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Poules

Jeudi.
Deux visiteurs que nous aimons beaucoup étaient de passage dans la région et s’étaient arrêtés pour prendre un café.
Il faisait beau, et comme c’est le cas depuis le retour des beaux jours, les poules étaient lâchées, évoluant entre leurs deux enclos.
Elles ne sont séparées des roses et du reste du jardin que par un filet léger, et profitent d’un grand espace où elles ont une foule de recoins à explorer et de lieux où se percher, ce qui semble les mettre de très bonne humeur.
J’ai toujours un oeil sur elles pour vérifier que tout va bien.
J’ai donc été alertée lorsque j’ai vu qu’il m’en manquait une.
J’ai été voir de plus près, je l’ai appelée, et elle est arrivée en courant, comme elle le fait d’habitude lorsqu’elle entend son nom.
C’est là que j’ai entendu la voix du cousin  de mon Capitaine dire:
– Mais… qu’est-ce que c’est que ça?!

Il regardait la nouvelle arrivante d’un air perplexe.
– « Ca », c’est Mousse. C’est une poule Soie. Elle est adorable, familière, très douce… Elle est mignonne, tu ne trouves pas?

Il n’avait jamais vu de poule lui ressemblant, m’a-t-il dit.
Sous son plumage duveteux et soyeux, je voyais briller les petits yeux noirs et vifs de Mousse.
Elle aussi regardait le visiteur et semblait se demander de quelle étrange espèce il était le représentant!

Martine Péters

 

 

 

Lorsque je regarde les conditions de vie et les  repas de nos poules, je me dis qu’elles ne doivent pas être malheureuses…
Et je comprends pourquoi autant d’oiseaux s’invitent à leur table!

MP

 

En principe, en cette saison, nous rentrons les poules le soir lorsque le soleil a suffisamment tourné pour  ne plus s’attarder sur la porte du poulailler.
Mais mercredi soir, j’ai réalisé que mon Capitaine n’avait pas pensé à s’en occuper.
Chacun de nous pensait que l’autre l’avait fait.
Il était 20 heures, il n’y avait pas de soleil en ce jour de pluie, et il était largement temps de procéder au coucher de ces dames.
Je suis donc allée les retrouver, et j’ai constaté qu’elles étaient toutes rentrées d’elles-mêmes.
Je n’ai pas voulu allumer pour ne pas les déranger, mais il me fallait les compter pour être certaine que tout le monde était bien là.
Dans la pénombre de leurs appartements, je les ai regardées… et une fois de plus, elles m’ont touchées.
Lorsque nous les laissons le soir, elles sont le plus souvent encore pleines d’énergie, caquettent à qui mieux mieux, cherchent la bonne place, bref, s’installent.
Mais là… 
Seule Lune, l’une de mes poules hollandaises, était perchée et dormait déjà du sommeil du Juste, comme Mousse, poule de soie de son état qui, dans son nid de foin, continue à couver vainement.
Toutes les autres étaient étendues sur les différentes plates-formes.
Il y en avait à chaque étage.
Les solitaires avaient choisi des endroits où elles pouvaient être seules, les autres étaient rassemblées par affinités.
Elles disposent de suffisamment d’espace pour ne pas être serrées et pour pouvoir « s’étaler ».
En haut, à ma gauche en entrant, là où Cannelle se poste le plus souvent en essayant de grimper sur mon épaule, se trouvait la belle Chine, la cheffe de clan des Bantam, poules Pékin .
Elle me regardait en gloussant doucement, m’a laissée la caresser…
Tout était paisible, très calme.
Je les ai caressées une à une en leur parlant à mi-voix… et elles me répondaient sur le même ton.
Quand j’ai fermé la porte pour les laisser dormir, j’étais touchée.
Je crois qu’elles se sentent bien.

Martine Péters