Le petit-neveu de Voltaire

Florian de Voltaire

Nous connaissons tous la fameuse maxime « Pour vivre heureux, vivons cachés ».
Mais savez-vous qui l’a écrite?
Elle nous vient de Florian, petit-neveu de Voltaire, fabuliste de son état.
Le Château de Ferney-Voltaire lui consacre une exposition qui durera jusqu’au 23 janvier 2023, et qui permet de découvrir un personnage sensible et talentueux, aujourd’hui injustement oublié.
Florian, de son vrai nom Jean Pierre Claris de Florian, a vécu dès l’âge de 9 ans et durant 13 ans dans ce château.
Voltaire va l’initier  aux arts, à la culture, à l’intelligence et à la beauté du monde.
Florian va grandir et écrire des fables mettant en scène un univers animalier qui lui apporteront le succès de son vivant, durant le Siècle des Lumières.
Vous trouverez dans la rubrique Bouquet de culture tous les renseignements concernant cette exposition, mais voici l’une des fables délicates de Florian, digne collègue de La Fontaine, celle dans laquelle il a glissé la phrase que nous avons tous dans nos mémoires…

Le grillon

Un pauvre petit grillon
Caché dans l’herbe fleurie
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie.
L’insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;
L’azur, la pourpre et l’or éclataient sur ses ailes ;
Jeune, beau, petit maître, il court de fleurs en fleurs,
Prenant et quittant les plus belles.
Ah! disait le grillon, que son sort et le mien
Sont différents ! Dame nature
Pour lui fit tout, et pour moi rien.
je n’ai point de talent, encore moins de figure.
Nul ne prend garde à moi, l’on m’ignore ici-bas :
Autant vaudrait n’exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d’enfants :
Aussitôt les voilà courants
Après ce papillon dont ils ont tous envie.
Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l’attraper ;
L’insecte vainement cherche à leur échapper,
Il devient bientôt leur conquête.
L’un le saisit par l’aile, un autre par le corps ;
Un troisième survient, et le prend par la tête :
Il ne fallait pas tant d’efforts
Pour déchirer la pauvre bête.
Oh! oh! dit le grillon, je ne suis plus fâché ;
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde !
Pour vivre heureux, vivons caché.

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