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Théâtre

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Comment vous dire…
Quand un artiste que j’aime passe dans la région, c’est, pour moi, un peu comme si un vieil ami était de passage et nous disait: « On en profite pour passer une soirée ensemble? » 
Cela ne se refuse pas.
Hier soir, donc, mon Capitaine et moi étions présents au Théâtre du Crochetan pour « Rideau », le spectacle de Guy Bedos.
Il faisait doux, je n’avais pas pris de veste.
Un détail qui a son importance, ce que j’ignorais en arrivant.

Un roulement de tambour, un rond de lumière, et  Guy Bedos est arrivé sur scène en trottinant, ouvrant son spectacle sur  un: « C’est encore moi! ».
Et la salle a  applaudi, applaudi…
On y est attaché, à cet homme de révolte, de coeur et d’esprit…

Hier soir, dans le public, il y avait pas mal de malades.
Cela toussait un peu partout… y compris sur scène où notre hôte nous a avoué avoir un « petit quelque chose ».
Ce qui ne l’a pas empêché d’enchaîner ses sketchs et une longue revue de presse où chacun en a pris pour son matricule.
Aaah, Monsieur Sarkozy, comme vous lui manquez, à notre  Bedos…
Il vous appelle désespérément, comme une baleine appellerait son petit: « Nicolaaaaaas…. Nicolaaaaas… Revieeeeeennnnns….. »
Bien sûr, à la tête de la République, il y a celui aujourd’hui qu’il appelle Fanfan,  qu’il semble d’ailleurs bien aimer.
Mais, même s’il fait des bêtises lui aussi, ce n’est pas pareil.
Vous, pour lui, vous étiez parfait: il n’avait qu’à vous copier.
Dans sa revue des choses qui l’énervent, tout et tout le monde y passe, de gauche comme de droite.
Y compris Arnaud Montebourg dont il dit l’une des choses les plus justes que j’ai pu entendre à son sujet: « Je l’aime bien, mais il a un petit air..(il accompagne sa phrase d’une grimace et d’un geste précieux) de marquis! ».

Il s’embrouille un peu dans ses fiches, fait quelques allusions aux particularités de  la Suisse,  repart au petit galop sur ses chevaux de bataille: la Syrie, le racisme, la bêtise humaine, la politique française…
Pas par habitude, non.
Parce qu’il n’a jamais supporté aucune forme de racisme ou d’injustice.
Il cite Jacques Brel, qu’il a connu: « J’ai mal aux autres »…
Et on le croit…
Sur scène, on le suit dans ses  facéties, il nous fait rire, grommelle, s’indigne, s’énerve un peu, s’étend sur le sol de tout son long, précisant qu’il préfère se coucher là plutôt que sur le divan d’un psychanalyste, c’est plus hygiénique.
Il s’assied sur le bord de la scène, jambes pendantes, taquine le public qu’il semble bien aimer lui aussi…
Certains passages sont un peu longs.
Il s’en rend compte mais continue.
Après tout, zut, il est là pour s’exprimer.

Il nous fait la causette, glousse à certains de ses bons mots.
Puis arrive la fin du spectacle.
Après un rappel, il sort un mouchoir démesuré qui semble taillé dans un droit, et y enfouit son visage pour cacher ses pleurs.
Ce spectacle, c’est une tournée d’adieux.
Il nous propose donc de lui chanter « Ce n’est qu’un au-revoir »…
Précisant ensuite que ce n’est pas lui qui fait ses adieux mais nous!
Nous reverra-t-il?  C’est peut-être la dernière fois…
Que va-t-il nous arriver avant qu’il ne revienne?
Tant de dangers nous guettent, y compris sur la route du retour!
Sa manière à lui, douce et fine de nous faire comprendre que, bon… il a est né en 1934, quand même… alors un prochain spectacle, il faudra voir…
Il est pudique, tendre et grinçant, nous sortant de temps en temps une bonne grosse énormité dont il a le secret et qui provoque des « oooooh »! et des rires.
Il s’en va, oui.
Mais il y en a eu tant d’autres qui sont partis aussi… pour mieux revenir!
Donc, nous l’attendrons!

