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Dans l’une de nos conversations, ma maman de coeur m’a expliqué avoir dû décommander un repas prévu avec l’une de ses amies dans un restaurant où elles espéraient déguster des « jets de houblon ».
Jets de houblon?
Késako?
J’ai beau avoir vécu en Belgique, je n’avais jamais entendu parler de ce produit du terroir typiquement belge, extrêmement rare.
Il s’agit des petites pousses qui apparaissent à la base de la plante peu avant l’arrivée du printemps.
Certains agriculteurs font l’effort de les récolter à la main pour les vendre… et ils ont du mérite lorsque l’on sait qu’une grosse souche de houblon ne produira qu’environ trente grammes de ces pousses délicates.
Inutile de préciser que, aussi rares voir plus que les truffes, ces pousses fragiles sont chères.
Aux enchères, il leur arrive de flirter avec le prix de 1600 euros le kilo!
Le goût se situe entre l’asperge blanche et le salsifis, dit-on.
Une saveur subtile dont les gourmets raffolent, guettant l’arrivée des jets de houblon avec impatience.
Et bien sûr, ils restent discrets sur le sujet: il est des histoires belge qui ne se racontent pas…

Martine Péters 


Coronavirus ou pas, il était hors de question de zapper le passage au bureau de vote, ce dimanche matin.
Nous étions là dès l’ouverture, immédiatement plongés dans les conversations en cours qui, toutes, tournaient autour de l’épidémie.
La décision annoncée la veille au soir de fermer tous les établissements publics et les commerces à l’exception des supermarchés et autres magasins d’alimentation, semble avoir fait l’effet d’une bombe.
Les personnes qui en parlaient avaient l’air très affectées…

L’ambiance du bureau de vote était très différente de celle dont nous avons désormais l’habitude.
A l’entrée, le maire, flacon de désinfectant à la main, nettoyait la poignée de porte comme il allait devoir le faire tout au long de la journée.
Pas de poignées de mains ni d’embrassades, bien sûr, mais une affichette placardée sur une table dans le hall, détaillant la marche à suivre pour voter sans risque.
En gros: on ne touche à rien ou presque, on conserve des distances de sécurité entre les personnes, on utilise si possible son propre stylo, et l’on  se lave les mains avant et après le vote. 
Le seul minuscule contact avec un objet, c’est la pointe de mon stylo qui l’a eu avec le papier au moment où il a fallu signer « si possible en aérien sans toucher la feuille » dans une case délimitée par une règle pochoir.
Pas simple d’écrire sans toucher le papier de la main… les spécimens d’écriture de ces votations ne seront pas des modèles stylistiques! 
Le devoir accompli, nous avons regagné le chemin du cloître (pardon: de la maison), sachant que mon Capitaine devait retourner dans l’après-midi à la mairie pour assumer son tour de permanence.
Quels que soient les résultats de cette journée, je pense que dans les villes et villages de France, tout le monde en conservera le souvenir…

Martine Péters



Depuis que le coronavirus a pris ses quartiers à travers le monde, nous vivons dans une sorte de troisième dimension assez étrange, assistant  un peu perplexes à l’évolution de la situation.
En Belgique, ma maman de coeur fait partie des personnes fragiles qu’il faut protéger.
Elle m’expliquait, sur Skype, que les visites sont désormais interdites là où elle habite, et qu’il est fortement recommandé de ne pas sortir.
En France, l’intervention télévisée du président Macron  a permis de découvrir tout un panel de mesures drastiques mais nécessaires.
En Suisse, mon fils me dit que le pays est au même diapason.
Beaucoup de personnes de ma connaissance vivent mal la situation, très angoissées.
Au Grand Nid, la vie continue.
A peu près complètement guérie, je fais partie de ceux qui ne souffrent pas de ce huis clos… qui me permet de profiter de mon Capitaine!
Ce dimanche, date de l’anniversaire de mon fils que j’embrasse au passage, j’irai voter.
Par conviction, et… parce qu’il me serait difficile de faire autrement alors que ma Tendre  Moitié se trouve sur les listes électorales!
Quant à la vie quotidienne, elle s’adapte aux deux visages de la maison.
Je m’explique.
Le côté de la demeure, qui donne sur la route, est moins fréquenté pour le moment, c’est sûr.
Mais l’autre côté, qui s’ouvre sur le jardin, est plus que jamais notre refuge, d’autant que le soleil est revenu et semble vouloir camper pour quelques jours.
Les premières fleurs sont épanouies, apportant des touches de couleurs un peu partout.
Et mon bureau, de son côté, reste mon havre d’où je peux travailler en paix.
La légèreté des premiers  beaux jours n’arrive pas à être altérée par la lourdeur de l’épidémie…
Epidémie qui finira bien par être jugulée un jour ou l’autre… si nous faisons preuve de sagesse.
A propos de sagesse, j’ai très envie de vous faire partager ce petit édito, di-dessous,  écrit par Xavier Gerbeaud dans sa dernière newsletter.

Martine Péters

On est rarement plus de 1000 dans un jardin. Par les temps qui courent, c’est appréciable.
S’il y a plein de petites bébêtes qui traînent au jardin, elles ne rendent pas malade pour autant. Par les temps qui courent, c’est estimable.
On a parfois bien chaud au jardin, mais c’est d’avoir trop forcé, pas à cause de la fièvre. Par les temps qui courent, c’est notable.
Beaucoup de végétaux arrivent de contrées lointaines, telle la Chine, mais on peut les planter sans danger. Par les temps qui courent, c’est prisable.
Gare ! N’approchez pas pour autant d’autres jardiniers, car leur passion serait malgré tout contagieuse… Allez comprendre ?

Bon jardinage !

Xavier Gerbeaud




Martine Péters