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Santé

Changer de pays me contraignait à changer de médecin.
Et comme je m’y attendais, le spécialiste qui m’a admise comme patiente a souhaité que je fasse quelques examens afin d’avoir une idée plus précise de ma situation actuelle.
Cette série se terminait hier par une visite au service de médecine nucléaire de l’hôpital de Vesoul.
J’avais déjà eu l’occasion, par le passé, d’expérimenter un examen similaire ou presque, et je savais donc à peu près ce qui m’attendait.
J’avoue que je m’y rendais avec un enthousiasme très limité.

Au matin, donc, je me suis présentée à mon rendez-vous pour recevoir l’injection du produit radio-actif nécessaire.
Ô merveille: j’ai eu la chance d’être prise en charge par une jeune femme d’une efficacité redoutable et d’une gentillesse exquise.
Ce qui, avouons-le, diminuait de moitié le côté « corvée inévitable » de la chose.
Une fois cette formalité accomplie, j’avais le droit d’aller caracoler où bon me semblait durant 4 heures.
Il me fallait juste revenir à temps pour l’examen proprement dit, ce que j’ai fait.
A partir de là, les choses ont pris une tournure à la fois émouvante et parfois drôle.
Comme toujours dans les salles d’attente, les conversations se nouent.
Certaines ou certains expriment leurs angoisses, parlent de leur vécu, d’autres, comme une formidable dame de 83 ans, affichent un sourire rayonnant et une véritable envie de s’amuser.
Je pourrais écrire un livre avec les histoires touchantes que j’ai déjà vécues ou entendues dans ce genre de contexte… comme chacun de nous, j’imagine…

Les personnes en attente vous confient leurs craintes, leur passé, alors que vous êtes pour elles une parfaite inconnue… et cela me marque à chaque fois.

Celles et ceux qui avaient déjà reçu leur injection se trouvaient comme moi dans « l’aquarium », une salle d’attente vitrée.
Un lieu tout à fait propice pour faire connaissance!
Pendant que nous tuions le temps de manière tout à fait pacifique, les infirmières et le médecin responsable du service faisaient de leur mieux pour réduire les temps d’attente.
Passer un examen est toujours une épreuve, plus ou moins importante en fonction de l’état et de la sensibilité des patients.
Et des patients, il en défile dans ce service très actif…
Ce qui n’empêche pas le personnel de rester souriant, attentif et chaleureux avec chacun.
Comme je l’ai vécu à l’hôpital de Besançon voilà quelques jours, j’ai pu constater qu’après l’examen, il faut regagner la salle d’attente pour y attendre le médecin qui vient commenter les résultats.
En fin de parcours, j’étais soulagée d’avoir terminé, et une fois de plus admirative devant le travail de ces infirmières très à l’écoute.
Merci, merci, merci…
J’ai même eu droit à un petit moment insolite.
Dans l’aquarium ont été épinglés sur les murs des petites choses rigolotes, histoire de détendre l’atmoshère.
Comme celle-ci qui a attiré mon attention et m’a fait sourire.
Oui, je sais: un rien m’amuse!

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Martine Bernier

Comme tous les expatriés, il me faut faire face à certains détails pratiques.
Celui qui  me préoccupe le plus depuis le début est le fait qu’il fallait que je trouve des médecins spécialistes dans la région.
Mes soucis de santé sont toujours bien présents et le fait de franchir une frontière ne veut pas dire que je peux m’affranchir de la surveillance médicale.
Après avoir fait un essai voici quelques semaines, j’ai dû me rendre à l’évidence: continuer à me faire soigner en Suisse n’est pas possible.
Plus de 7 heures de route pour effectuer l’aller-retour dans la journée est inenvisageable… surtout si je suis confrontée à une situation d’urgence.
Prendre congé de mes médecins suisses en leur écrivant des lettres pour leur expliquer la situation a été un crève-coeur… mais je n’avais pas le choix.

