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Intimité

Relais-des-chasseurs-Chiboz

A chaque fois, c’est une fête…
Remonter à Chiboz, retrouver ceux que nous aimons là-haut est un bonheur, mêlé à celui que nous offre cette nature, exubérante en ce moment.
Le long de la route sinueuse qui grimpe vers ce nid d’aigle valaisan, les fleurs semblent rivaliser d’imagination et d’énergie pour nous offrir un spectacle qui nous enchante tout au long de cette montée toujours aussi saisissante…
A l’arrivée, c’est un bouquet de petits bonheurs: les retrouvailles avec ma chère Dame de Chiboz et tous ceux qui l’entourent, le plaisir de revoir les musiciens des Dixie Alligators pour une soirée concert comme nous les aimons, de renouer avec des personnes épatantes que nous avons connues grâce à Chiboz…
Parmi lesquelles Mauricette, une femme extraordinaire qui a vécu plusieurs vies.
Nous avons la chance de passer un long moment avec Michel, l’époux de la Dame de Chiboz, qui nous parle de son périple en Nouvelle-Zélande, des étoiles dans les yeux.
Un moment privilégié…
Et puis il y a le repas, excellent, réalisé par Emilie, toujours aussi douée et créative qui met tout son coeur dans chacune de ses assiettes et utilise des légumes incroyablement variés, provenant des jardins de son père, Michel.
La réussite de ces moments-là tient à l’atmosphère, l’ambiance, la gentillesse de ceux qui nous entourent, à nos conversations avec la Dame de Chiboz qui nous entraîne toujours dans des sphères passionnantes, à la présence de chacun de ces visages devenus familiers…
Soirée parfaite…
Chiboz est un refuge où nous avons le sentiment de pouvoir laisser derrière nous, dans la plaine, nos préoccupations et celles de notre pauvre monde blessé, le temps de quelques heures…

Lorsque sonne l’heure du départ, la Dame de Chiboz et moi savons que nous allons nous retrouver dès aujourd’hui… par écrit.
Cela fait maintenant trois ans à peu près que nous correspondons plusieurs fois par semaine et parfois chaque jour par mail.
La vie nous réserve parfois des cadeaux lumineux…
Lorsque nous quittons les lieux, Sébastien, le jeune serveur que nous connaissons maintenant depuis plusieurs années, nous rattrape sur la terrasse, suivi par la Dame de Chiboz.
Nous n’avons pas eu le temps de le voir et de lui parler: il y avait beaucoup de monde et de travail en ce samedi ensoleillé.
Il nous parle de son envie de voyager, d’aller travailler à l’autre bout du monde.
Et la Dame de Chiboz l’y encourage, même si elle sait, comme elle l’a avoué, qu’il sera difficile de remplacer quelqu’un comme lui, aussi compétent et… aussi bel humain.
Mais c’est ainsi… elle lui permettra d’aller vivre ses rêves pour mieux revenir ensuite, plus épanoui et plus riche de ce qu’il aura vécu.

Photo Yann Bride

Photo Yann Bride

Nous reprenons la route à passé minuit.
Elle est délicate, demande toujours autant d’attention.
Mon Capitaine maîtrise et nous ramène tout en douceur…
Pomme, qui a participé à chaque instant de la soirée, monte en courant vers l’appartement, et s’écroule dans son panier où elle s’endort…
Ce matin, rien ne bouge dans l’appartement.
Ils dorment encore…
Et moi, dès que j’aurais posé le point final de cet Ecriplume dominical, j’irai écrire à mon amie… la si particulière Dame de Chiboz.

Martine Bernier

Hier, mon fils aîné m’avait demandé de l’accompagner pour le dernier essayage de son costume de marié.
Après s’être mariés civilement l’an dernier, sa femme et lui ont décidé de préparer une cérémonie plus festive cet été.
Arrivée au magasin des tenues de mariage, j’ai assisté à une métamorphose.
Un jeune homme habillé de manière sportive est entré dans la cabine… et un dandy en est sorti.
Il était beau dans les deux cas, mais dans ce costume qui lui va superbement, il rayonnait et était d’une élégance qui, j’en suis convaincue, va faire fondre ma belle-fille… comme elle m’a moi-même chavirée.
Un grand moment, qui s’est terminé au retour par une longue conversation dans la voiture, alors que nous étions garés devant chez moi.
Nous avons abordé tous les grands thèmes essentiels de la vie…
Ce fut un moment important que je n’oublierai pas…

Ces conversations privilégiées avec chacun de mes proches, j’y tiens beaucoup.
Elles sont essentielles à mes yeux.
En fin de matinée, ma belle-fille, compagne de mon fils cadet, me dit au téléphone que Tanawee, le deuxième de ses enfants est fasciné par les guêpes et les abeilles.
Il les regarde dans le jardin hanter un massif de fleurs, et tend les mains pour les caresser, ce qui effraie évidemment sa maman.
Comme à son habitude, Nawee prend le téléphone pour faire un brin de causette.
Le problème, c’est que s’il parle beaucoup, il utilise à 18 mois un langage qu’il est seul à connaître.
Notre conversation a donné à peu près ceci:

-Bonjour, Nawee! Alors… Maman me dit que tu as envie de toucher les guêpes et les abeilles?
– Bruiuhifljhblkjefpoiu hjhpiuhrfhf hjh érlojhbfijo! Jkjhkjhk jhrdeakjhakjpzoijklkjkhjz.
– Je comprends… mais tu sais, si tu les touches, elles risquent de te piquer et tu auras très mal. Il vaut mieux que tu les regardes avec les yeux, pas avec les mains…
– Hjkmea, efznkjn.
– C’est très bien! Nous en reparlerons quand je viendrai la semaine prochaine!

