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Animaux

En début de semaine, mon Capitaine a pris la direction du jardin bien décidé à creuser la deuxième tranchée qui accueillera mes nouveaux rosiers.
Malgré le gel, il a  beaucoup avancé avant de poser ses outils dans le but de reprendre  un peu plus tard.
Il faisait froid, mais le soleil brillait.
Un temps prisé par mes petites poules qui préfère le froid à l’humidité.
Alors que j’ouvrais la véranda pour aller leur rendre visite, j’ai mis un moment avant de réaliser que, si je ne les voyais pas, c’était parce qu’elles étaient toutes dans la tranchée fraîchement creusée.
Terre retournée = probable apparition de vers de terre, régal des Boulettes.
Avant de sortir, j’ai sermonné Pomme:
– Tu fais doucement, surtout…  il ne faut pas les effrayer…
Peine perdue.
Ravi de retrouver ses belles emplumées, mon Mogwaï a foncé vers la tranchées, s’est assis et a lancé un joyeux « wouf ».
Ce qui a eu pour effet de provoquer la fuite des mes  Boulettes vers des horizons plus paisibles.
J’ai juste eu le temps de réaliser qu’il en manquait une.
Neige, ma poule hollandaise, indécrottable exploratrice devant l’Eternel, manquait à l’appel.
Avec elle, j’ai une chance: elle répond très bien à son nom.
C’est ainsi que je l’ai vue se diriger vers moi, de l’autre côté du « filet barrière » qui, en principe, incite mes poules à rester dans la partie gauche du jardin.
Je suis allée la rejoindre et elle est venue à ma rencontre, me suivant partout, mais peu décidée à se laisser prendre.
Finalement, j’ai pu la porter du bon côté du filet.
Et j’en ai profité pour lui faire la leçon: 
– Cette fois, Neige, je suis désolée, mais je vais demander à Bruno de m’aider… il va falloir te raccourcir le bout des ailes. Je n’ai pas envie de devoir courir après toi à chaque fois que tu sors…
Même si je n’élève pas la voix, Pomme sent quand je ne suis pas contente.
Elle  a accueilli Neige, qui reste l’une de ses préférées, en lui donnant délicatement un petit coup de truffe sur le jabot.
Sa manière à elle de la faire rentrer dans les rangs tout en marquant sa désapprobation…

Martine Péters

 

L’hiver est la saison de tous les dangers, pour les poules.
Malgré tous les soins dont je les entoure, j’ai réalisé il y a deux ou trois jours que deux d’entre elles, Praline et Kaki, présentaient des symptômes inquiétants.
Une fois le week-end passé, j’ai donc téléphoné à notre vétérinaire auquel j’ai expliqué le problème.
Sa réaction a été immédiate: « Je sais de quoi il s’agit. Vous pouvez passer au cabinet pour prendre un médicament… »
Moins de vingt minutes plus tard, nous étions chez lui et, entre deux consultations, il nous expliquait qu’il s’agit d’une maladie parasitaire qui touche également les bronches.
Elle intervient par temps humide.
Ce que je fais pour protéger mes petites poules est bien, mais ne suffit pas: il faut traiter deux fois par année en ajoutant une poudre dans la ration d’eau quotidienne pendant une semaine.
Dès notre retour, donc, j’ai commencé le traitement.
Etrangement, alors qu’elles avaient déjà de l’eau fraîche avant que je ne remplisse leur abreuvoir en utilisant la poudre, elles la délaissaient.
Mais dès que je leur ai proposé cette eau, elles se sont précipitées pour boire longuement.
En les voyant faire, j’ai bon espoir que cet écueil hivernal ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir pour elles…
Mercredi matin, entre deux interviews, je suis allée contrôler que tout se passait bien pour elle.
Dehors, la neige tombait toujours et le vent assez violent avait remis en place devant la porte du poulailler la bâche que nous disposons chaque soir pour augmenter la protection des lieux.
J’ai aussitôt imaginé qu’elles devaient être paniquées par la présence de cette protection en plastique battue pas le vent.
Mais… non.
Elles étaient installées confortablement sur les différents étages de leurs appartements, plutôt satisfaites d’être protégées de la neige.
J’ai donc installé leur abreuvoir sur une plate-forme à leur hauteur, leur ai parlé un moment et suis repartie en fixant la bâche protectrice.
Une manière comme une autre de leur permettre de vivre cette saison compliquée sans trop en souffrir…



Martine Péters

Depuis quelques jours, la Dame de Chiboz et moi abordons le thème de la communication entre les hommes et les animaux.
Il s’agit pour moi de quelque chose d’évident et de naturel: les animaux nous parlent, expriment leurs sentiments, leurs demandes, en utilisant un langage qui n’est pas celui de la parole, mais qui est parfaitement compréhensible.
J’en ai eu un exemple fascinant ce dimanche.
J’étais au poulailler où j’avais préparé deux assiettes de nourriture appétissante pour mes poules qui sont sorties avec enthousiasme afin d’y goûter.
Seule Praline, ma jolie Pékin noire, était restée à l’intérieure et me regardait nettoyer les lieux tout en lui faisant la causette.
Je lui posais des questions et elle me répondait par de petits « kwêêêk » comme elle le fait de plus en plus depuis ces derniers mois.
Nous étions dans notre conversation lorsque Bulle, la plus jeune de mes poules Pékin, la plus timide aussi, est revenue dans le poulailler au pas de course.
Cette adorable poulette est encore un peu farouche même si elle me suit partout, et j’ai pour elle des attentions toutes spéciales.
Dernière arrivée, elle est tout en bas dans la hiérarchie et a rarement accès aux écuelles sans être chassées par l’une ou l’autre de ses aînées.
Je dois donc faire preuve d’imagination pour la nourrir correctement sans qu’elle soit dérangée.
Elle est entrée à toute vitesse dans le poulailler, donc, et, contrairement à ses habitudes, s’est perchée juste en face de moi, à une vingtaine de centimètres de mon visage.
Son regard bien planté dans le mien, elle s’est exprimé avec une  véhémence que je ne lui connaissais pas.
– Qu’est-ce qui se passe, Bubulle? Tu ne peux pas aller manger? Elles t’ennuient, tes copines?
En réponse, elle m’a offert un long enchaînement de protestations.
– Je comprends… Viens, nous allons arranger ça…
Je suis ressortie de la pièce, Bulle et Praline sur les talons, et j’ai aménagé un troisième point de nourrissage, m’arrangeant pour poser des graines sur le sol pour que Bulle puisse manger, quoi que fassent les autres.
Elle s’est précipitée, mais Kaki, ma tendre Kaki, lui a fait comprendre qu’elle ne voulait pas d’elle, ce que je n’ai que modérément apprécié.
Je le lui ai fait comprendre calmement:
– Ah non, Kaki, pas toi! Ca, tu ne fais pas! Va manger là et laisse-là tranquille.
Kaki m’a regardée et est allée vers l’assiette que je lui désignais.
Bizarre?
Pas vraiment.
Depuis des mois, je leur apprends à se poser à différents endroits du poulailler en tapotant les planches avec mon index et en leur parlant.
C’est aussi de cette façon que je leur montre les cadeaux spéciaux que je leur apporte.
Il était donc normal que Kaki suive mon geste.
Bulle a donc pu manger tranquillement.
Lorsque je suis partie, elle m’a suivie, je lui ai parlé, et elle est retournée dans son groupe.
L’étonnant dans tout cela? 
Cette petite poule que je n’ai que depuis quelques mois à peine est venue me chercher pour me demander de l’aide…

Martine Bernier