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J’ai déjà parlé du couple de retraités suisses qui habitait la petite maison nichée au bord de la rivière, à vingt mètres de chez nous.
Cette demeure était leur résidence secondaire.
Ils y passaient plusieurs mois par année et mon Capitaine les a bien connus.
Mais peu de temps après notre arrivée, tous deux sont décédés, à quelques mois d’intervalle.
Anita est partie la première.
J’avais à peine eu le temps de la croiser…. nous n’avons jamais eu le temps de boire ce café que nous nous étions promis de partager. 

Anita aimait beaucoup les roses, elle aussi. 
Particulièrement les roses modernes, aux couleurs éclatantes. 
Elle en avait planté devant sa maison, et tous deux s’en occupaient amoureusement.
Depuis quelques jours, les roses sont en fleurs.
En les voyant, je ne peux m’empêcher de penser à ce couple qui aurait été heureux de les voir si belles…
Plus personne ne s’en occupe, elles ne sont plus ni taillées ni soignées, mais elles continuent vaillamment à rendre hommage chaque printemps à celle qui les a aimée.

Martine Péters

Il y a un an, je franchissais la porte d’un opticien pour changer de lunettes.
Quelques jours plus tard, j’arborais, ravie, une paire ronde.
Le temps a passé et, depuis quelques semaines, je dois me rendre à l’évidence: ma vue a encore évolué et, si je veux continuer à travailler sur ordinateur (ce qui est fermement dans mon intention!) il allait falloir trouver une solution.
Le confinement m’a donné le temps de réfléchir et d’admettre que, cette fois, j’étais prête à franchir le pas des verres progressifs.
Mon besoin: pouvoir effectuer plusieurs tâches en même temps sans avoir besoin de changer de lunettes.
En clair: travailler sur écran, prendre des notes ou regarder « loin » sans contrainte.
Trois niveaux de distance.
C’était beaucoup demander, et je me demandais si mon voeu allait être réalisable.
Cette fois, j’ai pris rendez-vous chez une opticienne différente.
Non pas parce que je n’avais pas été satisfaite du travail de mon interlocuteur précédent, mais parce que je savais qu’elle proposait des lunettes qui me plaisaient.
Ma visite a été très différente de celle de l’an dernier: le coronavirus était passé par là…
Masque, distances de sécurité, gel hydroalcoolique… tout était parfaitement organisé.
Les maîtresses des lieux étaient charmantes, et leur boutique bien agencée était claire et féminine à souhait.
Je souhaitais que ma vue soit testée avant de passer à l’achat.
Aussitôt dit, aussitôt fait, avec, à la clé, un verdict qui ne m’a pas surprise: il va falloir réadapter les verres.
J’ai passé un long moment à choisir lunettes et verres, et à écouter les explications très complètes de l’opticienne sur les progrès de ces fameux verres progressifs que je redoute un peu et qui m’intriguent tout à la fois.

Verdict dans quelques jours!

Martine Péters

 

 

Joie, bonheur…
Lorsque nous avons invité Pomme à se joindre à nous pour monter dans la voiture, elle a fait preuve d’un enthousiasme débordant!
Elle adore la voiture, aime voir défiler le paysage en se dressant contre la portière arrière pour mieux regarder par la fenêtre.
C’est ainsi qu’elle a reconnu le chemin qui menait chez… le vétérinaire.
Lorsque mon Capitaine s’est garé dans le parking de la clinique, j’ai vu mon Mogwaï se tasser.
Ce n’était pas exactement comme cela qu’elle avait imaginé la promenade…
Je lui en avais pourtant parlé le matin même, alors que je la brossais.
Aujourd’hui, jour de vaccin.
Mais au mot « vétérinaire », elle avait pris un air pincé et avait détourné le regard.
Ici comme ailleurs, les mesures d’hygiène et les recommandations sanitaires sont strictes. 
Les clients entrent au compte-gouttes, avec là encore le classique arsenal des mesures préventives.
Ce virus a imposé sa loi en un temps record et sur la Terre entière… qui l’aurait cru il y a encore quelques mois?
Je suis rentrée seule avec mon Mogwaï qui a été immédiatement attirée par la présence de ce que j’ai presque pris pour… un ours.
Il s’agissait en réalité d’un chien énorme, noir et blanc, boule de poils démesurée à la bouille irrésistible.
J’ai appris par la suite, qu’il pesait… 90 kg.
Autant dire que s’il avait eu un caractère belliqueux, Pomme lui aurait servi de biscuit apéritif!
Mais il avait un caractère paisible, pataud.
Ses maîtres m’ont dit qu’il s’agissait d’un Terre-Neuve.
Ces merveilleux chiens, j’en ai connu quelques-uns dans ma vie, mais aucun n’avait cette taille et, surtout, ce poids.
Il m’a été confirmé qu’il devait impérativement maigrir sous peine de rencontrer un grave problème de santé.
Très intéressée par cet encombrant nouvel ami, Pomme  tentait d’établir  le contact en remuant timidement la queue.
Son interlocuteur a aussitôt fait pareil, à ceci près que ce simple geste, chez lui, a eu des conséquences inattendues, faisant voler tout ce qui se trouvait autour de lui.
Lorsque son tour est arrivé d’entrée dans la salle d’examen du vétérinaire, il a décidé qu’il n’en avait pas envie, freinant des quatre fers au moment de passer la porte.
Son maître le poussait par derrière tandis que son épouse le tirait par devant… sans obtenir le moindre résultat.
Le chien ne bougeait pas d’un pouce.
Notre vétérinaire est alors sorti de sa salle, s’est mis à côté du chien et,  désignant la porte d’un signe clair, a dit fermement: Allez, debout, c’est là que ça se passe!
Le colosse a pris un air penaud et a obtempéré.
Pomme m’a regardée.
J’ai regardé Pomme.
Nous étions sur la même longueur d’onde, visiblement… 
Voilà un homme qui sait parler aux rebelles!

Martine Péters