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Si, comme ce fut notre cas ce week-end, vous passez par Gray, en Haute-Saône, ne quittez pas la région sans avoir profité de la table de l’Hôtel Restaurant Brasserie  « Le Mastroquet », au centre de la ville, près du joli pont de Gray surplombant la Saône.
Si mon Capitaine le connaissait déjà, ce fut pour moi une heureuse découverte, partagée avec ses parents qui nous y invitaient.

A l’intérieur,  une salle de restaurant en rotonde, ouverte sur  une baie vitrée et, en été, prolongée par une terrasse côté jardin.
D’entrée, une décoration fraîche aux tons pastels campe une ambiance dans laquelle les clients se sentent bien.
Et ils ne s’y trompent pas: ils sont nombreux à profiter des lieux… qui ne se contentent pas d’être élégants.
Les personnes qui travaillent ici mettent toutes un point d’honneur à recevoir leurs hôtes chaleureusement, avec une gentillesse et un sourire qui ne semblent pas être de façade.
Un personnel compétent et sympathique, qui campe une ambiance très agréable en salle où chaque détail est soigné.
Ce premier sentiment, qui s’installe dès les premières secondes de l’accueil, est aussitôt suivi par la découverte d’une cuisine gastronomique qui, elle aussi, est une belle surprise.
Raffinée, copieuse mais légère, elle est un enchantement pour les papilles…
Aucune fausse note, aucun plat un peu en baisse par rapport aux autres: tout est excellent, y compris le rapport qualité prix.

Au fil du repas, j’ai appris que cet endroit est une véritable poupée gigogne permettant d’aller de surprise en surprise.
Car non seulement il propose un service traiteur mais, comme nous l’apprenaient les parents de mon Capitaine, le lieu est également un cabaret qui tous les samedis soir, propose un spectacle d’une heure, apparemment prisé dans la région.

L’histoire de cet établissement est épique.
Bombardé en juin 1944, il a été reconstruit entre 1950 et 1952 et a gagné ses galons de table de référence de Gray grâce à Jean Maupin.
Aujourd’hui, depuis janvier 2004, les nouveaux propriétaires s’appellent Philippe Paris et Bernard Champreux, ce dernier étant, en cuisine, la clé de voûte de la partie gastronomique.
Tous deux en ont fait une étape gourmande pleine de charme qui mérite le détour!!

Martine Bernier

Hôtel -Restaurant Le Mastroquet
1 avenue Carnot
70100 Gray – France
Tél. 0033 (0) 3 84 64 53 50
Site du Mastroquet

 

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J’ai déjà parlé d’Alexandre Jollien, ce merveilleux philosophe au destin si particulier.
Pour mémoire: il a vécu 17 ans dans une institution spécialisée pour personnes handicapées physiques, en raison d’un problème intervenu à sa naissance qui est la cause de l’infirmité motrice cérébrale  dont il souffre et qui est le grand chagrin de sa vie.

J’ai lu à peu près tous les livres de cet être de lumière humaniste, à l’intelligence sensible et vive.
J’ai terminé hier son « Petit traité de l’abandon », retranscription d’un CD qui est d’ailleurs joint à l’ouvrage.
Et, comme à chacune de ces lectures, je reste marquée par ce que j’ai découvert.

Nous avons tous parfois le réflexe de souligner et de reprendre une ou quelques phrases dans un bouquin qui nous a plu.
Ici, c’est chaque page, chaque mot qu’il faudrait souligner… 
Parce que rien de ce qui est écrit n’est inutile dans ce texte magnifique, tout y est essentiel.
Il parle du lâcher-prise, des sentiments et de tout ce qui nous permet d’avancer le mieux possible, des éléments qui font souffrir, qui sont nocifs, comme la comparaison.
Il parle de son désir de plus en plus présent d’aller vers le dépouillement, de sa manière de cheminer en puisant dans la philosophie zen « une joie qui mène au détachement ».
Ce livre est purifiant, d’une lumineuse profondeur.
Pour moi, Alexandre Jollien est un être solaire pétri d’humilité.
Je lui suis reconnaissante pour tout ce qu’il nous apprend, pour la leçon qu’il nous donne sans être moralisateur.
Marié et père de famille, il semble n’avoir aucune frontière, sillonne le monde et vit une vie riche, malgré une souffrance physique constante.
J’adhère totalement à sa façon de regarder l’existence,  de s’interroger dans l’humilité, à sa manière de dire les choses clairement, sans tabou.
J’aime son authenticité, sa simplicité. 
Lisez-le, vous comprendrez…

Martine Bernier

« Petit traité de l’abandon – Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose », Alexandre Jollien, Ed. Seuil.

