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Santé

– Vous allez passer une IRM. Etes-vous claustrophobe?
Je réfléchis rapidement.
J’ai plusieurs fois été « sous terre », dans des grottes ou dans les Mines de Sel de Bex.
Je n’y étais pas forcément très à l’aise, mais sans plus.
C’est donc en toute bonne foi que j’ai répondu: « Non, je ne crois pas. »
Ce mardi, il a suffi de cinq minutes pour que je reçoive la preuve du contraire.
Je n’ai pas paniqué ni perdu le contrôle de moi-même, non.
Mais étendue dans ce tuyau étroit, avec un casque sur les oreilles et une sorte de scaphandre rectangulaire destiné à me maintenir immobile, j’ai compris très vite que je ne pourrais pas supporter ce moment.
Devoir dire « je suis désolée, mais je ne peux pas… », cela ne m’était jamais arrivé. 
L’oppression était trop forte, mon coeur n’était plus mon ami, s’engageant dans une folle chamade, comme s’il visait un record improbable.
Incontrôlable.
Le responsable du service, qui était d’une gentillesse et d’une délicatesse exemplaires, m’a  expliqué que cela pouvait arriver et qu’il ne fallait pas insister dans ce cas.
Il a ajouté qu’ils avaient voulu voir si je pourrais supporter la « petite » machine, et qu’il ne s’agissait pas des meilleures conditions pour subir cet examen.
Il me demandait donc de reprendre un rendez-vous pour passer cette fois dans une machine identique, mais plus grande.
Je me suis rendue au bureau indiqué et là… j’ai réfléchi.
A la secrétaire médicale qui se trouvait en face de moi, j’ai expliqué ce qui venait d’arriver, et je lui ai dit que je n’avais pas vraiment envie de renouveler l’expérience.
Je ferai un point avec ma doctoresse à son retour de congé.
Après tous les événements de ces derniers jours, j’ai atteint un quota à ne plus dépasser.

MP

 

« Alors, qu’est-ce qui ne va pas? »

C’est la phrase classique que nous entendons tous lorsque nous nous rendons chez le médecin.
Il faut bien commencer quelque part!
Cette fois, je n’ai pas eu à étoffer beaucoup ma réponse

« Rien: tout va très bien! »
Mon interlocutrice a eu l’air surpris derrière son masque:
– Ah bon? Je vous manquais?
– Terriblement. J’avais beaucoup aimé notre dernière rencontre, donc je me suis dit que j’allais venir vous faire un petit bonjour! Non, plus sérieusement, j’aurais besoin d’un document…

Je lui explique mon souhait, et elle se livre à un petit contrôle de routine pour s’assurer que tout est en ordre.
Puis elle poursuit:
– Vous avez l’air d’avoir un moral d’enfer… que faites-vous en ce moment?

En quelques mots, je lui trace les grandes lignes des événements professionnels qui se déroulent dans ma vie ces temps-ci.
Emballée, elle me pose des questions et nous parlons littérature durant quelques instants.
Nous devons avoir à peu près le même âge.
Son goût pour la lecture et notre curiosité commune pour le métier de l’autre nous rapprochent… d’autant qu’elle aimerait avoir les clés nécessaires pour écrire autre chose que des ordonnances.
Lorsque je quitte son bureau, nous sortons ensemble, complices pour avoir partagé un petit moment spécial, une parenthèse hors du temps…

MP

Lune, notre jolie poule hollandaise, s’habitue très bien à son nouvel environnement, s’est trouvé un passe-temps original.
Elle se poste sur le bord de la piscine des canards, qu’ils soient dedans ou non, et reste stoïquement perchée quoi qu’il se passe.
Quatre grands canards qui s’ébrouent, battent des ailes et envoient de l’eau partout, cela transforme le point d’eau en joyeux bazar… sans qu’elle semble s’en formaliser!
Elle ne bouge pas d’un millimètre, secoue à peine la tête pour chasser l’eau de sa huppe… et reste là, fidèle à la mission qu’elle semble s’être fixée.
Comble de tout: elle a réussi à se gagner l’admiration d’une disciple: Cannelle, la petite Padoue, a pris place hier à l’autre bout de la piscine qui , désormais, a donc deux piliers visibles.
Les animaux m’étonneront toujours!


Mon bureau est, comme toujours, le baromètre de mon emploi du temps.
Lorsqu’il est trop en ordre, la situation est inquiétante car synonyme d’oisiveté… ce qui est rare et ne me convient pas du tout.
En ce moment, il traduit l’effervescence des grands jours.
Je croule sous le travail, et je réalise que… cela me met d’une humeur délicieuse.
Cette fois pourtant, même si les dossiers s’entassent, je m’arrange pour que les piles soient gracieuses et rangées dans un ordre présentable.
On a sa dignité.

M. P.