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Martine Péters (anciennement Bernier)

J’avais 17 – 18 ans et j’effectuais un stage de deux mois dans une crèche lorsqu’un matin, la directrice m’a présenté une nouvelle stagiaire qui devait nous accompagner durant quelques jours.
Elle avait à peu près le même âge que moi, était grande, des cheveux blonds cendrés tout bouclés et, j’allais m’en apercevoir rapidement, était dotée d’un humour pince-sans-rire irrésistible.
Elle s’appelait Godelieve, n’aimait pas son prénom… je l’ai donc rebaptisée Godon.
Durant la période que nous avons passée ensemble, nous avons été très complices.
Nous étions pourtant très différentes.
Elle allait commencer ses études d’infirmière, et savait exactement ce qu’elle allait faire alors que je préparais mon départ de la Belgique sans trop savoir quelle vie m’attendait.
Nous nous occupions des enfants et profitions de l’heure de la sieste pour alimenter nos longues conversations.
Lorsque qu’est arrivé le moment de son départ, elle a sorti de son sac une pochett- cadeau et me l’a tendue:
– Je voulais te laisser un souvenir…
J’étais très touchée.
Je savais que, comme moi, elle n’avait pas beaucoup de sous.
Je lui ai offert le livre que je lui destinais, et j’ai ouvert mon paquet.
J’en ai sorti un curieux objet en bois, plutôt joli, dont je ne connaissais absolument pas l’utilité.
Godon me regardait d’un air amusé et je lui ai demandé:
– C’est un objet que je n’ai jamais vu! Mais… à qui sert-il?
– Aucune idée! Je l’ai vu dans la boutique, au bout de la rue, et j’ai pensé que c’était peut-être un instrument de musique… Si tu veux, on y passe ensemble toutes les deux pour poser la question, à la fin de la journée?

C’est ce que nous avons fait.
Nous avons été voir la vendeuse avec notre drôle d’instrument de musique et nous lui avons demandé comment faire pour s’en servir.
Elle nous a regardé d’un air interloqué, a souri et a répondu:
– Ah mais non, ce n’est pas un instrument de musique, c’est une cuillère à miel.
Nous sommes ressorties après l’avoir remerciée.
Dehors, Godon avait l’air très dépitée.
Lorsque nos regards se sont croisés, nous sommes parties dans un fou rire qui a duré un temps fou et que nous n’arrivions pas à maîtriser.
A chaque fois que l’une d’entre nous se reprenait, l’autre essayait de parler en hoquetant et les rires reprenaient de plus belle.
Ca a été le cadeau d’adieu le plus drôle que j’ai jamais reçu!
Depuis, je ne peux pas voir une cuillère à miel sans repenser à Godon.



Martine Péters



Depuis que je vis en France et que j’ai davantage de temps libre, j’en consacre une partie à suivre différents cours donnés sur Internet.
Pour des sommes plus ou moins modiques selon les formations choisies (d’une douzaine d’euros à beaucoup plus cher, en passant pas des abonnements de moins de 30 euros par mois pour un accès illimité), il est possible de suivre des cycles sur des thèmes très divers.
Je me suis beaucoup axée sur l’informatique, le codage et la PAO jusqu’ici.
A présent, pour les besoins d’un livre pour enfants que je viens de terminer, je me concentre sur un cours d’illustration et de dessin.
Même si tout ne me plaît pas, et de loin, dans l’époque où il nous est donné de vivre, je ne me lasse pas des incroyables possibilités qui nous sont offertes.
Il existe de cours sur tous les sujets et pour tous les niveaux.
Le tout est de bien les choisir, la qualité de chaque cours dépendant évidemment de celle de l’enseignant (e).

Il y a quinze jours, alors que j’interviewais un médecin réputé, spécialiste de la mémoire, il a terminé l’entretien sur cette phrase: « Surtout,  il ne faut jamais arrêter d’apprendre »…
Je partage totalement son point de vue.

Martine Péters




–  Pomme, tu viens? Je vais m’occuper de toi!
Intéressée, ma Mogwaï arrive au petit trot tandis que je pose sur la petite table du salon toute sorte d’ustensiles destinés à son usage personnel.
Je m’installe dans le canapé et ouvre un sachet de lingettes dédiées à la toilette des oreilles canines, tandis que, très intéressée, elle prend appui sur moi pour ne rien manquer du spectacle.
Elle a compris: c’est l’heure des soins.
Oreilles, pelage, pose de l’antiparasitaire, petite douche et nettoyage des yeux: tout y passe.
Et elle, bien décidée à collaborer de son mieux, me facilite la tâche en acceptant tout ce que je lui propose.
Au moment de la sécher, je lui fais de grosses papouilles auxquelles elle répond par une série de bisous pommesques.
Puis je lui dis: Bon… tu as vraiment été parfaite…Tu mérites une récomp…
Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase qu’elle a déjà filé et attend impatiemment devant l’endroit où se trouvent les biscuits pour chien.
J’en choisis un, ni trop petit ni trop grand, et je le lui tends.
Et là… avant de le prendre, elle me remercie en agitant la queue un peu mécaniquement, comme elle a l’habitude de le faire.
Puis elle file sur le tapis du hall d’entrée, son trésor entre les dents.
Un peu plus tard, tandis que suis devant mon ordinateur, je vois un petite tête  noire et hirsute, toute ronde, surgir à l’angle de mon bureau.
Elle me regarde comme si elle attendait quelque chose.
Tu sais, Pomme… tu es un merveilleuse…
Elle me dédie un regard joyeux et file retrouver son os.

Martine Péters