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Peut-être vous demandez-vous pourquoi aucun message n’a été posté sur Ecriplume ce matin?
Depuis cette nuit, le site est l’objet de tentative de piratage de la part de hackeurs qui tentent de s’y introduire depuis plusieurs semaines déjà.

Leur méthode a partiellement réussi, raison pour laquelle je dois aujourd’hui régler le problème, ce que je tente de faire pour le moment avec un professionnel.

Martine Bernier

 

Cette année m’a fait le cadeau de m’offrir une nouvelle amitié.
Elle habite avec son mari en Valais, dans un petit  hameau perdu dans la montagne.
En été, la route qui y  mène est magnifique.
Elle longe les vignes, les coteaux, la forêt, les jardins, la rivière…  
En hiver, tout est différent.
Le village se trouve entre deux couloirs d’avalanche.
Lorsque le danger est trop grand, les habitants sont coupés du monde.
Il ne leur reste que l’intervention possible de l’hélicoptère,  en cas de nécessité, et un petit téléphérique privé.
Ils téléphonent à leurs familles restées en plaine, leur indiquent ce dont ils ont besoin, et reçoivent leurs courses par téléphérique.

Regardez bien ces photos…
Elles sont rares, et montrent l’avalanche de l’an dernier.
Le mari de mon amie trace un chemin tandis que  son frère surveille le moindre danger.
Tous deux sont nés là-haut et connaissent bien les caprices de la montagne…

J’ai toujours été exaspérée par les vacanciers qui clament partout leur grande connaissance de la montagne.
S’y rendre une ou deux fois par an et loger en station, dans une résidence de vacances, ne suffit pas à connaître ce milieu.
Ceux qui y vivent au quotidien, qui doivent composer avec les événements sont les seuls à développer cet instinct très sûr des gens de là-haut.

Dans l’un de ses messages, mon amie m’écrit ceci:

« Le village, chaque année, reste toujours bloqué, isolé avec une  avalanche qui descend toujours, imprévisible et qui angoisse parfois.
Mais quelques fois seulement.
Le reste du temps, la prudence s’impose et 
la montagne nous oblige à la respecter.
J’espère de tout cœur que cet hiver 2013, la neige sera plus clémente  avec nous.

Sais-tu que l’année dernière, le 24 décembre, une personne de Fully a  traversé un couloir voisin du nôtre et a été emportée?
On a retrouvé son corps au printemps.
En 34 ans que j’habite ici, c’est 
la première fois qu’un drame aussi épouvantable se produit. »

Mais elle ajoute: « C’est tellement magique que pour rien au monde je voudrais changer ma vie… »

Dans leur écrin de neige instable, les chalets souvent centenaires du hameau tiennent leurs habitants au chaud.
Des hivers, ils en ont vus…
Et nous, nous espérons que la météo nous accordera une « fenêtre » pour pouvoir nous retrouver en plaine dans quelques jours! 

Martine Bernier

– Je vais faire un tajine, ce week-end, tiens…

Quand Celui qui m’accompagne lance cette petite phrase apparemment anodine, les cloches se mettent à sonner!
J’exagère à peine.
J’en ai goûté des tajines, au cours de mon existence.
Mais celui-ci… aaaah, celui-ci!

Son tajine lui ressemble: généreux et original.
Plusieurs sortes de viandes, des épices savamment choisies et dosées, des fruits…

Le rituel commence avec la sortie du kanoune, l’élégant récipient en terre cuite sans lequel le tajine ne serait pas un tajine.
C’est en général là que je quitte la cuisine.
Le Maître oeuvre, pas question de le déranger.
Peu de temps après, des parfums irrésistibles commencent à flotter jusque dans mon bureau.
Je ne peux pas résister, dès qu’il déserte la cuisine, je vais soulever le couvercle… 

Quand enfin le moment de passer à table est arrivé, c’est le moment de grâce.
Cette fois, son tajine était sans doute le meilleur qu’il a réalisé de sa vie.
Le plat était d’abord un régal pour les yeux.
Des tons orangés, jaunes, accompagnés d’un fumet à faire bondir les étoiles.
Les abricots, les dattes et les raisins ont apporté un moelleux tout particulier à l’ensemble qu’il a servi, innovation suprême, avec du quinoa, mes céréales de prédilection.
L’ensemble se marie à la perfection. 

L’art de la table est important pour mon Capitaine qui est attaché à la cuisine traditionnelle.
Il n’empêche que les multiples rencontres et expériences de sa vie lui ont permis d’enrichir sa culture culinaire.

Quant à moi, qui raffole des plats sucré-salé, je profite honteusement du talent du  prince européen du tajine!

Martine Bernier