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Pour la première fois depuis le début du confinement, Homme, ma tendre moitié, est parti à la chasse dans le but de remplir le frigo pour les jours à venir.
Pas question de le voir revenir en tirant derrière lui un bison par la queue, me direz-vous, c’est vrai.
Mais la chasse d’aujourd’hui est presque aussi périlleuse que celle de nos ancêtres.
A la place de l’arc et des flèches, Homme s’est muni de sa liste, de son attestation de déplacement soigneusement remplie, et du minuscule flacon de gel hydroalcoolique que nous avions dans nos tiroirs.
Nous nous sommes fait nos adieux sur le pas de la porte et je l’ai regardé partir en agitant un mouchoir blanc.
Heu… j’exagère, mais à peine.
Le temps pour lui de remplir sa besace aujourd’hui appelée caddie, de réaliser que des conditions optimales avaient été prises pour protéger le personnel du magasin et les clients, et il a repris le chemin de la grotte.
Sous l’oeil revigoré de Pomme et sous  mon regard admiratif, il a rempli le frigo de produits frais, nous garantissant que, si nous devions mourir dans les prochains jours, ce ne serait sûrement pas de faim.
Pendant une bonne semaine, il ne devrait plus être nécessaire de sortir.
Homme courageux a mené à bien sa mission.
Mon héros!

Martine Péters

Pour ma part, ma période de confinement a commencé il y a un peu plus de trois semaines, lorsque je me suis trouvée en proie à une forte fièvre qui a duré 15 jours, assortie de symptômes ressemblant à une grippe.
Comme il était déjà question du coronavirus même si la France n’était pas encore confinée, j’ai décidé de ne plus sortir pour ne pas faire circuler mes microbes quels qu’ils soient, et de protéger mon Capitaine.
Lorsque j’ai été assez vaillante pour faire quelques pas dans le jardin, la nouvelle du confinement est tombée.
J’ai donc continué sur ma lancée.
Ni mon Capitaine ni moi n’avons l’impression de « subir » cette retraite.
Vivre ensemble est un bonheur, pas une corvée…
Nous partageons plus de choses encore, et profitons des ressources réunies dans notre lieu de vie.
Le jardin fleuri est plus que jamais notre espace de liberté, partagé avec Pomme et nos poules de charme.
Quant à l’intérieur… il recèle de trésors.
La compagnie l’un de l’autre, les livres, les possibilités offertes par Internet, la télévision, la musique… tout cela fait de nous des cloîtrés privilégiés et heureux, reconnaissants à tous ceux et celles qui donnent de leur personne pour soigner les autres et assurer la vie quotidienne de la population.
Les oiseaux et autres mammifères que certains condamnent à vivre en cage  sans se demander s’ils ne font pas de leur vie un enfer n’ont pas notre chance…

Martine Péters

Confinement oblige, il n’est pas possible pour le moment de recevoir qui que ce soit.
Ce qui ne nous empêche pas de rester en contact  avec nos proches, comme tout le monde.
Jeudi, mon téléphone a sonné pour un appel vidéo de mon fils, afin que nous puissions les voir, Aurélien et lui.
A cinq ans, ce petit bonhomme semble supporter le confinement comme il peut.
Mais tous les parents d’enfants en bas âge l’ont observé: cette façon de vivre a des effets secondaires, comme nous avons pu le découvrir hier.
Désormais, Aurélien semble monté sur ressorts.
Une situation extrêmement intéressante qui le fait sauter partout.
Notre Skippy kangourou familial a beaucoup d’énergie à dépenser, et le voir bondir dans tous les sens m’a fait sourire.
En attendant la disparition attendue du coronavirus et le retour de nos deux pigeons voyageurs, j’ai une pensée compatissante pour tous les parents qui doivent déployer des trésors d’imagination pour distraire et occuper leur joyeuse progéniture  pendant ces temps particuliers en évitant de les scotcher trop longtemps devant la télévision ou les tablettes numériques…. 

Martine Péters