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Jardin

Contrairement à moi, mon fils aime et connaît bien les insectes qu’il observe depuis son plus jeune âge.
Le week-end, dernier, nous dégustions une glace en famille au coeur de la roseraie lorsqu’il a repéré à nos côtés la présence d’un insecte volant très présent cette année.
A part le fait que je sais que ce n’est ni une guêpe, ni une abeille,  et qu’il passe beaucoup de temps à nous observer, je ne savais rien de cette petite bestiole, jusqu’à ce que Sébastien donc m’en parle:
– C’est un syrphe… Elles sont vraiment étonnantes avec leurs gros yeux rouges et leur vol stationnaire. Franchement, c’est une prouesse!
– C’est vrai… j’ai perpétuellement l’impression d’être sous l’oeil de Moscou avec elles! Je ne connaissais pas leur nom… je savais juste qu’elles ne piquent pas…

J’ai ensuite observé mon fils dont l’attention était captée par ces minis et inoffensifs OVNI ressemblant à des vaisseaux-espions venus espionner imperturbablement les humains que nous sommes.
Il s’amusait de voir leur manège…
Bien après son départ, me retrouvant sous l’oeil du syrphe, je me suis demandé à quoi pouvait bien servir ce cousin de la mouche… si ce n’est à nous entraîner à sa suite dans un film de science-fiction.
Et j’ai appris qu’elle participait à la pollinisation des fleurs.
Cette fonction lui donne le droit de nous espionner à sa guise…

Je me souviens d’un chemin que j’empruntais lorsque j’étais enfant, en vacances dans un lieu un peu sauvage où nous faisions du camping chez un couple de paysans déjà âgés.
Deux fois par jour, j’accompagnais mon père pour remplir ce qu’il appelait « la vache à eau » à la rivière.
Ladite vache était une sorte de grand sac en toile imperméable que nous remplissions avec l’eau du ruisseau, eau qui s’écoulait ensuite à l’aide d’un petit robinet intégré.
Pour accéder à ce point d’eau, nous suivions un « petit chemin » très proche de celui que chantait Mireille dans sa chanson du même nom.
Il sentait bon le chèvrefeuille sauvage et l’herbe coupée, et était bordé de minuscules fraises des bois, de framboises et de mûres.
Il nous arrivait d’en récolter pour les ramener au reste de la famille, mais, le  plus souvent, nous leur faisions un sort en duo solitaire… et solidaire. 

Aujourd’hui, je me suis attachée à un autre chemin, celui qui traverse une partie du verger et qui longe la bambouseraie pour sortir du jardin.
Les parfums que l’on respire de ce côté-là du jardin ont des effluves de menthe et de lavande.
Selon la saison, on peut y cueillir des cerises, des pommes, des groseilles ou du raisin.
Et quand les autres arbres auront grandi, viendront s’y rajouter des kakis et des prunes.
Ce petit chemin a un petit goût d’aujourd’hui, aussi savoureux que celui d’hier…

Martine Péters 

En fonction de la saison, la maison se pare de temps en temps de bouquets que mon Capitaine confectionne à base de fleurs du jardin.
Comme moi, il n’aime pas les couper.
Mais il arrive que, par la force des choses, il soit nécessaire de le faire, notamment, par exemple, lorsque le lilas principal prend tellement ses aises qu’il obstrue la passage.
Cette semaine, le moment était venu de couper la haie donnant sur la route.
Il en a profité pour m’offrir un bouquet composé de branches de l’un des arbustes les plus odorants du jardin: le troène.
Nous en avons deux, qui, lorsqu’ils fleurissent, dégagent un parfum capiteux extrêmement puissant.
Ce bouquet est la signature de la transition entre les deux saisons les plus parfumées de l’année…

Martine Péters