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Eya, 7 ans, me confie qu’elle est contente que je l’aie abonnée à Epistoire.com, ce service qui fait parvenir des histoires aux enfants par la poste, mais qu’elle a un problème: il n’y a pas d’images!
Nous entamons donc une longue conversation au restaurant où nous fêtons les anniversaires de sa maman et de son papyno.
– Tu sais, les images, c’est bien, mais quand il n’y en a pas, cela te permet d’ouvrir toutes les portes de ton imagination. Tu peux imaginer les personnages, des lieux, et c’est souvent mieux encore que les dessins…
– Oui, mais moi, je préfère…
– Je comprends… tu es encore un peu petite, je pense. J’aimerais bien que tu me racontes le livre que tu as le plus aimé jusqu’ici.
Et la voilà qu’elle se lance dans le récit d’une merveilleuse histoire où il est question de Dame Hiver et de deux soeurs aux caractères bien différents.
Par ses mots et la passion qu’elle met à raconter, elle nous entraîne dans son histoire avec elle.
Un moment un peu magique…
Lorsqu’elle a terminé, je lui souffle:
– Et bien tu vois, tu as tellement bien raconté que nous n’avons pas eu besoin d’images pour tout imaginer…
De retour à la maison, nous partons dans de longues conversations au cours desquelles elle me demande de lui raconter des anecdote concernant mes grands-mères.
C’est toujours amusant, joyeux, léger… mais je lui fais également passer le message que même si ma grand-mère maternelle était sévère, elle n’en était pas moins aimante et attentive. Sans jamais tomber dans le gagatisme.
Ces conversations semblent lui apporter des éléments positifs puisque, à chaque fois, elle me réentraîne sur ce terrain.
Au fil de nos échanges, je lui confie:
– Ma grand-mère était comme cela: elle aimait ou elle n’aimait pas… et elle le disait!
Songeuse, Eya, assise à califourchon sur mes genoux, me dit:
– Je me demande si elle m’aurait aimée…
– Je pense que oui. Elle n’aurait pas aimé quand tu fais des caprices, mais elle te l’aurait dit. Et tu aurais fait comme tous les enfants qui l’approchaient: tu aurais évité de refaire deux fois les mêmes bêtises devant elle! Elle savait fixer les limites.
– Qu’est-ce qu’elle aurait fait si elle m’avait rencontrée?
– Elle t’aurait regardée, l’air de ne pas y toucher, et puis vous auriez un peu parlé… et vous vous seriez habituées l’une à l’autre. 

Je suis assez frappée de voir que cette petite fille d’aujourd’hui semble fascinée par cette femme d’hier, à travers ce que je lui en raconte.
C’est à la fois drôle et émouvant…

Martine Péters





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