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Hier

Je me souviens d’un chemin que j’empruntais lorsque j’étais enfant, en vacances dans un lieu un peu sauvage où nous faisions du camping chez un couple de paysans déjà âgés.
Deux fois par jour, j’accompagnais mon père pour remplir ce qu’il appelait « la vache à eau » à la rivière.
Ladite vache était une sorte de grand sac en toile imperméable que nous remplissions avec l’eau du ruisseau, eau qui s’écoulait ensuite à l’aide d’un petit robinet intégré.
Pour accéder à ce point d’eau, nous suivions un « petit chemin » très proche de celui que chantait Mireille dans sa chanson du même nom.
Il sentait bon le chèvrefeuille sauvage et l’herbe coupée, et était bordé de minuscules fraises des bois, de framboises et de mûres.
Il nous arrivait d’en récolter pour les ramener au reste de la famille, mais, le  plus souvent, nous leur faisions un sort en duo solitaire… et solidaire. 

Aujourd’hui, je me suis attachée à un autre chemin, celui qui traverse une partie du verger et qui longe la bambouseraie pour sortir du jardin.
Les parfums que l’on respire de ce côté-là du jardin ont des effluves de menthe et de lavande.
Selon la saison, on peut y cueillir des cerises, des pommes, des groseilles ou du raisin.
Et quand les autres arbres auront grandi, viendront s’y rajouter des kakis et des prunes.
Ce petit chemin a un petit goût d’aujourd’hui, aussi savoureux que celui d’hier…

Martine Péters 

Celles et ceux qui ont sensiblement le même âge que moi doivent s’en souvenir…
Dans les années 70, en Belgique, les adolescents que nous étions raffolaient de ces signets comportant une photo et une phrase à méditer.
Elles étaient souvent tirées du Petit Prince ou d’autres oeuvres portant à la réflexion.
J’avais moi aussi quelques-uns de ces signets.
Et parmi eux, il y en avait un auquel je tenais beaucoup.
Une phrase attribuée à J.F. Kennedy, que j’avais mise en musique pour ne jamais l’oublier.
Cette phrase m’a accompagnée toute ma vie, source de force dans les moments les plus difficiles.
Encore aujourd’hui, elle n’a pas quitté ma mémoire même si le signet de papier  s’est égaré…

Si aride soit ta route
Si longue soit-elle

Ne pas cesser de croire, d’aimer et d’espérer… 

Martine Péters

Il arrive qu’un objet inattendu vous ramène des années en arrière sans que vous vous y attendiez.
Ca a été le cas il y a quelques jours, lorsque je suis tombée en arrêt devant un gros oeuf de Pâques en carton décoré, dans un supermarché belge installé à quelques kilomètres de chez nous.
Je n’en avais plus revus de semblables depuis mon enfance en Belgique…
Ni la Suisse ni la France n’en proposent à la période de Pâques, et c’est donc  un peu émue que je l’ai ramené chez nous, dans l’idée de le donner à mon petit-fils lors de sa prochaine visite. 
Lorsque j’ai ouvert l’oeuf, j’ai réalisé qu’il en refermait deux autres, plu petits mais eux aussi bien décorés.
Ni mon Capitaine ni ses amis n’avaient jamais vu de tels oeufs…
La tradition, en Belgique, lorsque j’y vivais, était de remplir ces oeufs de chocolats et de les offrir.

Ecriplume