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Pomme

Mardi matin.
Exceptionnellement, c’est mon Capitaine qui est allé ouvrir la porte du poulailler, ce matin.
Lorsque Pomme et moi sommes arrivées dans la véranda, les poules trottaient déjà dans le jardin.
Impossible pour moi de ne pas aller les voir pour vérifier que tout le monde va bien.
Et comme je sais que nous attendons du monde pour midi, j’ai décidé de leur donner leur friandise quotidienne plus tôt que prévu, pour ne pas les oublier.
Dès qu’elles me voient arriver, cinq de mes poules, les Pékins, arrivent au grand galop.
Mes deux Hollandaises, Neige et Kiwi, restent vers l’entrée poulailler à picorer dans les deux mangeoires fixées sur la porte.
Elles sont tellement absorbées qu’elles ne me voient même pas distribuer les vers de farine…
Pomme, qui retrouve chaque jour Neige avec un bonheur évident, a très envie d’attirer son attention.
Elle s’approche d’elle, lui donne des petits coups de truffe, mais, toujours occupée, Neige ne lui présente que sa queue…
Pendant plusieurs minutes, Pomme a patiemment attendu que le festin de sa copine soit terminé.
Sa blanche amie s’est ensuite retournée vers elle et les retrouvailles ont pu avoir lieu.
Ces deux-là s’apprécient, c’est évident et… troublant.
Je suis retournée vers la véranda suivie de Pomme… qui, elle, était suivie de Neige!

Martine Péters

Chaque jour, dans le milieu de la matinée, je procède à la distribution de la friandise des poules, ces vers de farine qu’elles adorent.
Elles arrivent en courant à chaque fois, se bousculant pour être les premières à se jeter goulûment sur cette suprême gâterie.
Pomme a pris l’habitude de m’accompagner au jardin lorsque je m’y rends, et assiste donc tous les jours à ce débordement d’enthousiasme.
La semaine dernière, la neige et le froid s’étaient invités, assombrissant l’humeur de mes compagnes à quatre et à deux pattes.
Tout ce petit monde est morose, un peu maussade, semble une fois de plus me tenir responsable de ce changement de météo et me le fait comprendre en m’invectivant à qui mieux mieux.
Toutes, sauf Pomme qui reste fidèle à elle-même: calme et sereine en toutes circonstances.
Ce vendredi, pourtant, c’est d’un oeil un peu perplexe qu’elle a regardé mes sept protégées accourir vers moi à toute vitesse en adoptant une position aérodynamique hilarante.
Cette fois, elle nous a suivies dans l’enclos, jusqu’à l’endroit où je sème traditionnellement mes vers de farine, prête à tester.
Elle a reniflé ces drôles de choses qui rendent mes poules proches de l’hystérie collective, et m’a jeté un regard interrogateur, une patte de devant en l’air.
Elle avait clairement l’air de me dire: « Tu peux m’expliquer ce qu’elles trouvent irrésistible, là? »
Les goûts et les couleurs…

Martine Péters

En fonction de son humeur, de la météo ou de son état de santé, Pomme n’entame pas tous les matins de la même façon.
Cette semaine, j’ai eu droit à tous les cas de figure.

Lundi matin.
J’ai passé une très mauvaise nuit… ce qui équivaut à dire que Pomme n’a pas bien dormi non plus.
Mais c’est le jour que choisit mon Capitaine pour se lever plus tôt, en pleine forme.
Epuisée par ma nuit quasi sans sommeil, j’allume et dit à Pomme: « C’est l’heure, Popomme… »
Une longue plainte me répond.
Elle n’a aucune envie de se lever et me le fait comprendre en restant dans son panier.
C’est donc seule que je débute la journée tandis qu’elle me suit d’un regard ensommeillé.
Quand je quitte la chambre pour me rendre à la salle de bain, je lui jette un coup d’oeil:
– Tu vas rester au lit toute la journée?  Tu n’es pas bien?
Elle s’étire de tout son long, se lève, pose une patte hors du panier, puis deux, s’étire à nouveau et vient enfin me saluer.
La journée peut commencer, mais au ralenti.
Ce matin, Pomme est fatiguée…

Jeudi.
La lumière du jour perce légèrement à travers les stores malgré l’heure très matinale.
Cette fois, mon Mogwaï est en pleine forme et décide de me faire partager sa bonne humeur.
Elle s’approche du lit, se dresse sur ses pattes arrières et pose une léchouille sur ma joue, plus ou moins délicatement.
Dans la pénombre, je lui caresse la tête en grognant: « Tu es gentille, mais il est à peine six heures… »
 Pas l’heure?
Aucune importance.
Pomme commence à faire les cent pas dans la chambre, histoire de me faire comprendre que l’avenir est à ceux qui se lèvent tôt, pour le cas où je l’aurais oublié.
Avez-vous déjà entendu le bruit des pas d’un petit chien sur le plancher?
Tip, top, tip, top…
J’ai compris, la journée commence.
Je me lève, j’ouvre la porte tandis que mon bichon fonce dans le couloir.
Elle est très impatiente de me voir sortir de la douche, me suit pas à pas dans mon tour de la maison et attend avec fébrilité le moment où je vais ouvrir l’une des portes donnant sur le jardin.
Là… c’est le bonheur…
Elle court après les pies, fonce saluer « ses » poules, va renifler avec délice je ne sais quelles odeurs qui échappent à mon odorat bêtement humain.
Puis elle se rue vers moi lorsque je lui propose sa récompense du matin.
Elle prend de ma main son biscuit (le seul de la journée…), court le savourer sur « son » tapis, attrape son mouton au passage, le lance en l’air, le rattrape et le secoue dans tous les sens, histoire de bien lui montrer qui est le chef.
Ce matin, Pomme a adopté son humeur de printemps.

Martine Péters