Belgitude

Lors des longues conversations que j’ai par Skype avec ma maman de coeur, nous parlons souvent de détails que je redécouvre avec elle concernant la vie quotidienne belge.
Notre dernière conversation était plutôt culinaire:
– Dis… je cherche un mot que je ne retrouve pas. Sais-tu comment s’appellent, en Belgique, les beignets que l’on achète sur les fêtes foraines?
– … mmm… les croustillons!
– Ah oui!!!! Je me souviens! Nous en mangions à la Foire d’Anderlecht…
– Et à celle de Bruxelles! Elle est devenue beaucoup plus grande, avec le temps.  On y mange aussi des buccins, tu sais ce que c’est?

Je réfléchis un instant:
– Je crois, oui… ce sont les bulots, les escargots de mer, c’est ça? On les vendait dans un bouillon chaud à consommer en se baladant…
– C’est ça!
– Tu sais, j’ai découvert complètement par hasard le nom de la tarte que je préférais quand j’étais en Belgique: la tarte brésilienne.
– Ah bon, tu aimes ça, toi?
– J’adorais!!! Pas toi?
– Pas vraiment. Je préférais le maton de Gramont.
– J’ai un très vague souvenir: c’est au fromage?
– Au lait caillé. C’est délicieux.  J’aime aussi beaucoup la tarte au riz, mais il faut qu’elle soit bien moelleuse.
– C’est ce que ma grand-mère aimait manger le dimanche après-midi quand ses frères et soeurs venaient lui rendre visite.

C’est fou ce que les parfums et les saveurs ont le pouvoir de ranimer en nous des souvenirs lointains.
Rien que les mots « couques au beurre », « pistolets » et « cramique » me ramènent à nos petits-déjeuner dominicaux en famille, du temps de mes toutes jeunes années.

Et là encore, la semaine était symbolique pour moi.
Ce 5 août 2021, ma mère aurait eu 100 ans.
Tant qu’il y a quelqu’un pour s’en rappeler, elle vit toujours dans ce monde qu’elle a quitté il y a plus de 40 ans déjà.

Martine Péters

 

 

 

 

 

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