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Archives mensuelles : septembre 2020

Mardi matin.
Durant le petit-déjeuner, je pose une question à mon Capitaine:
– Enfant, si tu avais eu l’idée d’enterrer une boîte dans laquelle tu aurais placé quelques objets dans l’espoir que quelqu’un la retrouve des années plus tard, qu’aurais-tu mis à l’intérieur?
– Je n’aurais jamais enterré de boîte.
– Oui, mais si tu l’avais fait?

Il bougonne, réfléchit, et finit par se laisser entraîner dans mon jeu:
– Une fronde.
– Ah, tu vois, quand tu veux!
– Et des bons points. En avoir cinq donnait droit à une image.
– Joli…
– Un caillou translucide de couleur verte… il y en avait beaucoup dans la région…

Lui qui ne voulait pas remplir sa boîte imaginaire, y a encore placé un grelot provenant du harnachement de l’une des mules de son grand-père, un canif, des sous percés datant de la Première Guerre Mondiale, une belle clé ornée… et des boutons.

– Des boutons?
– Oui. Comme je n’avais pas de jouets quand j’étais gamin, je prenais le sac de boutons de ma grand-mère, je l’emportais dans la chambre, et j’imaginais que ces boutons étaient mes troupes. Je les classais pas tailles, par couleurs… Et ceux qui étaient tout seul étaient les chefs! J’ai joué avec eux pendant des heures…

J’adore…
L’imagination des enfants d’autrefois était riche…
Je vais poser la même question à mon petit-fils à sa prochaine visite.
Je suis curieuse de savoir ce qu’il mettrait dans sa boîte.

M.P.

 

 

 

Camille Pissarro, Rue Saint-Honoré, Après-midi, Effet de Pluie, 1897, huile sur toile, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid / Camille Pissarro

Durant la deuxième guerre mondiale, une famille juive allemande a été spoliée d’une oeuvre de Camille Pissaro: « Rue Saint-Honoré l’après-midi. Effet pluie. »
La toile, exposée à Madrid depuis plus de 30 ans, est aujourd’hui la propriété de la Fondation Thyssen-Bornemisza.
Mais un procès en restitution durait depuis 2005, opposant l’Etat espagnol et la Fondation aux héritiers de Lilly Cassiner, la petite-fille du collectionneur juif allemand dépouillé de son tableau.
Des recherches effectuées sur le parcours de l’oeuvre ont démontré que l’Etat espagnol ignorait qu’il s’agissait d’un bien spolié lorsqu’il l’a acquis en 1993.
Le verdict de ce procès a été rendu dernièrement: la justice américaine qui statuait a débouté les héritiers dans leur demande de restitution en s’appuyant sur le droit espagnol qui, contrairement à la France, ne dispose pas d’un régime spécifique pour les biens spoliés durant la Seconde Guerre mondiale.

Cette toile magnifique restera donc à Madrid…  mais ce jugement n’a pas fini de susciter un sentiment de profond malaise.

Martine Péters

Mon Capitaine et moi sommes très investis auprès de nos animaux… en ce moment plus que jamais avec le retour de la pluie qui leur complique la vie.
Chaque matin, tandis que Pomme nous attend au chaud à la maison, nous apportons nos soins à celles qui ont un souci de santé passager, puis je  porte les plus fragiles du poulailler à l’abri que mon Capitaine leur a construit pour les protéger des intempéries.
Elles sont très entourées, très choyées… bousculées pourtant par les canards qui sont de véritables brutes ailées lorsqu’ils ont décidé de se rendre à un endroit précis.
Droit devant !
Poules ou pas poules, ils écartent tout ce qui se trouve sur leur chemin, sans ménagement.
Et puis… il y a Lune.
Elle est la dernière à rester dans le poulailler le matin.
Ce bel oiseau m’a très vite acceptée sans pour autant perdre son caractère affirmé.
Elle n’aime pas être portée, contrairement à Kiwi et d’autres de mes poules qui se  blottissent aussitôt dans mes bras quand je dois les transporter.
Lune, elle, a besoin de sentir un appui ferme sous ses pattes.
Dès que j’ai compris ce besoin, nous avons donc pris nos habitudes, toutes les deux.
Pour la rentrer le soir et la sortir le matin, je la porte et la pose sur mon poignet.
Elle descend doucement vers mon index, et je pose mon autre main devant elle sans la toucher, pour qu’elle ne puisse pas tomber si elle perd l’équilibre.
En marchant doucement pour ne pas la secouer, je la mène jusqu’à l’endroit où je souhaite qu’elle aille, je la mets à hauteur de son point d’atterrissage, et elle descend de son perchoir après que j’aie un peu insisté.
Elle me donne un peu l’illusion de reproduire les gestes des fauconniers…
Je continue à dire que les poules hollandaises sont très spéciales…

Martine Péters