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Très vite, lors de notre déménagement, j’ai été intriguée d’entendre très distinctement voler des avions la nuit une, deux ou trois fois par semaine, ce qui me semblait surprenant dans cette région calme.  
J’avais appris qu’il s’agissait d’avions provenant de la base militaire de Luxeuil-les-Bains.
J’avais d’ailleurs consacré un petit Ecriplume à ces vols de nuit.
La plupart du temps, il s’agit d’exercices, m’avait-on dit: il faut bien que les pilotes puissent s’entraîner pour être opérationnels à toute heure du jour et de la nuit.
D’autres fois, ce sont des départs ou des retours de missions.
Depuis l’été 2017, date à laquelle nous avons emménagé, j’ai eu le temps de m’habituer à cette présence décelable deux fois par semaine.
Et c’est immanquable: à chaque fois que je les entends, mon esprit part en vadrouille, et j’imagine des scénarios de film d’aventure…
Les vols diurnes, eux, ne m’interpellent pas, même s’ils sont quotidiens, selon les autorités militaires.
Mais j’avoue que je finis par attendre les soirs où se déroulent habituellement les passages nocturnes, pour laisser gambader mon imagination.
Et quand, comme ce fut le cas cette semaine, ils ne sont pas au rendez-vous, ils me manquent!
Allez comprendre!

Martine Péters

 

Lorsque les gelées nocturnes ont atteint la région alors que les arbres étaient en bourgeons, je me suis dit que nous allions devoir faire le deuil d’un verger fleuri, ceprintemps.
C’était sans compter sur la force de la nature…
Quelques jours plus tard, pommiers, cerisiers, pruniers et autre nectarinier étaient en fleurs tandis que le cognassier commençait lui aussi à suivre leur exemple.
Une merveille…

MP

Cette semaine, j’ai commencé une nouvelle série d’ateliers d’écriture dans un centre périscolaire situé dans une autre commune que celui où j’ai été reçue précédemment.
Une sympathique équipe de responsables  m’y attendait, puis j’ai commencé à rencontrer les enfants qui fréquentent les lieux.
Des bambins de maternelle aussi curieux et mignons qu’une petite troupe de lutins, et des enfants plus grands, parmi lesquels ceux qui m’ont accompagnée à l’atelier.
Je ne résiste pas à partager une anecdote qui m’a beaucoup amusée…
Pour cette session, j’ai prévu de très nombreux jeux d’écriture qui, peu à peu, mèneront les enfants à l’écriture de petites histoires.
L’un de ces jeux consistait à trouver cinq odeurs agréables.
A chaque fois qu’un enfant arrive à trouver une senteur que les autres n’ont pas, il a droit à un point.
En préambule, pour répondre à Lindsay, une malicieuse fillette de 9 ans, j’ai précisé qu’une odeur que nous aimons peut ne pas plaire à quelqu’un d’autre.
Elle ajoute:
– D’accord. Parce que j’ai un peu peur que tu ne sois pas d’accord avec mes réponses.
–  En principe, tout est possible. Ecris-les, nous verrons! Je suis curieuse de voir ce que tu vas nous dire…

Quelques minutes plus tard, chacun lit ses réponses.
Nous nageons dans des effluves de lilas, de foin, de vanille, de cannelle et de gâteaux au chocolat sortant du four.
Arrive le tour de Lindsay.
– Alors, j’ai écrit… la saucisse. Ca sent bon sur le barbecue.

Eclat de rire général. 
– C’est pas  bien, la saucisse?
– Si, si! Je comprends! On a un peu tendance à imaginer des réponses un peu différentes, mais la saucisse, c’est très bien!
– Ah! Bon, alors l’autre, je ne suis pas tout à fait sûre que tu vas accepter.
– Vas-y, nous t’écoutons…
– Heu… les pieds.

Deuxième et gigantesque fou rire général, ponctué de grands « bêêêrk ».
Mais Lindsay ne se démonte pas.
– Tu ne l’acceptes pas? 
– Et bien… là, franchement… c’est discutable.
– Ben moi, j’aime bien.
– Ou alors… tu étais sûre que personne d’autre ne dirait la même chose, ce qui te donnerait un point! Ce n’est pas bête…  mais là, nous voulions des odeurs agréables…
– Mais… ça sent bon, un vieux fromage!

Cette petite fille est très drôle… de plus en plus amusée, je propose:
– Nous allons faire intervenir notre jury. Attention: que celles et ceux qui trouvent que les odeurs de pieds sont agréables lèvent la main!

La main de Lindsay se lève avec enthousiasme, tandis que toutes les autres ne bougent pas.
– Le jury a tranché. Je suis désolée, mais ça ne passe pas.
Les yeux pétillants sous son masque, la petite hoche la tête:
– D’accord! Au moins, je garde les saucisses!

Martine Péters