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Rencontres

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Je ne pouvais pas manquer, hier soir, l’interview accordée par Brigitte Bardot à Laurent Delahousse à l’occasion de son 80e anniversaire.
Pourquoi?
Parce que, il y a quelques années, en septembre 2005, je l’ai interviewée moi aussi, par téléphone, au sujet d’une affaire concernant les animaux, qui avait révulsé une bonne partie de la population.
Il s’agissait de l’utilisation de chiots et de chatons comme appâts vivants pour la chasse au requin.
Avec sa Fondation, elle s’était battue  pour que cette pratique soit dénoncée, pour qu’une loi soit établie pour éviter qu’elle ne perdure, et que les coupables soient sévèrement sanctionnés.
Elle avait réussi: peu après notre conversation, elle me faisait parvenir des documents avec  les résultats obtenus.
Le public avait réagi en masse auprès de la Fondation pour la soutenir et Brigitte Bardot avait trouvé une oreille attentive auprès des autorité françaises et réunionnaises qui avaient pris des mesures pour interdire cette pratique et contrôler les embarcations.

Notre conversation téléphonique avait duré un long moment et avait largement débordé de notre sujet pour amorcer un tournant plus intime.
Nous étions sur la même longueur d’ondes sur le sujet « animaux », et elle l’a rapidement perçu.
J’ai découvert une femme chaleureuse, passionnée, courageuse.
A la fin de l’interview, elle m’avait posé des questions sur moi et m’avait demandé si je serais à Genève lors de sa prochaine venue, prévue quelques jours plus tard.
Une occasion pour nous de faire plus ample connaissance…
J’avais dû décliner, la mort dans l’âme: il m’était totalement impossible de me dégager de mes obligations professionnelles.

Le temps a passé, j’ai lu deux des livres signés Brigitte Bardot.
J’ai été émue par certains points, choquée par d’autres.
Mais j’ai toujours pour elle une réelle admiration pour la fougue et l’efficacité avec laquelle elle s’est mise au service de la défense des animaux.
Comme tout le monde, j’ai vu plusieurs de ses films.
Et je me dis que je n’aurais pas aimé vivre ce qu’elle a vécu.
Il y avait de quoi devenir folle, sortir de la réalité, être déconnectée du monde des humains.
Pour une femme très belle, voir l’âge grignoter sa beauté jusqu’à la rendre floue  avant de l’effacer est difficile.
Lorsque, en plus, cette femme a été admirée par le monde entier et qu’elle a tous les regards braqués sur ses premières rides, ce doit être insupportable.
Comment vivre sereinement dans ces conditions?
Hier, je la regardais, filmée de profil, avec quelques rares plans de face.
Laurent Delahousse se trouvait face à une dame de 80 ans qui a toujours ce regard à l’expression si particulière, cette façon un peu sauvage  et maladroite de défendre sa liberté, son infini désir de paix et de solitude.
Un sacré destin…

Martine Bernier

Article paru dans Terre et Nature en septembre 2005, relatant l’interview en question:

L’HORREUR AU PARADIS

Lorsqu’il s’agit de prendre la défense des animaux, Brigitte Bardot n’hésite jamais à monter au créneau. C’est ce qu’elle fait une fois encore pour dénoncer le scandale de l’utilisation de chiots et de chatons comme appâts vivants pour la chasse aux requins. Interview.  

La photo est insoutenable.
Elle représente un jeune chien au regard apeuré, entre le museau et les babines duquel ont été plantés les deux dents épaisses d’un hameçon métallique gros comme le poing.
Ces photos, diffusées en France cet été grâce à la Fondation Brigitte Bardot, ont bouleversé le public.
Ce chiot, comme beaucoup d’autres chiens et chats, a été victime de pêcheurs qui les utilisent comme appâts vivants pour la chasse aux requins, sur l’île de la Réunion.
Découvrir qu’une telle barbarie a lieu en France, dans un département d’Outre-Mer au décor paradisiaque, consterne l’opinion publique.

Genèse de l’affaire

« L’affaire ne date pourtant pas d’hier, explique Brigitte Bardot. La Fondation a découvert ces pratiques en septembre 1995, et s’est constituée partie civile en avril 2000, dans une affaire de chiens trouvés attachés dans un coffre de voiture et présentant de multiples blessures consécutives à la pose d’hameçons. Le coupable a été condamné a un mois de prison avec sursis et à une amende. Autant dire que c’était une peine ridicule. Avec des sanctions aussi légères, il ne faut pas s’étonner de les voir recommencer. Bien sûr, il y a des lois qui condamnent la cruauté envers les animaux. Mais elles ne sont pas appliquées. »

Multipliant les courriers et les contacts officiels, Brigitte Bardot , présidente de sa Fondation, et son équipe, ont réussi à sensibiliser les autorités politiques.
Le Préfet de la Réunion a mis en place, avec les forces de l’ordre, des contrôles en mer et dans les ports sur les bateaux de pêche.
Durant deux ans, les inspecteurs locaux de la Fondation n’ont plus fait état de l’utilisation de chiens comme appâts vivants.
Mais l’espoir de voir cette pratique révolue a été de courte durée.

