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Eya

Eya, 8 ans, m’annonce qu’elle m’invite à une pièce de théâtre de marionnettes qu’elle organise « spécialement-pour-moi-toute-seule ».
Arf.
Par expérience, je sais que ces spectacles peuvent rapidement tourner au gros n’importe quoi…
Pendant qu’elle installe le petit théâtre en bois et qu’elle prend les personnages, je lui demande:
– Heu… Cette fois, j’aimerais que tu élabores un scénario, que tu parles de façon à ce que je puisse t’entendre et ue tu n’envoies pas valser des marionnettes dans toute la pièce lorsqu’il y a une scène de bagarre, d’accord?
– Oui, oui!!

Le spectacle commence.
Comme d’habitude, l’histoire est incompréhensible, mais, gros progrès, rien ne vole autour de moi.
Je ne risque donc pas de me faire assommer par une fée hystérique ou par une princesse transformée en vache.
Tout en faisant autre chose, je jette de temps en temps un oeil distrait à la scène lorsque, soudain, je réalise que quatre marionnettes jouent en même temps.
J’ai bien dit quatre!… alors qu’en principe, un enfant n’a que deux mains, à moins de compter un octopus parmi ses ancêtres, ce qui est assez improbable.
Intriguée, je regarde mieux, et je finis par demander à Eya, invisible derrière son théâtre:
– Mais… comment fais-tu pour animer quatre personnages à la fois??
Et c’est là qu’elle me livre son secret…
Installée à la manière d’une contorsionniste, elle a enfilé une marionnette à chaque main… et à chaque pied.
La performance physique est étonnante, pas très élégante, mais très drôle! 
Pas étonnant, alors qu’elle se concentre sur sa prouesse, que son histoire soit un peu décousue…

Martine Péters

 

Eya, 8 ans, passe deux jours et deux nuits chez nous.
En fin de journée, nous sommes embarquées dans l’une de nos éternelles conversations.
Cette fois, elle qui vient de passer la journée avec son Papyno, me montre les photos qu’elle a prises de tout ce qu’elle a fait avec lui.
Beaucoup sont floues, ce qui la fait pouffer de rire lorsque je salue son talent artistique très… original.
Mais certaines de ces images, prises par son grande-père, mettent en scène des statues qui m’intriguent.
Et Eya, bien décidée à me taquiner, déclare:
– Oui, c’était bien… mais tu ne les verras jamais.
– Pourquoi? 
– Parce que Papy les a déjà vues et qu’il n’y retournera pas. Il ne voudra pas t’y emmener.
– Ah? Tu crois? Je vais lui demander… Voyons, tu veux parier?
– D’accord! Un euro!
– OK!

Nous filons au salon et j’interroge mon Capitaine qui me dit que si je veux décourir ces statues, nous irons ensemble.
Amusée, je me tourne vers Eya.
– Hum. Nous avions parié combien, déjà?
– Un euro…
– Bon, je vais mettre ça sur ta petite note!

Elle rit, réfléchit, et se lance dans un discours hasardeux:
– Tu sais, aujourd’hui c’est la fête des Jean…
– La Saint Jean? Tu te trompes, elle a lieu en juin…
– Mais non, pas la Saint Jean : la fête des GENS!!

Intriguée, je me demande où elle veut en venir… mais elle continue:
– Il faut faire un cadeau à tous les gens qu’on aime. Donc, toi, tu vas me donner un euro, comme ça, je ne te devrai plus rien!
Elle est drôle et finaude… mais, c’est bien connu, ce n’est pas un vieux singe que l’on apprend à faire des grimaces.
Je lui adresse un grand sourire, et j’enchaîne:
– C’est super, comme idée! D’accord, je te fais cadeau de ton euro. Et comme tu dois m’en faire un aussi, tu me le rends. Donc, tu me dois toujours un euro! Qu’est-ce que je disais… ah oui: je le mets sur ta note? 

Elle rit aux éclats et je continue:
– Grâce à toi, j’ai mon Ecriplume de demain!

Elle vient se coller à moi et demande:
– Ah oui! Lis-moi les Ecriplume que tu as écris sur moi!!! 

Je m’exécute et lui en lis deux ou trois.
Chaque phrase la fait réagir, la fait rire ou sourire.
Et je suis impressionnée de constater qu’elle se souvient de chaque anecdote, de chaque détail…

Martine Péters

 

Vendredi, Eya, 8 ans, s’apprête à passer une journée en tête-à-tête avec son Papyno qui a prévu plusieurs activités parmi lesquelles une visite au Musée de la Montagne, dédié à découvrir les conditions de vie et le quotidien d’autrefois.
Au moment de lui dire au-revoir, je lui glisse:
– Profite bien de ces moments que vous allez passer ensemble, ils sont précieux! Tu me raconteras!
En fin de journée, ils reviennent, ravis de leur expédition.
La petite a tellement aimé l’endroit qu’elle a voulu y retourner après leur repas au restaurant!
Elle me montre un étrange objet que son grand-père lui a offert, choisi parmi d’autres à la boutique du musée.
-Quelle drôle de chaise… à quoi servait-elle?
C’est une chaise à fessée!
– Pardon?
– Elle était dans le fond de la classe et quand un élève était trop difficile, le professeur s’asseyait là, le couchait sur ses genoux, et pan!
– Gloup! Ils ne plaisantaient pas, à l’époque!
– Non, mais c’est bien. C’est beaucoup plus pratique que s’il y avait eu deux accoudoirs!

Martine Péters