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Mon Capitaine

Samedi.
Mon Capitaine me tend un petit objet en me disant: « C’est pour toi… »
C’était un hibou minuscule, d’à peine plus de 3 centimètres.
J’ai tout de suite compris que mon Capitaine avait pensé acheter un hibou de bonne taille pour l’installer dans les arbres derrière la Cabane de la Chouette, et a dû être déçu de voir arriver cet oiseau rikiki.
C’était sans tenir compte de sa particularité…

Lorsque je l’ai tenu en main, j’ai eu l’impression qu’il était parfumé.
Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre…
Ce Petit-Duc miniature a été taillé dans… du bois de santal.
J’ai eu un coup de foudre pour ce hibou auquel la photo ci-contre ne rend pas hommage.
Depuis, il trône sur mon bureau et y restera…
Non seulement j’aime les oiseaux, mais, en prime, cet odorant morceau de santal me fascine…

Martine Péters

Vendredi soir, tard.
Je profite d’un moment de tête-à-tête avec mon Capitaine pour lui poser  une question.
Dans la journée, il a été sujet à des sautes d’humeur, et j’aimerais revenir sur le sujet sans le heurter.
Je lui demande, tout en douceur:
– A tes yeux, quel est ton plus gros défaut?
– Mmmm… je ne vois pas. Je crois que je n’en ai pas.
– Non, sérieusement…
Il me cite un défaut.
J’opine, mais j’insiste:
– Tu as énormément de qualités. Mais il y a  un trait de caractère difficile à gérer  auquel j’aimerais vraiment que tu fasses attention. Tu ne vois pas lequel?
– Non…
– Je t’en ai pourtant déjà parlé plusieurs fois… tu es lunatique.
– Lunatique? Moi? Pas du tout!
– Ah si!
Il se justifie, se défend, et finit par me dire:
– En fait… je crois que je ne sais pas ce que cela veut dire, lunatique.

Ahurie, je le regarde: il a l’air sincère!
Soit il dit vrai et, depuis des années, lorsque je lui demande s’il peut essayer de faire attention à cette particularité, il proteste, nie et discute sans savoir ce que je lui reproche, soit il se paie royalement ma  tête.
Dans un cas comme dans l’autre, la situation est très drôle.
Je le regarde et souffle, tant que je le peux encore:
– Un personne lunatique change d’humeur tout le temps…
– Ah bon?? Je croyais que c’était quelqu’un qui était dans la lune…
Il me regardait d’un air tellement innocent que j’ai éclaté de rire.
Un rire contagieux puisque, deux secondes plus tard, il riait autant que moi, incapables l’un et l’autre de nous récupérer.
En hoquetant, j’ai réussi à articuler:
– Tu es sérieux?! Toutes les fois où je t’ai reproché de l’être, tu pensais que je t’accusais d’être dans la lune?
 – Et bien… oui!
C’était hilarant.
S’il y a bien une personne au monde que l’on ne peut soupçonner d’être lunaire, c’est mon Capitaine.
Nous avons ri un bon moment.
Au moment de clore la situation, il m’a glissé:
– Non mais je plaisante. Je savais bien sûr ce que signifiait ce mot.
Je l’ai regardé.
Il était impassible, mais avait le regard pétillant.
Je ne saurai jamais s’il disait vrai ou pas!
Tard dans la nuit, j’en riais encore.

Martine Péters

Lundi matin.
Je décide que le mauvais moment du mois est arrivé: celui de faire disparaître mes cheveux blancs, conformément aux souhaits des hommes de la famille, du plus grand au plus petit.
Pour ce faire, j’avise une teinture qui m’est inconnue, mais que mon Capitaine a dû acheter à mon intention par le passé.
Elle a le mérite d’être sans ammoniaque: super.
J’effectue la pose et, pendant le temps d’attente, je continue à effectuer des recherches sur ma tablette.
Vingt minutes plus tard, direction salle de bain où je commence à rincer mes cheveux.
Et c’est là que je découvre que l’eau est… violette!!!
Horreur!
Je termine, cache mes cheveux dans une serviette de bain, me dirige vers le grand miroir et prend l’emballage de la teinture.
En petites lettres, il est indiqué… Noir Myrtille.
Myrtille.
Pendant quelques secondes, j’ai hésité à ôter la serviette.
L’idée de ressembler à une myrtille géante ne me plaisait que très modérément…
Mais non.
Curieusement, ma chevelure avait un parfum de cassis mais une  couleur bel et bien noire.
Tout en la séchant, je me répétais: surtout, penser à ne pas m’approcher de la zone de la ruche tant que je sens le cassis…
Puis, je suis descendue retrouver mon Capitaine dans la véranda.
Distraitement, il m’a dit: c’est magnifique!
Et  je lui ai raconté ma mésaventure.
Il a ri et a regardé mieux:
– Ah oui, c’est vrai qu’il y a un très léger reflet bleu. Je l’ai vu quand tu es rentrée.
– Mais… il se voit beaucoup?!
– Non, non. Mais c’est joli!

Mesdames, si vous avez envie de vous offrir des émotions fortes à petits prix, faites confiance à vos maris et laissez-les vous offrir vos produits cosmétiques…

Martine Péters