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Archives quotidiennes : 7 mars 2019

Durant le petit-déjeuner, mon Capitaine me taquinait sur le sujet des cougars, ces dames mûres attirées par les jeunes hommes.
Une option qui me laisse de glace.
– Tu n’as pas envie d’être une cougar?
– Certainement pas.
– Pourtant, tu l’es un peu: je suis très jeune!

Je suis rentrée dans le jeu:
– C’est vrai, tu es très jeune… mais tu as la bonne idée d’être un peu plus âgé que moi! Donc, je ne suis pas cougar!

Il a souri… plutôt content.

Martine Péters


La tempête qui a sévi un peu partout, notamment en France, en Suisse et Belgique, est arrivée lundi sur notre région.
Depuis que je suis installée en Franche-Comté, c’était l’épisode venteux le plus violent auquel j’ai pu assister…
Toute la journée, le vent est monté en puissance, ce qui a eu pour effet, dès le matin, de me pousser à limiter les déplacements de mes poules à leur enclos « privé », plus protégé.
En fin d’après-midi, alors que j’étais dans mon bureau, j’ai réalisé que le vent prenait des proportions démesurées.
Je suis allée dans la véranda pour constater que la tempête se déchaînait… et que mes poules pouvaient être en danger.
J’ai donc interdit à Pomme de me suivre afin de ne pas l’exposer elle aussi, et j’ai pris la direction de l’enclos.
J’ai bien fait…
C’était le chaos total.
Une bâche décrochée interdisait l’entrée et battait sous le souffle.
Les branches des arbres étaient secouées avec une force inquiétante.
Quant à mes pauvres petites poules, elles étaient terrifiées.
Elles tentaient de se mettre à l’abri, mais… aucun endroit, y compris les plus protégés, n’était sûr à leurs yeux…
Lorsqu’elles m’ont vue arriver, elles ont tenté de me rejoindre, mais le vent les renversait.
J’ai dégagé l’entrée du poulailler et je suis allée à leur rencontre, tout en ayant le plus grand mal à  rester stable moi aussi.
Dans un premier temps, au bout de longues minutes, j’ai réussi à faire rentrer  trois d’entre elles: Plume, Praline et Chine.
Leur soulagement au moment où elles ont pu se mettre à l’abri dans les étages, dans le foin, était émouvant…
Mais je n’avais pas le temps de les observer: il en restait quatre à récupérer.
Mes deux petites Hollandaises étaient comme des fétus, perdant l’équilibre, trébuchant, roulant…
J’ai réussi à les prendre et à les déposer elles aussi dans leurs appartements.
Mais, têtue comme une mule selon ses habitudes, Kiwi s’est empressée de ressortir pour aller boire… alors que les abreuvoirs  étaient eux aussi malmenés par le vent.
Je l’ai abreuvée et l’ai remise avec les autres.
J’avais encore Kaki et Bulle à ramener à bon port… et ce n’a pas été une partie de plaisir.
Dès qu’elles tentaient de me suivre, les bourrasques reprenaient de plus belle, les poussant en tout sens.
Elles étaient affolées… mais faisaient des efforts désespérés pour essayer de m’accompagner.
Je les encourageais par la voix, tentais de les protéger… en vain.
Finalement, profitant d’une accalmie de quelques secondes, j’ai pu entraîner Bulle à l’entrée du poulailler, l’ai prise et l’ai déposée à sa place.
Mais le temps que je réussisse à la tirer d’affaire et le vent avait repoussé Kaki à l’autre bout l’enclos.
Je suis retournée la chercher, tâche rendue très compliquée par les éléments sortis de leurs gonds, mais aussi par le fait qu’elle s’était réfugiée dans un endroit quasi inaccessible.
Là encore, il a fallu de longues minutes pour que j’arrive à la convaincre de me suivre malgré le nombre impressionnant de choses qui lui faisaient si peur…
Près de trois quarts d’heure après que je sois arrivée dans l’enclos au secours de mes poules, elles étaient enfin réunies dans leur poulailler.
Avant de fermer la porte pour qu’elles passent la nuit en paix, je suis restée quelques minutes auprès d’elles à écouter leurs doléances.
Elles s’exprimaient toutes en même temps, les yeux rivés sur moi, comme si elles me racontaient leurs mésaventures. 
Je les ai calmées, caressées jusqu’à ce que la paix revienne dans leur chaumière.
Ce n’est qu’alors que je les ai quittées  pour retrouver Pomme.
Assise en bouddha derrière la porte vitrée de la véranda, elle me guettait.
La tempête continuait à secouer les arbres…
Mais cette fois, tout le monde était en sécurité!

Martine Péters