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Destins

Je lisais un article lorsque j’ai été interpellée par cette photo…
Elle portait la légende suivante: « Les soeurs Dolly 1922, Deauville, avec Mme de  Brissac.
J’aime beaucoup cette période d’entre deux guerres, et je n’ai pas pu m’empêcher de chercher qui étaient ces deux soeurs jumelles…
Et j’ai découvert qu’elles étaient actrices et danseuses américano-hongroises.
Leurs vrai nom était Rozsika. 
Toutes deux étaient nées le 25 octobre 1892.
Jenny  est décédée le 1er juin 1941 et Rose le 1er février 1970.
Seules ou ensemble, elles ont eu une carrière aux Etats-Unis principalement dans le vaudeville, avant de faire leurs débuts au cinéma en 1915.

Après la Première Guerre mondiale, les deux soeurs se sont installées en France où elles ont acheté un château.
Leur carrière s’est poursuivie à travers l’Europe dans les salles de danse et les théâtres.
Le charme et le talent des deux soeurs leur valait d’être courtisées par de nombreux hommes, parfois célèbres, souvent très riches, et d’être grassement payées pour leurs prestations artistiques.
Elles étaient incontournables dans les  hippodromes et les casinos, des lieux qui n’ont fait que consolider leur notoriété.
Jenny avait beaucoup de chance au jeu, gagnant des sommes énormes dont 4 millions de dollars un soir, à Cannes, et 11 millions de plus par la suite, le tout entrecoupé d’autres gains à six chiffres.
Elle avait donc la possibilité de nourrir la passion dévorante qu’elle vouait aux bijoux, n’hésitant pas à s’en parer outrageusement.
Sa collection était aussi légendaire que ses gains…
Les deux soeurs ont pris leur retraite en 1929.
Si leur vie publique était brillante, elles ont eu moins de chance dans leur vie privée.
Rosie s’est mariée trois fois, deux fois divorcée et une fois veuve.
Jenny s’est mariée et a divorcé de son partenaire de danse Harry Fox, puis a eu une liaison avec l’un des rois du commerce de détail Harry Gordon Selfridge tout en sortant avec l’aviateur Max Constant. Selfridge, fragilisé par son veuvage, lui offrira 10 millions de dollars pour qu’elle accepte de l’épouser.
Une série télévisée (Mr. Selfridge)a récemment retracé l’histoire d’Harry Gordon Selfridge et le rôle tenu par les deux femmes dans sa chute.
Jenny aura un terrible accident de la route dans lequel elle manquera perdre la vie, et qui la laissera défigurée.
Selfridge fera alors appel aux meilleurs chirurgiens plasticiens du monde pour lui rendre sa beauté, sans y arriver.
Sa soeur et son beau-frère la ramèneront aux Etats-Unis, où elle a vécu en se sentant prisonnière de son corps brisé.
Elle a fini par se suicider par pendaison dans son appartement d’Hollywood en 1941, un geste qui plongera sa soeur Dolly dans une  longue dépression après sa mort.
J’ai lu que l’une des deux soeurs avait adopté deux filles, mais j’ignore laquelle.

Les soeurs Dolly, figurine Art Deco

En revanche, je sais que les soeurs Dolly ont inspiré de nombreux artistes parmi lesquels le célèbre peintre Kees Van Dongen ou le sculpteur Chiparus.
Elles ont servi de modèles à de nombreuses figurines d’art déco qui, encore aujourd’hui, sont très prisées et dont certaines se vendent très cher…

Martine Péters




J’étais jeune adolescente lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de la « rose Redouté ».

