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Lorsqu’autrefois quelqu’un devait quitter les siens pour un long voyage, la séparation était totale. Avant la création des premiers relais postaux, les nouvelles arrivaient parfois, portées par un voyageur croisé en chemin. Puis le courrier a fonctionné. Ensuite, le téléphone a permis des appels de temps en temps. Mais jamais aucune génération n’a pu communiquer comme nous communiquons aujourd’hui.  Skype, comme msn et d’autres moyens trouvés sur le net, est bel et bien l’un des outils les plus magiques pour établir un contact permanent.

Aujourd’hui, grâce à lui, le Triangle d’Or s’est reconstitué. J’ai pu longuement parler avec Aurore, ma fillotte, voir ses parents et son frère comme si j’étais avec eux au « Café du  Muret ». Puis j’ai retrouvé nos compères de là-bas, tout contents de pouvoir faire un brin de causette en ma compagnie, comme si nous étions dans le jardin de ma maison. Et enfin, j’ai revu mes petits gavroches, ma lumineuse Véro et Stéphane, mon bon géant. C’est fou ce que nous avons été heureux de nous retrouver, tous… L’image et le son, comme si nous étions à côté les uns des autres. Il ne manque plus que le contact physique pour que tout soit parfait. Les serrer contre mon coeur, c’est sans doute ce qui me manque le plus. Il me faut attendre la mi octobre pour cela.

Skype est aussi un lieu de découverte. Le premier contact visuel avec certains. Un visage sur une voix. De l’émotion.

Demain, je sais que je vais les retrouver, tous. Avec, en prime, la beauté du présent puisque Eric m’emmène déjeuner au bord du lac. Je navigue donc entre la réalité Suisse où je suis entourée de beaucoup de tendresse et de chaleur, et la réalité momentanément lointaine de ma Terre de Sel où, là aussi, grâce à des outils nouveaux, l’affection est véhiculée par delà les frontières.

M.B.

L’un de mes amis m’a posé une question, qui est revenue souvent au cours de ces derniers jours: « Est-ce que, au moins, il t’a aidée à  assumer tout ce qu’il y a à  assumer pour un tel déménagement d’une maison de deux étages, d’un pays à  un autre, et pour le côté très physique de la chose? »

Voyons…. je vais répondre par une histoire…

Un homme un peu inconscient, en jouant avec les manettes du Temps, contrarie un jour le fil de l’Univers, et transforme 100 hectares de prairie verdoyante en un désert de sable.
Ce qui, au passage, étouffe une bonne partie de la population. Un détail, me direz-vous. Du moment que cela ne touche pas les siens, n’est-ce pas…
Il faut réagir, rectifier l’erreur, rendre la terre à  la terre et éliminer le sable.
Une équipe de gens courageux arrive à  pied d’oeuvre et travaille… Ils travaillent jour et nuit, armés de machines de chantier, de pelles, de tous les outils possibles et imaginables, pour essayer de réparer ce que l’homme a brisé…
Le responsable de la catastrophe, lui, nie avoir une quelconque responsabilité dans l’affaire. Lui, coupable? Non mais ça ne va pas? Et après tout, croyez ce que vous voulez, il n’en a rien à  faire.
Mais, il consent, dans son infinie bonté, à  répondre aux appels à l’aide pressants qui lui sont adressés.
Enfin… il essaye.
Il a des choses tellement plus importantes à  faire, comprenez-vous…
Restant aux abonnés absents la plupart du temps, prétextant des rendez-vous plus urgents, un état de santé décidément précaire, il répond une fois sur dix aux appels, et se déplace de mauvaise grâce à quatre ou cinq reprises sur le terrain en trois mois pour constater les dégâts. Son oeuvre.

Mieux encore, comme le petit peuple pleure devant l’ampleur de la catastrophe, il décide de donner un généreux coup de main.
Il sort délicatement une cuillère à  thé de sa poche et consacre vingt précieuses minutes de son temps à  déplacer le sable. Une fois sa tâche accomplie, il affiche l’air épuisé et vaguement fier de lui du héros qui vient de réaliser à  lui seul les douze travaux d’Hercule en une fois.
E-rein-té…
Le lendemain, il ne comprend pas la colère, l’exaspération qu’il laisse derrière lui. Et le simple fait d’avoir connaissance de cette colère le met lui-même dans une rage folle.
Comment, le peuple n’est pas encore content? L’ingrat! Après tout, mince, il a bougé! Non? Et puis,  il a une tâche bien plus importante à  accomplir qu’à vous écouter. Laquelle? Contempler son honorable nombril. Qu’il a de fort joli, d’ailleurs.

Belle histoire, n’est-ce pas?

Quelle était la question, déjà ? Ah oui, m’a-t-il aidée…
Amusant.

M.B.

Facebook réserve parfois des surprises.
Un jour, il y a peu de temps, je suis entrée en contact avec un homme dont j’ai découvert très vite qu’il était musicien et Belge. Un guitariste de jazz et de blues: Willy Donni.
Depuis, nous parlons un peu, de temps en temps, et il me fait découvrir son blog (malheureusement en néérlandais, ce qui handicape les visiteurs francophones venus d’autres pays) les vidéos qui le concernent, sur youtube, et… sa musique.

Avec son trio, il pratique un jazz envoûtant, où le saxo, la guitare et la contrebasse se marient pour une union parfaite.
Si vous allez sur youtube, vous trouverez plusieurs vidéos de leur musique: un régal…
Willy est un excellent guitariste
Nos conversations commencent toujours par le même rituel:
« Bonjour, Martine Bernier »
« Bonjour, Willy Donni »

La semaine dernière, il me disait: « Je suis en train d’écouter Django… »
J’ai pensé que je devrais le mettre en contact avec mon Visiteur des Etoiles, grand amoureux de jazz et de bonne musique.
Oui, facebook, réserve parfois de belles surprises.
Trois en deux mois, pour moi, c’est étonnant.

http://blog.seniorennet.be/cowboy/

Martine Bernier