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Histoire

Peut-être vous souvenez-vous qu’en 2009, le Getty Conservation Institute (GCI) et le ministère égyptien des Antiquités ont lancé un important  programme de conservation du tombeau de Toutânkhamon, dans la Vallée des Rois.
Il aura fallu dix ans pour que, aujourd’hui, le chantier prenne fin.
Le tombeau de plus de 3000 ans semble sauvé… 
Il revient pourtant de loin.
Sa découverte en 1922 par Howard Carter, avait fait grand bruit.
Le tombeau niché dans la Vallée des Rois contenait un trésor exceptionnel, et l’histoire même de ce jeune pharaon mort à 19 ans fascinaient les foules…
Tandis que les artefacts étaient déposés au Musée égyptien du Caire, le tombeau, lui était ouvert au public à la fin des années 1920.
 Les touristes se sont précipités pour admirer les exceptionnelles peintures murales et le sarcophage. 
Cette affluence a eu pour conséquence de dégrader le site, ce qui a justifié la campagne de restauration.
En 2011, l’accès au tombeau a été définitivement fermé, mais, comme cela a été fait pour les grottes de Lascaux par le passé,  une copie conforme des lieux a été construite à quelques centaines de mètres de là, ouverte au public.
Aujourd’hui, un nouveau système de ventilation maintien l’équilibre fragile du site, et des barrières empêchent les visiteurs d’accéder aux zones les plus délicates.
En 2015, une exposition avait été organisée à New York au cours de laquelle les photos prises par l’équipe d’Howard Carter avaient été montrées au public après avoir été colorisées par la société Dynamichrome.
Ces images ont plus encore nourri l’imaginaire de tous ceux que l’Egypte ancienne captive…

Martine Péters

 4 janvier 1924: Howard Carter, Arthur Callender et un travailleur égyptien ouvrent les portes du sanctuaire et découvrent le sarcophage
© Image: Harry Burton(C) The Griffith Institute Oxford. Colorisé par Dynamichrome pour l’exposition « The discovery of King Tut », à New York. 

100 ans, ce n’est rien en regard de l’Histoire du monde…
C’était hier…
Ce dimanche, mon Capitaine a revêtu son uniforme pour participer à la cérémonie du 11 novembre.
Nous y sommes allés en famille, mêlant trois générations.
Ce moment est toujours grave, et plus encore aujourd’hui où était célébré le centième anniversaire de l’Armistice de 14-18.
Impossible de ne pas être  bouleversés par le drame vécu par toutes ces familles séparées, brisées, par l’horreur vécue.
J’écoute la lecture des noms inscrits sur le monument au mort.
Cette année, l’un d’eux m’interpelle particulièrement: celui d’Auguste Mougey, jeune instituteur tombé au Front, dont j’ai reconstitué l’histoire.
Je pense à lui, à eux, à mon grand-père paternel…
Eya, 7 ans, a eu un cours d’Histoire sur le sujet à l’école.
Elle a écouté ce qui lui a été expliqué, a vu des photos terribles qui l’ont marquée.
Petit sourire dans ce contexte grave: elle a expliqué à sa maîtresse que son papy a participé à cette guerre.
Légère confusion de dates et de lieux!
Pourtant, ce dimanche, la petite Eya ne rit plus…
Elle qui n’a jamais vu son papy en uniforme est impressionnée.
Elle sait aujourd’hui qu’il a été militaire, se fait expliquer la signification de toutes les médailles qu’il porte.
Mais juste après la cérémonie, après qu’elle ait chanté la Marseillaise avec les enfants du village, elle pleure.
Je me penche vers elle:
– Ma puce… pourquoi pleures-tu?
– Parce que… il y a tellement de gens qui sont morts… c’est tellement triste…

J’ai échangé un regard avec sa maman, ma belle-fille.
Nous avions le coeur brisé.
Comment trouver les mots?
Eya sait désormais ce qu’est la guerre.
J’aimerais tellement que nous vivions dans un monde où cette notion soit inconnue…

Martine Bernier

Augustin Trébuchon

Dimanche, 11 novembre, notre village se mettra au diapason national pour commémorer le 100e anniversaire de l’armistice de 14-18.
Ces derniers jours, il a beaucoup été question d’Augustin Trébuchon, qui serait le dernier soldat français à avoir été tué au combat… le jour de l’armistice.
Il serait mort quelques heures à peine après la signature,  mais l’Armée a préféré antidater l’événement pendant longtemps, laissant penser que le pauvre homme avait perdu la vie le 10 novembre.
Ce berger de Lozère était engagé volontaire.
Et ce jour-là, comme il était agent de liaison, il était chargé de porter un message indiquant aux combattants qu’ils devaient repartir vers l’arrière où la soupe serait servie à 11h30.
C’est en se chargeant de cette dernière mission bien dérisoire que le pâtre de 40 ans été tué d’une balle en plein front.
Dix minutes après sa mort, les cloches du village voisin de Dom-Le-Mesnil sonnaient à toutes volées pour annoncer la fin de la guerre…
A chaque fois que j’entends cette histoire, je me pose la question.
Comment se fait-il que, dans les lignes adverses, un homme ait tiré?
Ignorait-il que la guerre était terminée, ou n’a-t-il pas tenu compte de la nouvelle?

Martine Bernier