Pierre-Joseph Redouté

J’ai vaguement écouté les adultes qui en parlaient expliquer qu’il s’agissait de l’une des espèces de roses que Joséphine de Beauharnais cultivait dans les jardins de la Malmaison.
Quelques années plus tard, alors que je vivais déjà à Leysin, j’ai voulu en savoir plus.
Mais Internet n’existait pas et la bibliothèque du village ne possédait pas d’ouvrages sur ce sujet.
La vie et mon travail m’ont ensuite entraînée bien loin de ce sujet…
Je n’ai plus jamais entendu parler de la « rose Redouté » jusqu’à quelques semaines en arrière.
Quelqu’un avait écrit sur Internet que cette rose était le cadeau traditionnel que l’on faisait aux cadres de certaines entreprises.
J’étais perplexe.
Offrir un rosier à un employé était un cadeau qui pouvait ne pas plaire à tout le monde…
Cette fois, j’ai cherché… et j’ai trouvé.
« Redouté » n’est pas le nom d’une rose, mais d’un homme qui les peignait avec tellement de talent qu’il avait été surnommé le Raphaël des fleurs.
Pierre-Joseph Redouté est né à St-Hubert, en Belgique, en juillet 1759, dans une famille de peintres modestes.
Il a commencé sa carrière à Paris où il a notamment peint des décors de théâtre tout en étudiant les plantes au Jardin du Roi, pour son plaisir.
Sa rencontre avec Charles Louis l’Héritier de Brutelle, juriste grand connaisseur de botanique va être le déclencheur d’une nouvelle orientation.

Sur ses conseils, il partira à Londres pour étudier au prestigieux jardin de Kew et, de retour à Paris, sera introduit à la cour de Versailles.
Marie-Antoinette adorait ses compositions florales qui lui vaudront le titre de Dessinateur et peintre du Cabinet de la Reine.
Sous la Révolution, en 1792, il sera nommé Dessinateur de l’Académie des Sciences et travaillera avec les botanistes les plus éminents. 
C’est ainsi qu’il rencontrera Joséphine de Beauharnais qui sera sa protectrice et lui ouvrira les portes de la roseraie de la Malmaison.
C’est à cette époque que Redouté, parallèlement à son travail de botaniste, va se consacrer à ce qui deviendra son ouvrage de

référence en trois volumes: Les Roses, qui regroupe des centaines de planches sur les différentes espèces de roses.
Certaines de ces fleurs, aujourd’hui disparues, ne sont connues qu’à travers les peintures de Redouté…
Depuis son décès en 1840, ses livres ont été souvent réédités, et le Château du Lude attribue chaque année le prix Pierre-Joseph Redouté à un ouvrage consacré aux plantes.

Cet homme qui aimait tant les roses est aujourd’hui évoqué au Musée de St-Hubert et au Musée de la Vie romantique, à Paris.

Il fait d’ailleurs partie de notre quotidien: chacun d’entre nous a vu au moins une fois dans sa vie une aquarelle de lui au détour d’un livre ou dans des éléments de décoration qui les reproduisent abondamment…

Martine Péters 
 Le Jardin d’Ecriplume

Il y a quelques mois, en février, j’ai lu un article parlant d’un livre qui expliquait que l’histoire américaine ne pouvait plus cacher le comportement barbare qu’ont eu certaines femmes esclavagistes par le passé.
 Je  ne suis pas naïve… 
Il était évident pour moi que les femmes qui profitaient ainsi de l’exploitation humaine ne pouvaient pas être des anges de  bonté et de douceur.
Mais là… j’ai découvert qu’elle étaient aussi brutales et dures que les hommes.
Dans cet article, on  nous parlait de femmes propriétaires d’entreprises, comme Martha Gibbs, qui avait une scierie dans le Mississippi.
On aurait pu espérer un peu de compassion de la part de cette femme pour les nombreux esclaves qu’elle « possédait ».
Mais non… elle a été d’une brutalité et d’une cruauté inouïes, selon les témoignages recueillis à l’époque…. et n’était pas la seule dans son cas.
Les enfants étaient séparés de leurs mères sans état d’âme, et les sévices corporelles pleuvaient.
Même après la défaite des Confédérés, alors  que les esclaves étaient légalement libres, l’article nous expliquait qu’elle s’est installée au Texas avec eux et les a obligés à travailler pour elle, puis à lui donner leur première récolte.
La violence, la perversité et l’absence d’humanité n’est pas l’apanage des hommes.
Le livre cité dans l’article a le mérite de regarder la vérité en face…

Martine Péters

« They Were Her Property: White Women as Slave Owners in the American South » (Ils étaient sa propriété: les femmes blanches esclavagiste dans le Sud américain) Stéphanie E. Jones-Rogers