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Art

Pierre de Nolhac, conservateur du Musée de Versailles, 1909.
Tableau d’Henri Girauld de Nolhac.

J’ai vu pour la première fois une reproduction de ce tableau dans un contexte que j’ai oublié aujourd’hui.
Mais j’avais été très attirée par la beauté de la composition, par l’atmosphère studieuse qui y régnait et par les détails si soignés qu’elle contenait.
Puis, je n’y ai plus pensé, jusqu’à ce que je la revoie récemment dans un magazine d’art annonçant une exposition proposée au Château de  Versailles: « Versailles Revival », jusqu’au 15 mars. 
Une exposition semble-t-il magnifique, qui réserve une place aux conservateurs qui se sont investis pour mettre le Château en valeur.
Parmi eux, celui qui fut sans doute le plus marquant: Pierre de Nolhac, représenté sur ce tableau pour lequel j’ai à nouveau ressenti la même attirance…
Cet homme, qui a été élu à l’Académie française, était un érudit, écrivain, poète, historien…
Il a rendu sa superbe à Versailles, lui permettant de passer à l’ère moderne en retrouvant son mobilier et ses collections jusqu’alors dispersées depuis la Révolution française.
Ce tableau a été peint par son fils Henri, brillant artiste portraitiste.

Martine Péters 

J’ai entendu récemment parler du bleu céleste.
En voulant en savoir plus sur cette nuance qui semblait provenir de Chine, j’ai trouvé sur Internet à peu près tout et n’importe quoi.
C’est finalement sur le site de la Société des Amis de Versailles que j’ai trouvé une première piste.
Un article présentait un service « Bleu Céleste » ayant appartenu à Louis XV.
Il disait notamment ceci: « Ce service utilisait une couleur également nouvelle, créée en 1753 par Jean Hellot, directeur de l’Académie des Sciences et récemment attaché à la Manufacture royale. Proche du bleu égyptien et très apprécié sur la porcelaine chinoise d’où il tirait son nom de bleu céleste, ce bleu turquoise intense n’était utilisable qu’à sec sur un mordant et non au pinceau. C’est une couleur de fond. »

J’ai continué à chercher, à suivre le fil d’Ariane qui m’a menée à travers différentes oeuvres venues en principe de Chine.
Les bleus étaient tous annoncés « célestes », mais ne représentaient pas forcément tous la même teinte.
J’ai beau lire avec attention les livres que Michel Pastoureau a consacrés aux couleurs, cet univers si vaste continue à conserver ses parts de mystère et ses contours souvent floutés…

Martine Péters

Le Bibliomane (1897) de Frank Kuka

Frank Kupka a été le premier artiste à proposer au public une peinture abstraite, en 1912.
Je n’étais pas particulièrement touchée par son travail, lorsque, en 2018, le Grand Palais, à Paris, lui a consacré une exposition.
C’est ainsi que j’ai découvert ce tableau, qu’il a peint en 1897.
Jusqu’alors, je ne connaissais pas les oeuvres qu’il avait pu réaliser avant de devenir l’un des pionniers de l’abstraction, comme le soulignait le titre de l’exposition.
J’ai eu un coup de coeur pour la représentation de ce jeune homme observé sans qu’il le sache alors qu’il est plongé dans sa lecture.
Il semble s’être retiré à l’abri du monde, dans une bulle de verdure, et plus rien n’existe que cette lecture qui semble l’absorber…
Il ne voit même pas ces trois Grâces froufroutantes qui respirent la joie de vivre et s’amusent de son sérieux. 
D’un côté le contemplatif, et de l’autre les jeunes femmes pleines de vie éclaboussées de soleil.
Selon le dossier pédagogique qui avait été réalisé pour l’exposition, le peintre avait confié ceci à propos de son tableau:

« L’imbécile rat de bibliothèque dont j’avais si longtemps joué le rôle est assis sous un arbre, au milieu de la nature ensoleillée, à se casser la tête selon mon habitude. Les trois jeunes filles, qui l’épient à travers le feuillage sont censées représenter la vie, telle qu’elle doit être vécue dans la pratique, ce dont j’étais bien incapable.»

L’exemple type que certains peintres utilisent  leur art pour exprimer ce qu’ils n’arrivent pas à formuler avec des mots…

Martine Péters