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C’est la nouvelle de la journée: Nicolas Sarkozy a fait un malaise alors qu’il pratiquait son footing à Versailles. A force de le voir sur tous les fronts, boulimique d’activité, nous avions oublié qu’il était aussi vulnérable que n’importe lequel d’entre nous.

C’est le problème avec les gens qui ont eu une vie difficile ou très chargée. Comme ils sont toujours restés debout, on imagine qu’ils peuvent tout supporter. On peut donc tout leur faire endurer. De toute façon, quelle importance. Je connais bien le sujet. Un inconscient qui m’imagine de cette race me fait subir ce qu’il ne ferait jamais supporter à un chien. Ou plutôt à l’un de ses chats.

Sans vouloir prendre position face à la politique ou la personnalité de Nicolas Sarkozy, j’avoue avoir souvent été choquée par la dureté des attaques dont il est l’objet. Le droit à la critique de l’action politique a des limites… Lui est attaqué sur sa personnalité, sa vie, son physique, sa taille… Ce doit être usant. Le malaise d’aujourd’hui est bénin, disent les médecins. Mais il ne faut pas s’étonner. Un trop plein de stress a toujours des conséquences.

Il faudrait peut-être l’épargner un peu. Ils auraient l’air malin, les Français, si leur président mourrait en cours d’exercice, tiens. Avouez que cela ferait désordre.

M.B.

Mon ami Stéphane est arrivé,  avant-hier, avec deux objets précieux dans les mains.

Le premier était un vieux carnet à spirale. Le carnet à spirale… c’était le titre d’une chanson de William Sheller. Un objet qui doit être plein de charme et de mystère. C’était le cas pour celui-ci.

Stéphane m’a expliqué qu’il a appartenu à sa tante. Et toute une histoire se greffe autour de ces pages…

Elle s’appelait Arlette Breton. Dans ce cahier, la jeune fille qu’elle était a retracé ses cours, je pense. D’une écriture élégante et souple, elle y parle tissus, textiles, matières, décrivant leurs origines, leur fabrication, leur utilisation. Cela pourrait être banal. C’est loin de l’être.

Arlette était une jeune femme créative et débordante d’imagination. Elle a illustré ses textes de dessins, de collages, de peintures, qu’elle a réalisés d’une main très sûre, avec un talent inné. Chaque page est un bijou de fantaisie, de poésie. Le cahier d’une personnalité en pleine éclosion, manifestement joyeuse, et gourmande de vivre.

Seulement voilà…

Arlette s’est envolée alors qu’elle avait une vingtaine d’années, croquée par une maladie sans pitié. Elle devait rentrer aux Beaux-Arts, elle n’en a pas eu le temps. C’est un formidable gâchis…

La lecture de son cahier me fait penser à celui d’Anne Frank, cette adolescente  brillante et vive, morte en déportation, broyée par la folie meurtrière des hommes. Arlette aussi pétillait, semblait curieuse de tout.

Et ce talent… ce talent… Sans avoir pris de cours, elle peignait avec une technique et une maturité surprenantes.

Stéphane avait un deuxième objet entre les mains. Une peinture encadrée, représentant un paysage d’automne. L’une des deux toiles qu’il possède, réalisée par sa tante. Il a décidé de me l’offrir. Son geste m’a profondément touchée. Stéphane est très attaché à ce qui lui vient de sa famille. Ce cadeau, je le mesure à sa juste valeur… Comment dire… ce n’est pas qu’une peinture. C’est un clin d’oeil chaud et paisible d’une jeune femme revenue du passé. Je l’imagine, à l’aube de sa vie, pleine d’espoirs et d’envies, aérienne dans ses robes en corolles, concentrée sur sa peinture, découvrant peu à peu l’étendue de son talent.

Elle est partie il y a longtemps, mais j’ai le sentiment que le geste de Stéphane lui redonne une seconde vie.

Elle s’appelait Arlette Breton. Par-delà les ans, je lui envoie ce soir une pensée affectueuse. Elle a laissé une trace lumineuse dans sa famille. Y compris dans le coeur de son neveu qui ne l’a pas connue, mais qui regarde ses tableaux avec émotion, bien des années après.

Martine Bernier

 

Ce soir, j’ai appris qu’une curieuse croyance, dans la région, parle des « Vers de  Lune ».  Elle prétend que, à la période de la pleine lune, les enfants et certains adultes sont gênés par des vers contre lesquels les vermifuges traditionnels, dit-on, ont le plus grand mal à agir. Aussi les personnes touchées se tournent-elles vers des guérisseurs qui, eux, obtiennent, toujours selon la rumeur, des résultats probants.

Toujours incapable d’entendre ce genre d’affirmation sans tenter d’en savoir plus, j’ai fait une rapide recherche sur Internet, et j’ai découvert des forums où des personnes de tous milieux s’expriment sur le sujet. Comme toujours dans ce genre de cas, la tension grimpe vite entre ceux qui y croient et leurs détracteurs. Les uns affirment que la corrélation entre la présence des vers et l’évolution de la lune a été observée depuis des générations. Les autres répliquent que ce phénomène a d’autres causes que la présence de la pleine lune, et qu’il ne repose sur aucune explication scientifique. Autrement dit: il ne faut pas y croire. Mais la tradition est tenace…

En cherchant mieux, j’ai découvert ce que nous savons tous: de tout temps, la lune a été liée à une foule de croyances. Ne dit-on pas que,  chaque fois qu’elle est ronde, le nombre des naissances augmente (ce qui est faux si l’on en croit les études menées sur le sujet), que la pleine lune provoque des insomnies, voire même des coups de folie? Des recherches semblent en témoigner… tandis que d’autres affirment le contraire. Match nul.

La lune influence apparemment les animaux et les plantes, mais, nous disent les scientifiques, beaucoup moins les humains. Cela dit… quelle importance? Si certains se trouvent bien à croire en l’influence de l’astre de la nuit, ils ont tout autant le droit de le faire que les autres ont celui de trouver cette théorie ridicule.

Pour ma part, en travaillant sur un dossier sur la biodynamie voici quelques années (voir rubrique « vin »), j’ai été impressionnée par le soin que les vignerons concernés mettaient à travailler en fonction de la lune, selon les principes de l’antroposophie. Aucun d’entre nous n’a la science infuse. Mais chacun a le droit de penser et de croire en ce qu’il veut. Même aux étonnants « vers de lune ».

Martine Bernier