A noter: un groupe s’est formé sur Facebook dans le but de faire  mieux connaître l’oeuvre d’Alexandre Jollien: Page Facebook consacrée à Alexandre Jollien 

Nous n’étions plus retournés à Chiboz depuis notre mariage, au tout début de l’été.
Même si mes contacts avec la Dame de Chiboz sont très réguliers, nous ne nous étions revues qu’une fois par la suite, chez nous.
Le « Relais des Chasseurs », le restaurant familial tenu par la famille, est très réputé, particulièrement pour ses plats de chasse, en automne.
Pour goûter la « chasse » de Chiboz, les clients réservent des mois, voire un an à l’avance.
Nous avions donc renoncé à remonter avant le printemps prochain, sachant combien il est difficile de trouver une table… et combien mon amie de là-haut est occupée pendant cette période.
Et puis, voici quelques semaines, elle m’a proposé de trouver une date qui nous conviendrait… 
Ni mon Capitaine, ni moi, ne sommes très amateurs de plats de chasse.
Nous le lui avions dit, naïvement… lui avouant que nous ne rêvions que du gratins d’escargots à la lie, merveille savourée en toute saison.

Hier, par un soleil rayonnant, nous avons repris le chemin de Chiboz, flanqués de Pomme.
En empruntant la route qui se faufile entre les vignes et la forêt, au-dessus de Fully (VS), j’ai eu l’impression d’entrer dans un tableau vivant.
Les couleurs de l’automne étaient somptueuses…
Nous avons suivi la route piquetée d’or et de  pourpre jusqu’au hameau perché tout là-haut.
Revoir la Dame de Chiboz est toujours pour moi un plaisir immense.
Cela ne s’explique pas…. cela se vit….
Comme à chacune de nos visites, nous avons été très heureux de retrouver chaque membre de sa famille, des plus petits aux plus grands, tous habités par la même gentillesse, le même naturel .
Seul manquait le Maître des lieux, qui sillonnait ce jour-là les chemins de montagne, dans le sillage d’un bouquetin.

Nous avons très vite compris que, en effet, le restaurant vit dans une ambiance trépidante durant l’automne.
Il était plein comme un oeuf, fréquenté par des habitués de longue date ou non, des amateurs de bonne chair et de belle ambiance.
Je ne connais pas une personne, là-haut, qui ne soit souriante, chaleureuse et accueillante, y compris en plein « coup de feu ».
Cette qualité d’accueil fait partie des grands charmes du lieu…

Après  une courte réflexion, nous nous sommes dits que, pour que la carte de chasse du restaurant jouisse d’une telle réputation, il fallait vraiment qu’elle soit exceptionnelle.
Et nous avons pensé qu’il serait ridicule, voire sacrilège, de ne pas nous laisser tenter…
Mon Capitaine et moi avions tous deux à l’esprit des expériences de viandes longuement marinées, fortes, nappées de sauce épaisse et indigeste.
Des plats qui ne correspondent pas à ce que nous aimons.
Ce vendredi, nous avons découvert une chasse bien différente, et avons compris pourquoi la réputation de la maison a largement dépassé les frontières de la Suisse.
Yolande, la Dame de Chiboz, nous a expliqué qu’ici, la viande n’est pas marinée.
Nous avons dégusté des médaillons de chevreuil et de chamois, pour moi, de chamois et de sanglier pour Celui qui m’accompagne.
Un grand moment de gastronomie que nous devons à Emilie, qui règne sur la cuisine avec son équipe.

Une première fois, Yolande a tenté de trouver une chaise pour venir s’attabler avec nous.
Impossible: il n’y avait plus le moindre siège de disponible dans tout l’établissement!
Ce n’est qu’en fin de repas qu’elle a pu trouver une chaise désertée et venir partager le dessert avec nous.
Ah… les conversations partagées avec la Dame de Chiboz…
Elles sont douces, passionnantes, empreintes de sensibilité…
Je l’écouterais pendant des heures…
En nous raccompagnant à la voiture, elle a fait escale dans une annexe du restaurant pour nous offrir des légumes.
En entrant dans une deuxième cave, elle nous a confié:
– Ici, les araignées sont là depuis très, très longtemps… et nous ne les chassons surtout pas! Il paraît qu’il s’agit d’une espèce rare.
N’écoutant que mon courage, moi qui ai la phobie de ces charmantes bestioles, j’ai déserté la pièce en riant, faisant remarquer au passage que leur rareté me faisait plutôt plaisir!
Un éclat de rire de plus partagé à Chiboz…

La prochaine rencontre se fera chez nous.
Et dès que le printemps reviendra, nous remonterons  dans ce nid d’aigle  si particulier où le temps semble s’arrêter sur les plus belles heures…

 

Martine Bernier

Relais des Chasseurs