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Archives mensuelles : décembre 2019

Après quasiment une semaine complète d’effervescence dans la maison, je retrouve la quiétude de mon bureau avec le même plaisir que celui ressenti à recevoir famille et amis.
Pomme, très fatiguée par ces jours de fête qui l’ont mise à contribution, a gambadé avec une joie évidente vers notre refuge commun, ce dimanche matin.
Confortablement installée dans son panier, elle regardait pensivement le soleil chatouiller la vitre, puis mordillait son os préféré avant de piquer du nez pour une petite sieste bien méritée.
Elle profitait de l’instant… les chiens, naturellement philosophes, sont très doués pour cela…
De mon côté, je retrouvais mon clavier, mes livres et les revues arrivées au cours de ces derniers jours, lisant, découvrant, marquant les pages, apprenant, répondant aux messages…
Pas un bruit ne venait troubler ces heures paisibles.
Les heures passées avec ceux que l’on aime sont belles…
Celles de solitude, lorsqu’elles sont choisies et non imposées, ont leur charme, elle aussi…

Martine Péters

La maison aura été pleine durant une semaine sans discontinuer, nous permettant de vivre des moments joyeux, tendres, intimes et/ou amicaux avec amis et familles.
Parmi les cadeaux que mon fils m’a offert pour Noël, il s’en trouvait un qui m’a rappelé bien des souvenirs…
Une rose de Jéricho…
Je n’en avais plus vu depuis bien vingt ans!
Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, il s’agit d’une plante déshydratée qui revient à la vie lorsqu’elle est au contact de l’eau.
Elle vient du Mexique et de nombreuses légendes lui sont associées.

Lorsque Sébastien me l’a offerte, elle était toute recroquevillée sur elle-même.
Dans son pays d’origine, elle vit sans eau… et a dû s’y habituer.
Elle sèche donc complètement… ou du moins en donne l’impression. 
Mais, dans son désert natal, dès que tombe la pluie, ses rameaux secs de déploient doucement et elle reverdit pour sécher à nouveau lorsque le temps la prive d’eau.
J’avais fait découvrir cette plante à mes enfants, guettant avec eux le moment où elle redeviendrait verte.
Et aujourd’hui, c’est l’un d’eux qui me la fait redécouvrir.
Je l’ai mise dans un bol dans lequel elle est en contact avec l’eau. 
Après quelques heures, elle avait déjà changé d’apparence.
Elle commençait doucement à reverdir.
Le lendemain matin, elle était de plus en plus verte…

La Rose de Jéricho peut renouveler ce miracle « indéfiniment », dit-on.
Il suffit de la laisser sécher dans un endroit sec pendant au minimum un mois, avant de recommencer l’opération.
Une merveilleuse démonstration de la capacité des végétaux à s’adapter à leur environnement…

Martine Péters



 

Nous terminons la semaine en compagnie de mon fils et de son petit bonhomme, venus fêter Noël avec les autres enfants, grands et petits, de la famille.
Vendredi matin, Aurélien, 5 ans, me rejoint dans mon  bureau et me dit:
– Mamitine? J’ai eu envie de vomir, ce matin…
– Ah bon? Papa t’a passé les microbes qu’il a eus en début de semaine? Et là, comment te sens-tu?
– Je ne sais pas… on va jouer?
Je file avec lui mais, au bout de quelques minutes, il disparaît en direction des toilettes et, en effet, me prouve qu’il est bel et bien souffrant.
Branle-bas de combat, nous nous occupons tous de lui, et il décide de rester à proximité des toilettes où, tout triste, il attend sa dernière heure.
Après le petit-déjeuner, son papa et mon Capitaine décident de se rendre à la pharmacie pour trouver un médicament qui le soulagera.
Restés, seuls, nous parlons un peu.
Tout pâle, il me dit:
– Je ne comprends pas ce qui se passe dans mon ventre…
– Tu veux que je t’explique?

– Oui…
Et je me lance dans une histoire loufoque mettant en scène le gros virus costaud qui a assommé son papa quelques jours auparavant et qui s’est ensuite intéressé à lui.
– Mais… il est comment, ce virus?
– Là, il est beaucoup plus faible et plus petit qu’en début de semaine. Mais il a quand même envie de t’ennuyer! Donc il donne des coups de pieds dans ton estomac.
Il fait une grimace de petit garçon prêt à pleurer, et j’enchaîne.
– Seulement, ce qu’il ne sait pas, c’est que dans ton ventre, il n’y a pas que lui… il y a aussi une armée de gardes bien décidés à traquer les virus! Imagine plein de petits bonshommes armés de lances qui piquent les fesses des virus qui passent par là…
Et je me transforme en petit virus machiavélique bien décidé à malmener l’estomac, puis en légion de petits gardes casqués qui lui courent après.
Le virus essoufflé file se cacher derrière le foie, se glisse sous l’intestin, remonte en courant pour se glisser contre l’estomac… dans son abdomen, c’est Waterloo!
– C’est pour ça que j’ai mal?
– Oui! Tu n’es pas tout seul! Ils travaillent tous pour chasser ce vilain visiteur! Alors évidement, ça chahute un peu.
– Et quand ils l’auront trouver, qu’est-ce qu’ils vont en faire?
– Ils vont le ficeler comme un saucisson, l’attacher sur une branche qu’ils vont transporter hors de toi!
Toujours aussi pâle, Aurélien rit. 
Et il va sortir quand j’irai aux toilettes?
– Exactement! Il ne faudra pas oublier de tirer l’eau pour qu’il se noie et n’attaque plus personne!
Et je mime l’affreux virus nageant à contre-courant…
– Mamitine, et s’il arrive à survivre???
– Ah aaah!!!! J’ai mon arme secrète!

– Tu me la montres?
Au hasard, je prends un produit d’entretien javelisé:
– Tadaaaaaam!!!! Lui! Tu vois, il y a un produit dedans qui tue les microbes!!
Triomphant, il regarde son ventre et lui dit:
– Tu vas voir, toi! Tu vas bientôt mourir!
– Et en plus, Papa va t’apporter un médicament qui va remettre de l’ordre dans tout cela. Tu vas aller mieux très vite!

Je ne me suis pas trompée.
Une heure plus tard, il allait beaucoup mieux et a même voulu manger un peu.
A table, toujours intéressé par la médecine Mamitienne, il a demandé:
– Dis, Mamitine… tu veux bien re raconter l’histoire du virus et des gardes?

J’ai l’espoir qu’il ne gardera pas un trop mauvais souvenir de cet épisode…

Martine Péters