse la tête en grognant: « Tu es gentille, mais il est à peine six heures… »
 Pas l’heure?
Aucune importance.
Pomme commence à faire les cent pas dans la chambre, histoire de me faire comprendre que l’avenir est à ceux qui se lèvent tôt, pour le cas où je l’aurais oublié.
Avez-vous déjà entendu le bruit des pas d’un petit chien sur le plancher?
Tip, top, tip, top…
J’ai compris, la journée commence.
Je me lève, j’ouvre la porte tandis que mon bichon fonce dans le couloir.
Elle est très impatiente de me voir sortir de la douche, me suit pas à pas dans mon tour de la maison et attend avec fébrilité le moment où je vais ouvrir l’une des portes donnant sur le jardin.
Là… c’est le bonheur…
Elle court après les pies, fonce saluer « ses » poules, va renifler avec délice je ne sais quelles odeurs qui échappent à mon odorat bêtement humain.
Puis elle se rue vers moi lorsque je lui propose sa récompense du matin.
Elle prend de ma main son biscuit (le seul de la journée…), court le savourer sur « son » tapis, attrape son mouton au passage, le lance en l’air, le rattrape et le secoue dans tous les sens, histoire de bien lui montrer qui est le chef.
Ce matin, Pomme a adopté son humeur de printemps.

Martine Péters