Le labeur de Kali

Kali, la plus jeune de nos demoiselles bichons havanais, s’est mis dans la tête, depuis quelques semaines, qu’elle avait une mission bien précise à accomplir sur cette Terre.
Dès qu’elle voit que j’ai terminé une bouteille de cette eau minérale que je suis contrainte de boire à fortes doses sur prescription de mon urologue, elle se précipite, attrape la bouteille, la conduit dans son panier et s’applique à la débouchonner.
Ne me demandez pas pourquoi, c’est ainsi.
Ce que j’ai moi-même de la peine à faire, ledit bouchon étant attaché au goulot par une bague de plastique, elle arrive à l’accomplir de plus en plus vite.
Nous avons d’ailleurs clairement l’impression qu’elle cherche à battre son propre record: en quelques secondes à peine, elle vient chaque jour à bout de ce défi personnel.
Puis, elle dispose de la bouteille en fonction de ses envies.
Soit elle l’abandonne, soit elle se lance dans une bruyante course  poursuite.
Et, finesse suprême, elle ne met en route ce dernier scénario que lorsque nous nous apprêtons à regarder la télévision ou, mieux encore, lorsque je commence une interview téléphonique.
Là, pour elle, c’est le bonheur absolu: elle fait plus de bruit qu’un train de marchandises au démarrage, ce qui m’oblige à intervenir.
Dans le pire des cas, je lui confisque la bouteille pendant que je travaille… ce qui déclenche automatiquement une réaction indignée de mon mini Mogwaï.
Elle se dresse contre mon siège, une patte en l’air, et « parle », maugréant copieusement pour m’expliquer sa déception.
Et Pomme dans tout cela, me direz-vous?
Elle rit… 

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