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Ma grand-mère maternelle comprenait et parlait à peu près tous les patois belges. 
C’était ainsi: elle aimait cela.
Même si je n’en ai pas gardé le souvenir, j’imagine que c’est elle qui m’a appris la chanson traditionnelle chantée lors de la Ducasse de Mons, reconnue comme chef-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’Humanité par l’UNESCO.
La chanson du Doudou…
Je l’ai apprise phonétiquement, sans rien comprendre à ce que je disais.
Et cette chanson s’est endormie en moi durant cinquante bonnes années.
Jusqu’au moment où, il y a quelques jours, les hasards de mes recherches m’ont menée à m’intéresser aux Hommes Blancs qui officient au cours de cette fête… et j’ai réentendu la fameuse chanson.
En comparant le texte avec mes souvenirs, j’ai réalisé que, à un ou deux mots près, il était parfaitement fidèle à ce que j’avais appris.
Et je ne sais toujours pas ce que cela veut dire en détail…

Je n’ai jamais assisté à cette Ducasse…  il faut dire que j’ai toujours évité les rassemblements de foule.
Elle débute le huitième week-end après Pâques, pour la Trinité, se poursuit sur plusieurs jours, et comprend deux épisodes majeurs: le Jeu de Saint-Georges et le Lumeçon.
J’ai aimé en apprendre un peu plus sur ce grand rendez-vous et sur les onze Hommes Blancs qui portent le Dragon en osier de couleur verte, lors du Combat dit « Lumeçon ».
Ce dragon fait partie de la famille des Géants du Nord franco-belge, et joue un rôle capital au coeur de la fête.
Il mesure plus de dix mètres (dont la moitié est la queue), et, pour le Combat, porte une multitude de rubans noirs, jaunes et rouges, aux couleurs de la Belgique, ainsi que d’autres rouges et blancs aux couleurs  de Mons.
Le bout de la queue est fabriqué avec le crin de plusieurs queues de cheval.
Le public s’applique donc, lors de ce Combat, à attraper les rubans, les dents et le Crin censés porter bonheur.
Et les discrets Hommes Blancs qui portent ce Dragon, lui permettant de bouger et lui servant de pattes, doivent mettre toutes leurs forces et leur énergie dans l’exercice qui rend le Combat vivant.
Car, bien sûr, la bestiole n’a aucune envie de se laisser dépouiller de ses attributs sans essayer de se soustraire aux mains de la foule…
En regardant la vidéo ci-dessus, j’ai été entraînée dans mes souvenirs d’enfance et dans cette atmosphère propre à mon pays natal, décidément très doué pour les festivités…
C’est en la regardant que j’ai réalisé la difficulté du travail de ces acteurs Hommes Blancs qui doivent ressentir une belle poussée d’adrénaline avant d’aborder leur combat!
Alors que les origines  de cette Ducasse remontent au Moyen Age et que cette tradition est chevillée au coeur des Montois, on peut imaginer la déception qui a été la leur lorsqu’ils ont appris que, cette année, elle n’aurait pas lieu.
Le Dragon a été terrassé sans combat… par le coronavirus.

Martine Péters 


 


 

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