décembre 2018
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Poules

Depuis que j’ai lu le délicieux livre d’Anny Duperey « Le Poil et la Plume » et que j’y ai découvert son amour pour les poules, je me sens moins seule à vivre cette relation étonnante qui me lie aux miennes.
Et là, depuis que la période de gel est arrivée, sur la région, je me faisais beaucoup de souci pour elles.
Le poulailler est calfeutré, mais les nuits sont glacées.
La température tombe largement au-dessous de zéro.
L’hiver dernier déjà, cela m’avait préoccupée.
Cette fois, c’était pire… 
Chine n’a toujours pas retrouvé son plumage après sa mue tardive, et mes deux petites poules hollandaises, qui n’ont pas de duvet, sont clairement plus frileuses que les autres.
Il fallait trouver une solution.
Dans un premier temps, mon Capitaine a suspendu dans le poulailler une lampe chauffante.
Mais elle éclairait tellement que c’était prendre le risque que les poules ne dorment pas.
Jeudi, après une courte conversation, il est passé au plan B et a installé un petit chauffage dans le poulailler.
Pas question bien sûr de chauffer la pièce à outrance.
Les poules ne pourraient dans ce cas plus s’adapter aux températures extérieures…
Non. Le but était de couper le gel et de leur permettre de passer des nuits correctes.
Jeudi soir, donc, alors qu’elles étaient installées pour la nuit, le radiateur a été posé, nous l’avons allumé au minimum et j’ai laissé mes protégées pour la nuit.
Le lendemain matin, en ouvrant la porte, j’ai tout de suite pu constater que la température était plus supportable.
Le thermomètre annonçait un minimum de 5°.
Mes trois poulettes les plus sensibles au froid s’étaient installées près de la source de chaleur, et toutes semblaient en pleine forme.
Je leur ai servi leur repas à l’extérieur et toutes sont sorties, vives et curieuses.
Le plan B était le bon…

Martine Péters (Bernier)

Le vent s’est invité au menu de ce mois de décembre, réservant à mes poules des surprises dont elles se passeraient.
Cet indésirable semble se jouer d’elles et les place dans des situations quelques fois périlleuses.
Samedi, dans la matinée, alors que je leur apportais je ne sais plus quelle friandise, j’ai vu arriver vers moi mes sept petites poulettes, courant aussi vite que le leur permettaient leurs mini pattes. 
Mais le vent, d’abord discret, semble avoir eu envie de jouer aux quilles.
Comme elles se trouvaient au fond de leur parcelle de jardin, mes Boulettes avaient un bon bout de chemin à parcourir pour me rejoindre. 
A mi-chemin, une forte bourrasque les a fait dévier de leur trajectoire. 
Je les voyais me fixer comme si elles ne voulaient pas perdre leur but de vue, et lutter pour arriver à moi.
Mais le souffle du vent les poussaient de droite à gauche.
Elles donnaient de grands coups d’ailes un peu désespérés pour rectifier leur trajectoire.
Ce spectacle m’a d’autant plus interpellée que Chine, ma belle Chine si altière, a perdu une grande partie de ses plumes au cours de ces derniers jours.
Si la mue semble terminée, la repousse, elle, n’est pas encore effective.
Elle est fragile en cette période…
Dès qu’elles se sont retrouvées près du poulailler, je leur ai donné ce que je leur apportait, et je suis repartie, leur laissant la possibilité d’aller où elles le voulait: à l’abri dans leur poulailler, dans leur enclos bien abrité du vent ou dans le grand enclos du jardin.
C’est dans ce dernier qu’elles ont choisi de retourner, là où elles sont le plus exposées.
Je ne comprendrai jamais ce qui se passe dans la tête d’une poule!

Martine… Péters (autrefois Bernier)

Si la pluie est une bénédiction pour la rivière et la terre malmenée par la sécheresse, les animaux l’apprécient très modérément.
Parmi eux, mes sept petites poules sont au bord de la neurasthénie à la première averse.
Dès qu’il pleut trop ou que le ciel s’assombrit, elles filent se protéger dans l’une de leurs cachettes préférées: sous l’un des grands arbres de la haie, dans leur mini résidence secondaire construite par mon Capitaine, où elles ont les pattes au sec, ou dans leur poulailler d’où elles ne sortent pas si le temps les inquiète vraiment.
Devant autant de désarroi, je réagis, évidemment.
C’est ainsi que, depuis le début du changement de temps, j’ai adopté un nouveau rituel pour leur couché… qui intervient tôt en fin d’après-midi, dès le coucher du soleil.
Chacune choisit sa place, à peu près la même chaque soir. 
J’y place une pincée de leurs graines préférées, à trois ou quatre endroits.
Elles se précipitent donc dans leurs quartiers et picorent avec délice cette dernière collation de la journée.
Pour celles qui dorment perchées, je pose un peu de graines dans ma main et je la leur tends.
Elles picorent elles aussi, et je m’amuse de leur empressement.
Il a fallu du temps, mais aujourd’hui, elles se sont toutes parfaitement habituées les unes aux autres.
Personne  ne peut imaginer en les voyant, qu’il y a quelques semaines encore, elles formaient deux groupes bien distincts qui ne se fréquentaient que difficilement.
Aujourd’hui, les divergences sont oubliées, et elles cohabitent en toute quiétude.
Plus de revendications bruyantes le soir, dans le poulailler, mais une atmosphère très calme, et sept petites têtes tournées vers moi en attendant les caresses du soir.
Comment  ne pas s’y attacher?

Martine Péters (Bernier)