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Archives quotidiennes : 20 mai 2021

Pour cette quatrième rencontre, les enfants de l’atelier d’écriture me réservent des surprises…
Et la première est de taille: Mathis, qui était si réfractaire la première fois que je l’ai rencontré, a investi son cahier et y a écrit une histoire de près d’une page en rapport avec le minuscule indice trouvé sur le mur du couloir la semaine dernière.
Une petite tache rouge que nous avons remarquée en sortant et dont j’ai dit qu’elle pourrait leur servir de début à une histoire…
Il m’a prise au mot et a écrit un texte un peu sanglant, certes, mais construit!
Sa dyslexie y est omniprésente, mais l’important pour moi était qu’il prenne le goût de créer à travers l’écriture, même s’il ne maîtrise pas l’orthographe.
Devant ce texte rédigé en écriture phonétique, j’ai été très touchée… et, bien sûr, il a été lu à haute voix pour que tout le monde en profite!
Nous nous sommes concentrés pour cette séance sur la fin de notre histoire « Naufrage dans le Pacifique », qu’ils ont fini d’illustrer par des cartes de plus en plus sophistiquées.
Tandis qu’ils terminaient leurs oeuvres, ils m’interrogeaient sur les prochains sujets que nous allions aborder dans les semaines à venir et dont je veux leur garder la surprise.
Et la conversation qu’ils ont eue ensuite entre eux m’a fait un plaisir immense:
– Tu te souviens, Alexis? On n’était même pas sûrs de vouloir venir, la première fois!
– Oui… l’écriture, on n’avait pas envie…

J’interviens, curieuse:
– Et… ça va mieux, depuis?
Ils répondent en choeur, avec Lindsey:
– Oh oui!!! On kiffe!!!
– On a même kiffé tout de suite! 
– Et toi aussi, on te kiffe!

Sur ce, Lindsey file au tableau et se lance dans un dessin auquel je ne fais pas attention dans un premier temps, trop occupée à corriger un texte.
Mais quand elle m’appelle pour le regarder… je n’ai pas pu m’empêcher de le prendre en photo.


Quand je les vois finir leur goûter à toute vitesse pour pouvoir commencer l’atelier plus vite, s’y investir comme ils le font et exprimer leur plaisir de le faire, je suis comblée…

Martine Péters