La semaine dernière je me suis rendue au premier rendez-vous fixé par l’urologue français qui a accepté de me donner rendez-vous, à un peu plus d’une heure de chez nous.
Un médecin visiblement compétent.
Et comme je pouvais m’y attendre, il m’a commandé une série d’examens.
Pour qu’il puisse avoir un état des lieux récents de ma situation, je m’apprête à retrouver le chemin des laboratoires, des scanners et, à mon grand regret, des services de médecine nucléaire.
Il faut me réadapter, je n’ai pas vraiment le choix.
Ce lundi, donc, première étape avec la prise de sang et ma première visite au labo dédié à cet effet.
Je m’y rends avec mon Capitaine qui devait lui aussi effectuer un petit bilan de santé.
En arrivant, le spectacle qui s’offre à moi m’effraie un peu:  une longue file d’attente s’étend devant trois guichets et ne cesse de grandir avec l’arrivée de nouveaux patients.
A voir leur nombre, je me résigne à une longue attente…
Nous prenons notre place dans la file et réalisons que, en fait… tout est parfaitement rôdé et rapide.
A peine le passage au guichet terminé, nous n’avons même pas le temps de nous rendre en salle d’attente…
Nous sommes quasi immédiatement pris en charge chacun par une infirmière.
Les prises de sang sont rondement menées, le contact chaleureux, et nous nous retrouvons dehors peu de temps après, ravis.
Et l’après-midi même, nous avions accès à nos résultats d’analyses en suivant l’option internet que nous avons choisie.
Si chaque acte médical qui m’attend se passe aussi bien, la corvée devrait être plus que supportable…

 

Martine Bernier

 

Ce qui m’est arrivé cette semaine est assez représentatif de l’état d’esprit des personnes de la région.
J’en avais déjà donné un aperçu hier en parlant de la tournée du Nouvel An.
Cette fois, il s’agit de tout autre chose.

Plus que jamais depuis ces trois dernières années, je dois faire des analyses quotidiennes pour surveiller le bon fonctionnement de mes reins.
Car, évidemment, Gérard, mon sympathique rein gauche, a fait le voyage avec moi jusqu’en France et est toujours aussi polisson… par moments.
J’effectue ces analyses grâce à un petit matériel qui existe sous plusieurs formes.
Après en avoir testé plusieurs, j’ai compris que celui qui me convient le mieux  permet des analyses beaucoup plus fines et précises que les autres.
Le problème… c’est qu’il m’était devenu impossible d’en retrouver.
En Suisse, j’étais passée par ma pharmacie qui n’avait pas pu m’en commander, et mon Capitaine avait tenté sans succès la même démarche auprès d’un pharmacien de Haute-Savoie.
Il me restait une petite réserve de mon précieux matériel, que j’ai bien sûr prise avec moi au cours de notre déménagement, mais le stock diminue et  je vois arriver le moment où je n’en aurai plus.
Or, si ces analyses, qui me permettent de gérer mes soucis de santé au quotidien, ne sont plus aussi fines, je sais que je vais au-devant de gros soucis.

En fin de semaine dernière, j’ai donc pris le taureau par les cornes et j’ai cherché sur Internet le produit en question, que j’ai trouvé assez facilement.
J’ai passé commande auprès du laboratoire qui en fournit, et j’ai attendu, sans trop d’espoir.
Pour la première fois, j’ai reçu une réponse!
J’ai reçu un mail m’expliquant qu’ils ne livraient pas aux personnes privées, mais que si je pouvais leur communiquer un numéro de TVA, je recevrais la commande.
Je revenais à la case départ convaincue que je n’obtiendrais jamais mon petit matériel…
Mais trois jours après, j’ai eu la surprise de recevoir un appel téléphonique du labo en question.
Une dame charmante me demandait si j’avais bien reçu leur message.
Je lui ai expliqué mon cas, elle a réfléchi et m’a donné le numéro de téléphone d’un distributeur qui pourrait me procurer mon Graal.
Je les ai appelés… pour apprendre qu’eux non plus ne livraient pas aux privés.
Mais là encore, j’ai reçu un autre numéro  me dirigeant vers une autre entreprise de la région cette fois.
J’ai poursuivi ma quête et là… j’ai pu parler à un technicien qui a compris mon problème et qui m’a promis de m’envoyer ce que je cherche.
Le lendemain m’arrivait le mail de confirmation: cet article que je cherche depuis si longtemps me sera livré la semaine prochaine… et je pourrai continuer à me réapprovisionner par la suite.

Ce qui m’a étonnée au fil de ce petit périple?
La gentillesse rencontrée à chaque étape de ma recherche.
Chacun a apporté son aide jusqu’à ce que j’arrive à bon port.
C’est le genre de détail dont on ne parle jamais ou très rarement, mais qui me font dire que la gentillesse est encore cultivée!
Et c’est plutôt réconfortant!

Martine Bernier