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Martine Péters (anciennement Bernier)

Ma montre connectée est devenue inséparable de mon poignet depuis trois ou quatre bonnes années.
Elle me culpabilise lorsque les chiffres qu’elle affiche m’indique que je n’ai pas marché suffisamment, me félicite par des feux d’artifice factices lorsque je franchis le cap quotidien que je me suis fixé.
Bref, elle me prend par les sentiments!
De plus, comme je me suis enfin décidée à remettre à jour mes coordonnées, elle m’envoie à nouveau des notifications par mail, plus ou moins régulièrement.
Comme ce mercredi matin où je reçois un message m’annonçant:
« Félicitations! En cumulant 112 kilomètres, vous avez gagné le badge Marche de l’Empereur! »
Sous le message, j’avais le choix entre deux boutons me permettant de partager l’extraordinaire nouvelle avec le monde entier ou presque.

En recevant ce mail j’ai eu envie de rire…
Heureusement que le ridicule ne tue pas!
Si vous avez vu l’inoubliable film « La Marche de l’Empereur », vous aurez comme moi admiré ces oiseaux fascinants que sont les manchots.
Je pense qu’ils seraient très vexés d’apprendre que mes misérables efforts quotidiens sont comparés à leur périple motivé par la survie de l’espèce.
Vous avez gagné le badge « Marche de l »Empereur »…
Non mais franchement…
J’en ris encore!

Martine Péters

Euphorbia

Lorsque j’étais enfant, j’étais très intéressée par le fonctionnement des choses.
Je bombardais mon père de questions, comme la plupart des enfants le font et, de temps en temps, j’expérimentais par moi-même… ce qui n’était que modérément apprécié dans mon entourage.
Ma mère, qui n’était pas très fan des plantes vertes, possédait un grand cactus Euphorbia que je trouvais très laid mais qu’elle aimait beaucoup.
Un jour, j’ai décidé de visiter l’intérieur de ce spécimen bizarre, juste pour voir s’il avait des os lui permettant de se tenir aussi droit.
Profitant de l’absence de ma mère, j’ai pris un couteau pointu dans la cuisine et j’ai opéré le cactus.
L’intervention a tourné court très rapidement: un liquide laiteux est sorti par l’entaille de trois ou quatre centimètres que j’avais pratiquée.
Ciel! Le cactus était vivant!!!
J’ai couru chercher un sparadrap que j’ai délicatement posé sur la plaie de mon patient… et je suis prudemment montée dans ma chambre.
Ma mère n’était pas rentrée depuis dix minutes qu’un grand cri m’a fait comprendre qu’elle avait découvert le convalescent.
Cri suivi par un hurlement: elle m’appelait pour la punition.
Le soir, mon père, chargé de me passer un monstrueux savon, est venu me retrouver dans ma chambre et s’est assis sur le lit, à côté de moi:
– Tu peux me dire ce qui t’a pris?
– Je voulais voir si le cactus avait des os… mais tu sais, je n’ai pas pu continuer…
– Pourquoi?
– Parce qu’il a saigné! Et il a du sang blanc!
Mon père a hoché la tête gravement et m’a expliqué que, en effet, les plantes aussi ont un genre de sang, qu’elles vivaient.
Complètement chavirée, j’ai demandé: « Mais alors… je lui ai fait mal??? »
Il m’a expliqué qu’il pensait que les végétaux ne ressentait pas la souffrance de la même façon que nous, mais qu’ils ne devaient pas être à l’abri de se sentir mal.
Il m’a aussi précisé que j’avais fait de la peine à maman en touchant à sa plante.
En larmes, je suis descendue et j’ai été présenter mes excuses… au cactus d’abord, à ma mère ensuite.
Par la suite, je n’ai pas plus aimé ce cactus bizarre, mais je l’ai traité avec respect, prenant des nouvelles de sa blessure.
Il devait m’en vouloir: il ne m’a jamais répondu.

Martine Péters
 


 

Mon Capitaine a le chic pour rendre le quotidien magique.
L’air de ne pas y toucher…
Autant dire que la Saint-Valentin est l’un des jours qui l’inspirent tout particulièrement dans l’année…
Celle d’hier me laisse des étoiles dans les yeux…

Martine Péters