Kaki…


 

De toutes nos poules, Kaki est celle à laquelle nous avons consacré le plus de temps et d’énergie.
Cette jolie petite poule Pékin rousse millefeuilles, ici au premier-plan, était malade lorsque je l’ai achetée, détail que j’ignorais.
Si je l’avais su, cela n’aurait d’ailleurs rien changé.
En réalisant que quelque chose n’allait pas, mon Capitaine et moi l’avions emmenée chez le vétérinaire qui, sans trop d’espoir, nous avait recommandé un médicament à lui administrer à la pipette durant plusieurs semaines.
Ca n’a été facile ni pour elle ni pour nous, mais nous avons tenu bon… et Kaki a retrouvé la santé.
Un an ou deux plus tard, elle est retombée malade et nous avons recommencé à la soigner… là encore avec le même résultat.
Depuis, Kaki traverse des passages où elle semble très faible, mais elle est toujours là et a survécu à cinq de ses congénères.
Les petites Pékin ne vivent pas très longtemps, même si certains disent qu’elles peuvent atteindre l’âge de dix ans.
L’écrasante majorité des éleveurs que j’ai contactés ont perdu les leurs vers quatre ou cinq ans, réalité que nous expérimentons avec tristesse.
Aujourd’hui, parmi les six petites poules qui vivent avec nous, il ne nous reste plus que deux Pékin: Bulle, arrivée une année après les autres, et… Kaki la survivante.
Mais depuis quelques jours, Kaki, qui est aujourd’hui la plus âgée du poulailler, ne va pas bien.
Il apparaît clairement qu’elle arrive en fin de vie.
Même si toutes vivent dans des conditions d’ombrage que beaucoup leur envieraient en ce moment, notre doyenne ne supporte pas bien la canicule.
Elle bouge peu, garde les yeux clos, dort beaucoup et n’a plus de goût pour la nourriture.
Lundi soir, nous avons cru que sa dernière heure était arrivée.
Nous allions lui rendre visite très régulièrement, et il était clair qu’elle était épuisée.
Et j’ai été frappée par le manège des autres poules.
Lors de l’un de mes passages, Bulle était là, couchée à deux pas de Kaki, à une heure où elle préfère de loin profiter de la douceur extérieure.
Kiwi est arrivée, et ce n’est que lorsqu’elle s’est postée près de Kaki que Bulle est sortie.
Puis Cannelle est entrée, relayant Kiwi qui est ressortie à son tour.
Durant tout le temps où je me suis trouvée là, elles ont établi des roulements, toujours dans le même ordre.
Plus tard, lorsque je suis revenue, Kaki était sortie et était couchée à l’ombre.
Le même scénario s’est reproduit, mais cette fois, aucune ne s’éloignait vraiment d’elle.
J’ai nettement eu l’impression qu’elles veillaient sur elle.
Le lendemain matin, Kaki vivait toujours.
Elle s’est même levée pour rejoindre, sans aide, l’abri que leur a construit mon Capitaine, bien abrité du vent et de la pluie éventuelle.
Elle était là où elle aime être.
Dans la journée, elle s’est promenée, a bu et mangé un peu.
Mais je sais qu’elle partira sans stress, dans les lieux où elle se sent bien, entourée de sa petite famille…

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