Retour de cauchemar

À la fin du mois de juillet 2005, un nouveau cas est signalé.
Un chiot est retrouvé dans une ravine par un enfant en vacances à la Réunion.
Un hameçon a été planté entre le museau et les babines, relié par un fil de pêche à un autre hameçon planté dans le coussinet.
Un autre cas est découvert quelques jours plus tard, tout aussi révoltant. Cette fois, l’animal est une chienne qui vient de mettre bas.
Partie à la recherche de son chiot disparu, elle est retrouvée avec un hameçon planté dans le crâne, et un autre dans une articulation de la patte.
Une plainte est aussitôt portée par la SPA locale contre X. Une fois encore, la Fondation Brigitte Bardot se constitue partie civile tandis que sa présidente adresse un courrier au Ministre de l’Outre-Mer, François Baroin.

« Aidez-nous! »

La Fondation « Trente Millions d’Amis » s’est jointe aux efforts déjà accomplis.
Sur son site Internet, une pétition en ligne permet aux internautes de prendre position.
« Nous avons besoin de toute l’aide possible pour faire cesser ce scandale, confirme Brigitte Bardot. Pour les personnes qui habitent en Suisse, elles peuvent signer la pétition, ou écrire à l’ambassade de France des lettres expliquant combien elles sont choquées de voir comment on traite les animaux en Réunion. Les autorités politiques méprisent la protection des animaux. Seule l’opinion publique pourra nous aider à faire arrêter cette pratique. Tout est bon pour arrêter cela: pétitions, lettres, articles de presse… Il faut mettre la pression et se dire que les gouttes d’eau finissent par créer une rivière. »

Chiens recueillis

Seules bonnes nouvelles dans cette sombre affaire, les deux chiens retrouvés avec des hameçons plantés dans le corps, ont pu être soignés.
L’un a été adopté par la famille de l’enfant qui l’a retrouvé, et emmené dans sa nouvelle famille, dans les Pyrénées orientales.
L’autre a été accueilli par Michel Drucker et Dany Saval, fervents défenseurs de la cause animales.
Les autorités politiques, elles, n’ont à ce jour pas encore répondu aux courriers de la Fondation.
À leur décharge, la catastrophe aérienne qui a endeuillé la population de l’île cet été a repoussé au second plan le dossier des appâts vivants.

« Depuis 32 ans que je mène ce combat, il m’arrive d’être terriblement découragée, avoue Brigitte Bardot. Mais il faut avoir la volonté d’aller au bout de ce découragement. Les animaux sont innocents, complètement désarmés devant la cruauté de l’homme. Heureusement, les Réunionnais sont conscients de la mauvaise image que cette affaire donne de leur île aux yeux des touristes. Ils reçoivent des mails du monde entier. Il faut continuer. Beaucoup de touristes, qui étaient en vacances au moment où la presse a commencé à parler de cette affaire, ont été tellement écoeurés qu’ils ont dit qu’ils ne reviendraient pas dans l’île. D’autant qu’il faut savoir que non seulement les chiens et les chats sont sacrifiés comme appâts vivants, mais, en plus, ces braconniers pêchent les requins et leur coupent les ailerons avant de les rejeter vivant à la mer. Les ailerons de requins sont très appréciés dans la cuisine asiatique. À cause de cela, tous ces animaux meurent dans des souffrances atroces.  »

Aux dernières nouvelles, les efforts de la Fondation ont commencé à porter leurs fruits.
Le Préfet de l’île a signé un arrêté interdisant « la détention de tout carnivore domestique, vivant ou mort, à bord des embarcations immatriculées à la Réunion ».
Quant au ministre d’Outre-Mer François Baroin, lors d’une conversation téléphonique avec Brigitte Bardot le 7 septembre, il s’est dit scandalisé par cette pratique et doit se rendre très prochainement à la Réunion où il étudiera les possibilités d’actions concrètes à mener avec les autorités locales.
Une rencontre aura lieu début octobre entre lui et la Fondation pour étudier les mesures à appliquer afin de stopper le cauchemar des chiens et des chats de la Réunion.

Martine Bernier

Suite quelques semaines plus tard:

APPATS VIVANTS: DU NOUVEAU

La pression de l’opinion jointe au travail de la Fondation Brigitte Bardot ont fait merveille dans le dossier des animaux vivants utilisés pour la pêche au requin. 

