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Intimité

Pourquoi le temps passe-t-il aussi vite??
Je m’en souviens comme si c’était hier…
Une conversation téléphonique m’annonçant sa visite.
Deux ou trois heures plus tard, une voiture qui s’arrête devant chez moi.
J’en ai vu en sortir un grand gaillard aux yeux clairs, au regard plein de bonté.
C’était il y a dix ans et, depuis, mon Capitaine et moi sommes restés inséparables.
Dire qu’il s’agissait d’une rencontre essentielle dans ma vie est très en-dessous de la réalité…
Ce genre d’évidence est un cadeau exceptionnel…

Martine Péters

 

 

Il y a quelques semaines, au mois d’août, alors que je recherchais depuis des années en vain l’une de mes plus chères amies de l’époque où j’étais adolescente, j’ai eu la surprise de voir ma recherche aboutir.
J’en avais d’ailleurs parlé sur Ecriplume.
En ultime recours, j’avais posté un message sur un site voué à ce genre de recherches.
Grâce à l’une de ses amies, elle l’a lu et y a répondu.

Depuis, les semaines ont passé.
Nous correspondons beaucoup, et le téléphone chauffe entre la Belgique et la Suisse.
Les années auraient pu nous éloigner…
Au lieu de cela, nous avons repris nos conversations comme si nous nous étions quittées la veille.
La vie est passée mais n’a pas  altéré cette relation qui compte parmi les plus belles de ma vie.
Presque immédiatement, celle que beaucoup de gens connaissent, dans sa commune, sous le surnom de « Moustique », qui fut son totem lorsqu’elle était scoute, m’a fait part de son désir de venir me voir en Suisse.
Elle a toujours été une personne incroyablement dynamique et impliquée.
Et la date du séjour a été fixée…
Dans très peu de temps, nous nous retrouverons pour quelques jours.
Bien entendu, ces retrouvailles sont le sujet de toutes nos conversations.
Nous nous posons beaucoup de questions.
Après 40 ans, allons-nous nous reconnaitre?

J’en parlais il y a quelque temps à la Dame de Chiboz qui me disait que retrouver un ou une ami(e) est toujours en bonheur.
Elle a raison…
Avoir eu la chance de vivre ce  genre d’amitiés très intenses, et avoir la possibilité de la poursuivre après autant de temps est un double cadeau…

Martine Bernier

Matin.

– Dis?
– Oui?
– J’ai lu quelque part que Mistouko  pouvait également convenir aux hommes. Tu veux bien en mettre une goutte pour que je constate?
– D’accord.

Je tends le flacon à Celui qui m’accompagne.
Psccccht.
Re pssssccccht.
Et, plus inquiétant, troisième pssscccccht.
Or, Mistouko est un parfum fort, tenace…. mais il ne m’a pas laissé le temps de le prévenir.
A peine l’a-t-il appliqué qu’il tousse et s’écrie:
– Mais c’est horrible! C’est beaucoup trop fort! Et je sens la cocotte!
Fin du premier épisode.

***

Après-midi.
Mon Capitaine venait de commettre un gros impair qui m’avait irritée.
Après une petite heure de réflexion, il revient, penaud, me glisser à l’oreille « je suis bête… »
– Tu viens me dire pardon, là?
– Ben… oui, bien sûr.
Je lui tombe dans les bras en riant, et réussi à articuler:
– Tu sais, parfois, c’est TRES dur d’être ta femme.
– Et bien, dans ce cas, sois mon homme!
Re fou rire.
– Tu as de la chance de porter du Mitsouko. La prochaine fois que tu comptes faire une horreur, mets-en deux gouttes, je te pardonnerai plus vite.

***

La veille, Pomme m’a vue préparer ma valise en prévision de notre départ pour quelques jours de congé.
Dès qu’elle a réalisé que son ennemie refaisait son apparition, elle a sombré dans une déprime profonde et me l’a fait sentir.
Elle sait déjà qu’elle ne sera pas du voyage, ce qui, soit dit en passant, me brise le coeur… comme à chaque fois.
Pendant toute la durée de mes préparatifs, elle est restée assise à côté de moi, me regardant fixement de ses grands yeux dont je voyais le blanc, ce qui la rendait encore plus irrésistible.
Aujourd’hui, je lui explique que je vais m’occuper d’elle pour qu’elle soit toute belle pour ses nounous.
– Va vite au salon, j’arrive, je vais prendre les ciseaux et la brosse.
L’opération est délicate: il s’agit de la coucher sur le dos, bien calée dans mon bras gauche et  maintenue par des coussins, pour que je puisse atteindre les zones les plus inaccessibles de sa petite personne.
Elle me suit pas à pas.
Je m’installe sur le canapé et l’appelle.
Elle me rejoint et… file sur ma gauche, à la fenêtre, son poste d’observation.
J’en profite pour préparer mes « outils ».
Et quand je me retourne vers elle, je me rends compte qu’elle ne regarde pas à travers la vitre.
Non, contrairement à son habitude, elle est dos à la fenêtre, assise en équilibre  sur l’appui de fenêtre, s’est glissée dans le rideau qui la recouvre comme un voile de mariée.
Et elle me contemple à travers ledit rideau, comme convaincue qu’elle peut me regarder sans être vue.
C’est drôllissime.
– Pomme, je te vois… viens…
Elle arrive, tout doucement, se laisse faire.
C’est un moment de grande intimité, de complicité totale, de confiance.
Je lui parle, lui explique que nous allons revenir, que nous partons très peu de temps, qu’elle sera bien chez Yann et Jee, qu’elle va retrouver Kim, Nawee et Timoté..
Dès que mon visage s’approche à moins de 20 cm du sien, elle se redresse et me gratifie d’un « bisou chien ».
Mon tendre Mogwaï…

Vous l’avez compris, Ecriplume va respirer le bon air du dépaysement.
Mais il ne s’arrêtera pas, si dieu wi-fi veut bien être de notre côté.
Dès dimanche, il sera en mode clavier buissonnier et carnet de voyage!

Martine Bernier