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Histoire

Au cours de ces derniers mois, Gallica de la BnF (Bibliothèque nationale de France) a mis en ligne plusieurs nouvelles sélections de documents, dont l’une consacrée à l’histoire des hôpitaux parisiens.
Parmi les photos qui y figuraient se trouvait celle ci-dessus devant laquelle je suis restée en arrêt.
Nous avons tous vu des images de nos parents ou grands-parents à l’époque de leur jeunesse.
Dans les années 1930 à 1950, les femmes portaient des vêtements tels que ceux que l’on voit sur cette photo.
Et beaucoup d’entre elles sortaient chapeautées.
Des chapeaux au formes variées grands, petits, plats ou ronds…
Il y en avait une telle variété que chaque femme pouvait forcément trouver celui qui lui irait le mieux.
Le simple fait de porter ce genre d’accessoire leur donnait une touche d’élégance.
Cette mode, particulièrement celle des années 50, fascine toujours, même si les adeptes du chapeau se font plus rares.
Dommage…

Martine Péters

 

En janvier 1953, une découverte magistrale a été faite à Vix, petite commune de la Côte-d’Or, près de Châtillon-sur-Seine.
Un agriculteur de la région avait fourni des informations qui ont permis  à l’archéologue René Geoffroy de mettre à jour une tombe.
Mais pas n’importe quelle tombe…
Il s’agissait de celle d’une princesse couchée dans un char, et parée de bijoux parmi lesquels un torque d’or, collier réputé pour être un chef-d’oeuvre de l’orfèvrerie celte.
Dans la tombe se trouvait plusieurs autres objets, parmi lesquels un vase de bronze d’une contenance de 1’100 litres.
Depuis, le   musée du Pays Châtillonnais où il est possible de voir ce bronze énorme datant de 500 ans avant Jésus-Christ rappelle que cette sépulture princière est le plus prestigieux témoignage provenant de l’Age de Fer sur le territoire français. 
Si la tombe a été explorée, ce n’a jusqu’ici pas été le cas du monument funéraire de 40 mètres de diamètre qui l’abritait. 
Une situation qui va changer puisque, depuis le lundi 19 août, de nouvelles fouilles ont été autorisées dans la tombe princière de Vix, menées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives.
La Dame de Vix, qui vivait à l’époque où la région était autrefois habité par un peuple gaulois appelé « les Lingons », fascine tant par sa condition que par le faste qui l’accompagnait dans son voyage vers l’au-delà.
Les journalistes de France Inter se sont demandé qui était la Dame de Vix et ont publié un article passionnant sur le sujet.
C’est dire si les résultats de ces nouvelles fouilles sont attendus avec impatience, avec l’espoir d’en savoir un peu plus sur cette princesse que certains voient reine ou/et prêtresse…

Martine Péters



Henri Fertet

Les commémorations du 75e anniversaire du Débarquement m’ont touchée.
Je me plonge régulièrement dans l’histoire des hommes et des femmes qui ont vécu la guerre ou celle de 14-18, et je ne pouvais donc qu’être interpellée par ce qui nous a été raconté au fil de ces manifestations.

Et notamment par la lettre lue par Emmanuel Macron lors de la cérémonie internationale à Porsmouth.
Il s’agit de celle d’Henri Fertet, très connue, mais jamais suffisamment lue.
Henri avait 16 ans lorsqu’il l’a écrite.
16 ans…
Il était le fils d’un instituteur, élève de seconde à Besançon.
Résistant, il a été arrêté chez ses parents.
Après 87 jours d’emprisonnement et de torture, il a écrit cette lettre, aujourd’hui très connue, à ses parents.
Henri a été fusillé à Besançon le 26 septembre 1943 avec 15 de ses 23 co-inculpés. 
Voici sa lettre dans son intégralité:

« Besançon, prison de la Butte (Doubs)

26 septembre 1943

Chers parents,

Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vu si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.

Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, [ce] que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir sur moi votre tendre sollicitude que de loin, pendant ces quatre-vingt-sept jours de cellule, votre amour m’a manqué plus que vos colis et, souvent, je vous ai demandé de me pardonner le mal que je vous ai fait, tout le mal que je vous ai fait. Vous ne pouvez douter de ce que je vous aime aujourd’hui, car avant, je vous aimais par routine plutôt mais, maintenant, je comprends tout ce que vous avez fait pour moi. Je crois être arrivé à l’amour filial véritable, au vrai amour filial. Peut-être, après la guerre, un camarade parlera-t-il de moi, de cet amour que je lui ai communiqué ; j’espère qu’il ne faillira point à cette mission désormais sacrée.

Remerciez toutes les personnes qui se sont intéressées à moi, et particulièrement mes plus proches parents et amis, dites-leur toute ma confiance en la France éternelle. Embrassez très fort mes grands-parents, mes oncles, mes tantes et cousins, Henriette. Dites à M. le Curé que je pense aussi particulièrement à lui et aux siens. Je remercie Monseigneur1 du grand honneur qu’il m’a fait, honneur dont, je crois, je me suis montré digne. Je salue aussi en tombant mes camarades du lycée. À ce propos, Hennemay me doit un paquet de cigarettes, Jacquin, mon livre sur les hommes préhistoriques. Rendez le “Comte de Monte-Cristo” à Emeurgeon, 3, chemin Français, derrière la gare. Donnez à Maurice Andrey de La Maltournée, 40 grammes de tabac que je lui dois.

Je lègue ma petite bibliothèque à Pierre, mes livres de classe à mon cher Papa, mes collections à ma chère maman, mais qu’elle se méfie de la hache préhistorique et du fourreau d’épée gaulois.

Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des Français heureux, non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête.

Que les Français soient heureux, voilà l’essentiel. Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.

Pour moi, ne vous faites pas de soucis, je garde mon courage et ma belle humeur jusqu’au bout et je chanterai “Sambre et Meuse” parce que c’est toi, ma chère petite maman, qui me l’a appris.

Avec Pierre, soyez sévères et tendres. Vérifiez son travail et forcez-le à travailler. N’admettez pas de négligence. Il doit se montrer digne de moi. Sur les “trois petits nègres”, il en reste un. Il doit réussir.

Les soldats viennent me chercher. Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée, mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort, j’ai la conscience tellement tranquille.

Papa, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ? Je meurs volontairement pour ma Patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre, bientôt au ciel. Qu’est-ce que cent ans ?

Maman rappelle-toi :

“Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs Qui, après leur mort, auront des successeurs.”

Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.

Mille baisers. Vive la France.

Un condamné à mort de 16 ans.

H. Fertet.

Excusez les fautes d’orthographe, pas le temps de relire.

Expéditeur : Monsieur Henri Fertet, Au ciel, près de Dieu. »