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Mon Capitaine

Cette semaine, mon Capitaine fêtait son anniversaire.
Comme pour sa fille la veille et pour toutes celles et ceux qui fêtent le même événement en ce moment, cette édition 2020 a été estampillée « en mode confinement ».
Par chance, avec ma manie de m’y prendre toujours très en avance pour l’achat des cadeaux, je me suis procuré les siens bien avant que les maisons de vente par correspondance se mettent en veille.

Et une fois de plus, hormis les livres de ses auteurs préférés, j’ai fait très fort en matière de « cadeau romantique ».
Après la broyeuse à bois de jardin et la perceuse béton,  pour répondre à l’un de ses souhaits, je lui ai offert… un karcher.
Après lui avoir promis que nous remettrions son repas d’anniversaire à après la période de confinement, je suis revenue sur le sujet qui me préoccupait:
– On ne peut pas dire que mes cadeaux soient très romantiques!
– Mais qu’est-ce que c’est, un « cadeau romantique »?
Et  bien… par exemple une chaîne de cou. Mais je t’en ai déjà offert une.
– Que je porte!

C’est vrai. Il y a aussi par exemple un bracelet…
– Oh non… je n’aime pas trop ce qui se porte au poignet…
– Ou une chevalière…
– Ah non!!! Pas de bagues!
– Ou une épingle à cravate… mais tu ne portes plus de cravate, ou très rarement.
– C’est romantique, une épingle à cravate?!
– C’est raffiné quand elles sont ouvragées. Ou des boutons de manchettes…

Il prend  un air navré que je comprends: il n’en aurait pas l’utilité.

Par la suite, dans mon bureau, j’ai réfléchi à la question.
C’est vrai que ces cadeaux « mastocs » et sans grâce que je lui offre ne sont pas des plus délicats.
Mais ils correspondent à ce dont il a envie.
Et, finalement, le romantisme ne se cache-t-il pas  aussi dans l’envie de faire plaisir à l’autre?
J’irais bien dessiner des coeurs et des fleurs sur son beau karcher jaune, histoire de bien préciser mon intention, mais je doute que mon initiative soit appréciée à sa juste valeur!

M.P.

 

 

Pour la première fois depuis le début du confinement, Homme, ma tendre moitié, est parti à la chasse dans le but de remplir le frigo pour les jours à venir.
Pas question de le voir revenir en tirant derrière lui un bison par la queue, me direz-vous, c’est vrai.
Mais la chasse d’aujourd’hui est presque aussi périlleuse que celle de nos ancêtres.
A la place de l’arc et des flèches, Homme s’est muni de sa liste, de son attestation de déplacement soigneusement remplie, et du minuscule flacon de gel hydroalcoolique que nous avions dans nos tiroirs.
Nous nous sommes fait nos adieux sur le pas de la porte et je l’ai regardé partir en agitant un mouchoir blanc.
Heu… j’exagère, mais à peine.
Le temps pour lui de remplir sa besace aujourd’hui appelée caddie, de réaliser que des conditions optimales avaient été prises pour protéger le personnel du magasin et les clients, et il a repris le chemin de la grotte.
Sous l’oeil revigoré de Pomme et sous  mon regard admiratif, il a rempli le frigo de produits frais, nous garantissant que, si nous devions mourir dans les prochains jours, ce ne serait sûrement pas de faim.
Pendant une bonne semaine, il ne devrait plus être nécessaire de sortir.
Homme courageux a mené à bien sa mission.
Mon héros!

Martine Péters

Après plus de dix jours de fièvre et de joyeusetés du même genre, il me semble que je reviens à la normale!
Mais ce jeudi, par mesure de précaution, c’est  toujours mon Capitaine qui est allé s’occuper des poules le matin.
Sans qu’il le sache dans un premier temps, je les ai regardés depuis la véranda, suivant la scène discrètement.
Et j’ai été charmée…
Imaginez un grand bonhomme de près de deux mètres suivi par une minuscule poule hollandaise blanche qui lui arrive à peine à la cheville.
Neige est très, très familière.
Elle ne peut s’empêcher de se coller à  nous dès qu’elle nous voit, imitée par Kiwi, sa petite soeur, au point que nous devons toujours faire très attention de ne pas les blesser en nous retournant.
Mon Capitaine paraît immense à côté de mes Boulettes, toutes très curieuses de voir ce qu’il fait dans leur poulailler.
Elles étaient là, en rangs serrés, le suivant partout où il allait sous les yeux de Pomme et les miens, les observant depuis notre poste de guet.
Il avait pour elles toutes les attentions.
Et c’est en toute confiance que mes beaux oiseaux le suivaient pas à pas et profitent de sa présence.
Un spectacle parfaitement craquant!

Martine Péters