Pomme sergent-major

Lorsque Kali est entrée dans nos vies, les premiers temps, Pomme a semblé bougonne et très fatiguée.
A tel point que j’en avais parlé à la vétérinaire.
L’irruption d’un chiot en forme supersonique dans son quotidien la perturbait et l’intriguait tout à la fois.
Les mois ont passé, et il n’a pas fallu longtemps pour qu’elle se mette à changer.
Et là, comme j’en ai déjà parlé par le passé… je l’ai vue rajeunir.
Aujourd’hui, un an et demi plus tard, elle est de toutes les galopades, de tous les jeux…
Elle partage tout avec « sa » Kali, lui a laissé ses jouets et a l’air amusée par ses bêtises.
Elle lui court après quand Kali la provoque avant de filer comme un lapin, oreilles au vent, mais partage aussi avec elle de grands moments de tendresse.
Car mini-Mogwaï se préoccupe de la santé de Mogwaï en chef.
Dès que Pomme, 12 ans, émet un petit soupir ou a  un geste qui semble anormal, Kali, 1 an 1/2, est là pour prendre de ses nouvelles.
Pomme est la sagesse, le calme, la douceur, la tendresse, et Kali la spontanéité, le charme à l’état pur, la gentillesse explosive, la malice.
Quand Pomme fait une bêtise, ce qui est rarissime, et que je l’appelle pour lui en parler, Kali me coupe la route et se couche devant moi, les pattes en l’air, comme pour me distraire de mon dessein.
Elles sont irrésistibles…
Mais il est une chose qui nous est désormais interdite ou presque.
Rester au lit un quart d’heure de plus que d’habitude est désormais mission quasi impossible.
Si Pomme me voit lire ou consulter ma tablette alors qu’elle a envie de retrouver Kali, elle sait parfaitement me le faire savoir.
D’autant qu’elle a mis au point une méthode imparable pour me rappeler à l’ordre.
Dès qu’elle en a assez de me voir « flemmarder », elle se dresse sur ses pattes de derrière en se tenant contre le lit et me couve d’un regard lourd de reproches:
– Oui, Popomme, je me lève dans cinq minutes…
A ceci près que, pour elle, l’heure, c’est l’heure… et qu’elle a désormais une façon radicale de me le faire savoir.
La première fois, j’ai eu un choc: elle a donné un grand coup sur le matelas avec l’une de ses pattes.
J’ai pensé que c’était un hasard.
Sauf que… elle a recommencé.
Si je n’obtempère pas aussi rapidement qu’elle le voudrait, elle « tape du poing sur la table » tout en me regardant d’un air sévère, ce qui a provoqué une réaction de ma part:
– Pomme… tu as bien conscience que le chef de meute, c’est moi? Ce n’est pas du tout poli de se comporter comme tu le fais!
Elle m’a toisée et je suis retournée à mon occupation.
Mais trente secondes plus tard, un deuxième vigoureux coup de pattes me ramenait à la réalité.
Et je me suis levée.



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