Arrive Kim qui relaye son frère au téléphone:
– Dis! Il y a une mouche sur les cheveux de Timoté!
– Arf! Chasse-la! Pas question qu’elle fasse un nid sur sa tête!
–  Tu sais, mon copain m’a dit où on trouve les carnets de smileys.

Il me cite deux magasins.
– Mais!!! Nous sommes allés au premier et il n’y en avait pas!
– Ah bon?
– Oui. Mais rassures-toi… nous en avons trouvé en Suisse et en France. Des tas et des tas de smileys! J’espère seulement qu’ils te plairont…
– Je suis sûr que oui…
– Nous venons te chercher pour aller au cinéma, mercredi?
– Oui!
– D’accord, nous viendrons. Et en rentrant, Bruno répondra aux questions de maman sur le code de la route.
– Chouette!

Le langage est là, différent selon les âges de nos interlocuteurs, mais la communication passe.
Comme vendredi soir lorsque mon autre petit-fils, Aurélien, avait des éclats de rire en jouant avec moi tandis que ses parents nous avaient conviés à souper.
Son regard gris-bleu rieur, son sourire craquant et les grands cris d’enthousiasme qu’il pousse à plein poumon…
À neuf mois, lui aussi s’exprime…
Il ne me reste plus qu’à attendre le premier contact partagé avec Timoté, le bébé cadet de la famille qui pour l’instant se contente d’ouvrir les yeux sur un monde que nous lui dessinons en couleurs…

Martine Bernier

 

 

 

Il y a quelques mois, lorsque mon fils cadet a appris que sa compagne, Jee, notre Fleur d’Asie, attendait un nouvel enfant, il a lancé un petit sondage auprès de ses connaissances pour trouver un joli prénom.
Lorsque j’ai lu les réponses, j’ai eu froid dans le dos.
J’étais catastrophée de voir les idées proposées, sans rapport avec les racines européennes et thaïlandaises de ce petit.
Je savais que Jee cherchait toujours avec beaucoup de soin les prénoms de ses enfants, qui doivent sonner justes pour les deux cultures.
Mais là…  devant les exemples fantaisistes qui étaient avancés, je leur ai un jour dit que j’aimais tout particulièrement un prénom, chantant dans les deux langues.
Et… ils l’ont aimé eux aussi.
Jee a consulté sa famille, qui a elle aussi apprécié.
Il suffisait d’en adapter l’orthographe pour que chacun s’y retrouve.
Il a donc été décidé que notre petit bonhomme porterait le prénom que je lui ai choisi…. en espérant qu’il l’aimera.

Depuis quelques jours, Jee « faisait son nid ».
Elle rangeait, s’affairait…
C’est un signe qui ne trompe pas.
Chaque jour, j’ai commencé à lui envoyer une photo de  fleur.
En lui disant que  celle qui fleurirait sa page Facebook le jour de la naissance serait la fleur symbole de son fils.

Hier matin, je me suis levée à 6h15.
Et j’ai réalisé que j’avais un message de mon fils me disant qu’il n’avait pas pu me joindre par téléphone et qu’ils étaient à l’hôpital.
Le grand jour était arrivé…
Et j’ai découvert un peu plus tard que, comme s’il avait eu une intuition, mon Capitaine avait mis une rose sur la page Facebook de notre Fleur d’Asie, en pleine nuit, en indiquant qu’aujourd’hui, il la postait lui-même en attendant notre petit Taureau qui ne saurait tarder.

Et puis…
Timoté, le cinquième de nos petits-enfants, le quatrième de mes petits-fils  est né ce jeudi 23 avril 2015.
Et, comme à chaque fois, j’ai senti mon coeur chavirer lorsque la nouvelle m’a été annoncée, cette fois par Kim.
Puis les nouvelles se sont enchaînées.
La naissance ne s’était pas passée exactement comme prévu.
Et nous vivons en ce moment des moments compliqués, sachant que notre bout de chou est momentanément séparé des siens pour recevoir les meilleurs soins.
Aujourd’hui, il va déjà mieux et il sera bientôt parmi nous…

Mon fils a fait paraître  quelques mots sur son compte Facebook, moyen moderne d’annoncer rapidement les nouvelles importantes au plus grand nombre de ses amis.
Et j’ai adoré son message:

Mon premier cri a fait éclore
Des milliers de fleurs dans le coeur
De Papa et Maman et c’est avec grande joie
Qu’ils vous annoncent ma naissance.
Je m appelle Timoté et suis né ce matin 23 avril a 10h10.
Bon pour le moment je suis contrôlé quelques jours au service de néonatalogie, mais très vite je vais reprendre du poil de la bête!
Papa maman m’ ont voulu? Ils vont savoir que je suis là!

Timoté, petit bonhomme… nous tissons autour de toi une bulle d’amour…

Martine Bernier