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Mes inséparables

Parce que j’ai l’odorat assez sensible, les parfums ont une place dans ma vie.
J’avais adoré le livre « Le Parfum », qui m’avait propulsée dans un univers de senteurs magnifiquement décrites.
Je fuis les fragrances que j’appelle « poudrées »,  lourdes, sucrées, tenaces, leur préférant les floraux légers, les muscs clairs.
J’aime les Hermès, en utilisant d’autres par intermittence.
Jusqu’à ce jour récent où… j’ai eu un coup de foudre absolu.
Je lisais un magazine lorsque je suis arrivée sur une page magnifique, parlant d’un parfum que je ne connaissais pas: For Her, de Narciso Rodriguez.
J’ai soulevé  délicatement la languette de l’échantillon et j’ai été envahie par une senteur douce, à la fois claire et très légèrement capiteuse.
L’accord des différents éléments est si bien dosé que l’ensemble m’a donné l’impression de respirer une petite oeuvre d’art olfactive.
Je m’en suis procuré un flacon et je me suis renseignée sur ce parfum qui me fascine.

C’est ainsi que j’ai découvert que je venais de craquer pour un parfum chypré .
J’ai appris que c’est François Coty , qui, en donnant vie  au mythique « Chypré » en 1917, avait créé cette famille de parfum très particulier.
Ils étaient à l’époque basés sur un schéma olfactif précis:    bergamote en tête, mousse de chêne et patchouli en fond, et un coeur floral en général peu présent, souvent rose ou jasmin. Et, pour le fond  des notes boisées (vetiver) ou balsamiques (ciste-labdanum).

Les parfums chyprés ont connu un énorme succès.
A l’époque, ils étaient plus persistants.
Aujourd’hui, les goûts ont changé.
Les chyprés de notre époque  sont plus légers, ont été réinventés.
Pour femme, il reste Mitsouko, Miss Dior, Dolce Vita, Cabochard, Aromatics Elixir, Coco Mademoiselle, Narciso Rodriguez for Her….
Et pour les hommes: Aramis, Polo, Anteus, Terre d’Hermès..

Celui de Narciso Rodriguez, a entièrement été construit autour du musc égyptien, accompagné de rose, de bois de santal…
Et pourtant, il est léger, à la fois mystérieux et frais.

Pourquoi suis-je là à vous parler parfums?
Simplement parce que, lorsque je respire certains d’entre eux, que je  cherche à définir leurs composants, leur coeur, leur évolution sur la peau, je reste admirative par le travail  des « Nez » qui réalisent quelque fois des merveilles olfactives, tout en équilibre et en finesse.
L’odorat est un sens important, gourmand et sensible.
Entre l’odeur du pain chaud, de l’herbe fraîchement coupée ou d’un parfum précieux, il lui arrive d’être aux anges!
Quant à moi, je pense que je vais tenter de me procurer un livre sur l’histoire des parfums, certainement passionnante…

Martine Bernier

Dans les grands magasins, nous avons tous  nos rayons préférés.
Les enfants foncent vers celui des jouets et gloussent devant les bonbons, les femmes aiment généralement ceux des vêtements ou des cosmétiques, les hommes ont toujours quelque chose à voir du côté des articles bricolage ou dans les rayons concernant la voiture…
Je fais partie de ceux qui aiment flâner dans les parties informatiques, librairie et… dans les rayons de fournitures de bureau.
C’est carrément pathologique: si je n’évite pas de me retrouver face aux cahiers, stylos et autres bloc-notes, je ressors invariablement avec le même produit: un cahier à spirales.
Les cahiers, les grands carnets, sont ma gourmandise, mon péché mignon.
Et, dans le genre, je reviens toujours à mon premier amour, le cahier à spirales quadrillé, dans toutes ses dimensions pourvu qu’il ne soit pas trop petit.

Mon métier m’oblige à prendre beaucoup de notes.
J’ai donc un cahier par thème: les interviews pour la rubrique « vin », les notes pour « Eco Logis », tout ce qui concerne l’Entraide Familiale, les portraits, les articles n’appartenant à aucune de ces catégories…
Un autre, plus luxueux, de grand format, écrit sur trois sortes de papier différents, aux pages séparées en plusieurs parties par des intercalaires, devient peu à peu mon pense-bête, ma mémoire. 
Il m’a été offert par Celui qui m’accompagne qui connaît mes faiblesses, j’y tiens donc tout particulièrement.
Et puis il y a l’épais « tout-terrain » grand format lui aussi, que j’extirpe de son tiroir lorsque je suis au téléphone et que je dois  noter ce que me dit mon interlocuteur.
Il ne ressemble à rien avec sa couverture de papier un peu écornée.
Il a vécu… et je l’adore. 

Je fais une consommation énorme de ces cahiers.
A chaque fois que j’en entame un, j’éprouve le même petit frisson que lorsque j’écrivais les premiers mots de les cahiers scolaires, en début d’année.
Les premières pages étaient toujours très soignées.
Puis la lassitude se ressentait au fil des pages.
Et je méritais les remarques de mes profs qui trouvaient mon écriture illisible.

Je n’essaie plus d’écrire « à la ronde » pour faire plaisir à qui que ce soit.
Mes études de graphologie m’ont permis de comprendre qu’une écriture éloignée du modèle scolaire  est porteuse de qualités qui ne me donnent plus de complexes lorsque j’aligne mes pattes de mouche à toute vitesse sur les pages vierges.
Mes cahiers sont écrits en plusieurs couleurs pour ne pas confondre les sujets abordés, sont parsemés de petites notes griffonnées dans tous les sens, de numéros de téléphone.
Ce sont mes trésors, ils ont du vécu, sont de vrais baroudeurs très cabossés pour certains.
Certains ont soufferts plus que d’autres: certaines pages ont été éclaboussés de quelques traces de boue, mouillées par la pluie faisant couler l’encre jusqu’à en déformer les mots.
L’un d’eux a même été grignoté au passage par un couple de lamas qui me regardait écrire avec attention jusqu’au moment où, n’y tenant plus, ils ont dévoré ma prose, me regardant d’un oeil torve tout en mâchouillant le fruit coin de ma page.

Lorsqu’arrivent les dernières pages et que je sais qu’elles ne suffiront plus à contenir une interview complète, le cahier termine sa carrière sur mon bureau, recueillant des notes éparses.
Puis vient le moment où, remplis, ils doivent me quitter.
Je les feuillette consciencieusement avant de les jeter, gardant les notes importantes, recopiant les données essentielles.
Puis, c’est sans regret que je m’en sépare pour en commencer un autre.
Que j’aimerai de plus en plus, au fur et  à mesure qu’il recevra mes informations et prendra une personnalité bien à lui.

Celui que je préfère?
Celui que je choisis lorsque je me lance dans un nouveau livre.
Je trace son titre ou son sujet sur la page de couverture et je commence à y mettre le fruit de mes recherches.
Tout en sachant que, plus il s’enrichira de notes, plus il prendra une place importante dans ce moment de vie, pour un temps.

Martine Bernier