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Pomme

Le panier de nuit de Pomme prend de l’âge, à tel point qu’il est devenu informe.
J’ai donc décidé de lui en offrir un autre pour que ses nuits, déjà très perturbées par la toux persistante qui ne me lâche pas depuis des mois, soient au moins confortables à défaut d’être silencieuses.
Vendredi, de retour au Grand Nid avec mon cadeau, je l’invite à me suivre à l’étage où, sous son regard intéressé, je troque son vieux panier contre un autre, flambant neuf.
Il est moelleux à souhait, suffisamment grand pour qu’elle puisse y prendre ses aises.
Pomme connait parfaitement le sens du mot cadeau…
Elle sait que si nous lui offrons quelque chose, elle pourra en prendre possession sans restriction.
Elle s’est donc approchée du panier en question, l’a reniflé puis tâté du bout de la patte avant de l’essayer.
Installée dans son nouveau « lit », elle a semblé satisfaite. 
J’ai donc pris l’autre panier et j’ai été l’installer dans une autre pièce, toujours à l’étage, pour qu’elle puisse l’occuper si elle en a envie lorsqu’elle s’y rend.
S’il connaît le sens du mot cadeau, mon Mogwaï a également une notion développée de la propriété.
Il m’a suivie, collant ses pas aux miens et, dès que j’ai posé le panier sur le sol, il s’y est installé comme pour me faire comprendre qu’il lui appartenait également et qu’il était hors de question qu’il s’en sépare.
Je l’ai rassurée: elle n’aura pas à choisir…
Le soir venu, elle est montée me rejoindre dans la chambre.
Dans un premier temps, elle s’est couchée… sur le sol, à côté du panier neuf.
Mais dans la nuit, j’ai réalisé qu’elle avait  adopté le nouveau venu.
Elle y dormait, visiblement satisfaite de son sort…

Martine Péters 

Vivre avec des animaux est une source de bonheur et, parfois, de craintes.
En début de semaine, alors que Pomme n’était pas en forme et que je l’entourais de soins et d’attention particuliers, je l’entraîne dans le jardin pour qu’elle se dégourdisse un peu les pattes pendant que je vérifie que tout va bien chez mes poulettes.
Depuis qu’elle est revenue vivante de son escapade en terre inconnue, Neige est encore plus proche de moi que d’habitude.
Elle me suit partout, monte sur mes chaussures, se laisse caresser et porter avec un certain enthousiasme… 
 Je vérifie que tout le monde va bien, sors les deux mini poules qui s’obstinent à se terrer dans le poulailler à couver un oeuf invisible, nourris tout mon petit monde, et quitte l’enclos pour retrouver mon Mogwaï… que je ne retrouve pas. 
Inquiète, je l’appelle, la cherche sans succès.
Pendant plusieurs minutes, je me suis époumonée et inquiétée jusqu’au  moment où j’ai vu Pomme assise à l’intérieur de la véranda, à l’extrême bord de la porte d’entrée, suivant d’un air intéressé mes efforts pour la retrouver. 
Je m’apprêtais à la rejoindre lorsqu’un dernier coup d’oeil en direction de l’enclos m’a livré une scène anormale…
Kaki, ma poule Pékin que nous avons soignée durant un bon mois à son arrivée parmi nous, en 2017, était couchée sur le ventre, les ailes complètement déployées, juste à côté du chemin de gravillons blancs.
Paniquée à l’idée qu’elle ait elle aussi un problème, je l’appelle, mais rien n’y fait: elle ne bouge pas.
J’arrive donc au petit trot auprès d’elle pour la voir se relever en m’adressant une bordée de « côôôt  » mécontents.
Rassurée, je m’éloigne et me retourne une dernière fois… pour découvrir qu’elle a repris la même position, couchée ailes déployées.
C’est là que j’ai compris.
Il avait plu un peu quelques heures auparavant.
Elle se séchait les plumes…
J’ai été retrouver Pomme en souriant avant de regagner mon bureau et mon travaiL.
Je crois que j’ai un choix à faire.
Soit je deviens philosophe, soit je tourne en bourrique.

Martine Péters

Pomme aura dix ans en novembre.
Elle est un peu plus fatiguée qu’avant, mais se ranime dès qu’il y a du monde ou qu’un rayon de soleil vient lui chatouiller les moustaches.
Cette semaine, elle dormait tranquillement sur le canapé lorsque je lui ai annoncé que j’allais travailler un peu dans mon bureau.
Je ne sais pas ce que cette phrase a provoqué en elle…
Elle s’est levée d’un bond, a sauté sur l’une de ses balles en peluche, l’a lancée dans le hall avant de la rattraper et de courir comme une folle à travers toutes les pièces du rez-de-chaussée.
Amusée, je me suis figée pour la regarder, restant prudemment sur place pour éviter d’être renversée par ce petit bolide.
J’ai quand même fini par me diriger vers mon bureau et par m’asseoir devant mon ordinateur.
Je l’ai entendue courir encore un peu, faisant glisser au passage le tapis rond du hall, puis elle a fait irruption dans mon bureau, terminant sa course par un splendide plongeon dans son panier, sa balle entre les dents.
Elle s’est calmée, a soupiré et m’a jeté un regard interrogateur:
– Bravo, Popomme: ce fut une brillante démonstration!

Apparement satisfaite, elle a posé le menton sur le rebord de son panier et a fermé les yeux pour terminer sa sieste.

Martine Péters