La triste affaire des chiots et des chats utilisés comme appâts vivants, en Réunion, pour la chasse au requin, a connu ces dernières semaines des suites importantes. Indigné par cette pratique, le public a réagi en masse en se manifestant auprès de la Fondation Brigitte Bardot. Depuis, cette dernière a rencontré François Baroin, ministre de l’Outre-mer. « Cette rencontre, qui avait pour objectif de sensibiliser le gouvernement français aux atrocités commises à la Réunion, s’est très bien passée, estime Annaïg Lamoureux, du Bureau de Protection Animale de la Fondation. Le ministre a fait preuve d’une grande sensibilité concernant les maltraitances animales relatées. Il a garanti qu’il ne laisserait pas ces crimes impunis et qu’il agirait auprès des autorités pour intensifier les contrôles. Il a également été question des campagnes de stérilisation que la Fondation réalise dans les Dom Tom, conjointement aux autorités locales. Un effort financier sera consenti par le gouvernement pour la soutenir. Par ailleurs, les Réunionnais ont pu observer les contrôles faits sur les embarcations et à terre, à grands renforts d’hélicoptères et de moyens terrestres. »

Le 30 septembre dernier, un homme suspecté d’avoir utilisé un chien comme appât vivant, a été condamné à 5000 euros d’amende et à trois mois de prison avec sursis. La Fondation estime désormais que, comme elle a trouvé une oreille attentive auprès des autorités, il n’est plus nécessaire de signer de pétition. Les personnes désireuses de continuer à soutenir cette action peuvent envoyer des lettres de remerciements au ministre de l’Outre-Mer, en l’encourageant à maintenir le niveau de contrôle, seul garant de la victoire dans cet épineux dossier.

Martine Bernier

François d'Epenoux Portrait 2014-1

François d’Epenoux

Vous souvenez-vous?
Voici quelques semaines, je parlais, dans un texte paru sur Ecriplume (voir lr lien ci-dessous), d’une rencontre téléphonique que je venais de vivre avec un écrivain extrêmement touchant.
Je ne pouvais pas livrer son nom, l’article que je lui consacrais dans un magazine suisse romande n’était pas encore sorti.
Aujourd’hui, c’est chose faite: l’interview peut être lue dans le numéro de mai 2014 de « Générations Plus ».
Je peux donc parler librement de François d’Epenoux, écrivain français, dont la  sensibilité et l’humour m’ont  séduite autant que son dernier livre: « Le Réveil du Coeur ».
L’histoire raconte la relation inattendue entre un grand-père un brin râleur et mal à l’aise dans son époque, et son petit-fils, qu’il apprendra à connaître lors de vacances partagées.
Une histoire pleine de tendresse, qui ressemble à la vie, avec ses hauts et ses  bas, mais sans drame.
L’interview telle qu’elle a été diffusée dans « Générations Plus » n’était qu’une partie de l’entretien que m’a accordé François d’Epenoux.
Elle n’est qu’une petite partie de la conversation partagée.
Ce livre fait partie de ceux dans lesquels chacun de nous peut se retrouver, se projeter.
Le récit des vacances partagées est un véritable régal.
En lisant cet ouvrage, j’ai plusieurs fois ressenti la même sensation de bien-être que lorsque je visionne le film « Les Enfants du Marais ». 
C’est délicieux, réconfortant.

 Martine Bernier

« Le Réveil du Cœur », François d’Epenoux, Editions Anne Carrière, 254 pages, 18 euros.

L’écrivain

Site du magazine Générations Plus

Georges Lautner

J’ai eu de la peine en apprenant le décès de Georges Lautner, ce week-end.
L’interview que j’avais faite de lui en 2009 m’avait permis d’accéder à un homme charmant, chaleureux et courtois.
En dehors des questions strictement destinée à mon travail, nous avons parlé à bâtons rompus de ses films, de ses acteurs fétiches, de ses souvenirs.
Lino Ventura, Mireille Darc, Francis Blanche, Bernard Blier et tant d’autres…
Cette interview est parue dans le livre que j’ai écrit pour le FIFAD (Festival International du Film Alpin des Diablerets).
Je vous livre la partie publie, avec un grand clin d’oeil à ce réalisateur qui a laissé un souvenir heureux dans la région, lui qui, en son temps, fut chasseur alpin.
Aujourd’hui, nous sommes tristes de le voir partir.
Mais là-haut, les « Tontons » ont certainement dressé la table et sortir le digestif pour l’accueillir…

« La première fois, je suis venu aux Diablerets pour terminer d’y tourner le film « Pas de problème », avec Miou-Miou, Anny Duperey, Bernard Ménèze et bien d’autres.
J’avais fait mon service militaire en Autriche, chez les chasseurs alpins, et j’aimais la montagne.
J’ai été merveilleusement accueilli par tout le monde, dans la station.
J’y ai créé des liens, notamment avec mon ami André Givel, hôtelier qui faisait partie du FIFAD.
Le comité m’a tour à tour demandé d’être membre du jury, puis parrain de la manifestation.
J’ai accepté avec plaisir.
Les séances étaient toujours très sympathiques.
Ces films étaient rares, j’ai vu énormément de choses très intéressantes.
Ce n’était pas du tout du « sous-cinéma » comme on a pu l’entendre.
Je me souviens avec délice des raclettes des guides au magnifique Domaine des Sources, des repas bien arrosés, de l’ambiance.
J’ai très envie de remonter aux Diablerets l’été prochain.
Ne fût-ce que pour le plaisir de retrouver ceux qui m’ont si bien reçu! »

Propos recueillis le 7 avril 2009.
Martine Bernier

Livre: « FIFAD: 40 ans de passion », Martine Bernier, Festival du Film des Diablerets