En sortant du théâtre, plus question de douceur: il pleut à verse.
Non, pas à torrent: il s’agissait d’un déluge.
Moi qui aime la pluie, je suis servie!
Sur la route du retour, en traversant les villages, nous avons vu les ruelles légèrement en pente dégouliner de ruisseaux nouveaux-nés.
Le ciel était zébré d’éclairs bleus, sans qu’aucun coup de tonnerre ne résonne.
C’était impressionnant…
Et j’ai repensé à Bedos qui jouait l’inquiétude au sujet de son public.
Pour nous, c’est bon, nous sommes rentrés entiers.
A votre tour, prenez soin de vous, Monsieur Bedos.

Martine Bernier

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C’était hier soir.
Un gros orage avait formé un torrent juste à côté de l’autoroute, provoquant un bouchon géant…  juste à l’heure où nous étions en route vers Lausanne.
Finalement, comme tous ceux qui étaient pris dans l’embouteillage comme nous, c’est in extremis que nous sommes arrivés au Théâtre de Beaulieu, à peine deux ou trois minutes avant que Paul Dewandre ne rentre en scène pour débuter son spectacle: « Les Hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus ».
C’est mon Capitain – qu, comme moi, avait regardé de larges extraits du spectacle sur Interne -, qui a eu l’idée d’y aller.
Comme il s’agissait de l’une des ultimes représentations, je n’ai pas hésité.

Avant d’être comédien, Paul Dewandre, Belge de souche et Français d’adoption, est, nous dit sa biographie, un véritable spécialiste des relations hommes-femmes.
En 1996, il assiste aux Etats-Unis à une conférence de John Gray, l’auteur du livre auquel son spectacle a emprunté son titre.
C’est pour lui une révélation.
Toutes les questions qu’il se posait au quotidien prennent un sens et reçoivent des réponses simples!

Il retourne aux Etats-Unis se former auprès de John Gray, puis organise des séminaires et des conférences et finit par écrire ce spectacle qui ne ressemble à aucun autre.
Nous participons à un cours ludique, rions beaucoup et ressortons avec l’impression d’avoir appris pas mal de choses sur le sexe opposé.
Le thème du spectacle, tout le monde le connaît: hommes et femmes viennent de deux planètes différentes, ne fonctionnement pas de la même manière et n’ont pas les mêmes attentes.
Le secret d’un couple équilibré?
Que chacun des deux connaisse les attentes de l’autre et y répondte en toute connaissance de cause. 
Paul Dewandre s’appuie sur des situations de la vie quotidienne pour étayer ses théories et… ça marche.

Ce spectacle est, nous a-t-il expliqué, le « cours de base ».
Il tournera jusqu’au mois de juin, puis sera remplacé par un cours plus approfondi.
Un deuxième opus approfondissant la question et apportant de nouvelles clés.

J’ai beaucoup aimé…
Le texte, brillant, l’acteur à la fois crédible et délicieux dans sa sautillante bonne humeur, la mise en scène bien enlevée, et le décor, simple mais magnifique avec ses boules et ses étoiles lumineuses, son tableau, et son petit squelette posé sur le bureau.
Une excellente soirée… qui aurait été meilleure encore si les fauteuils de Beaulieu étaient plus confortables!

Martine Bernier

 

Site de Paul Dewandre

Marie-Thérèse Porchet / Joseph Gorgoni (Photo parue dans la Liberté, signée DR)

Marie-Thérèse Porchet / Joseph Gorgoni (Photo parue dans la Liberté, signée DR)

Hier soir, rendez-vous au Théâtre du Crochetan, à Monthey avec mon fils aîné, qui vient de fêter son anniversaire, et sa compagne.
Cette année, mon cadeau d’anniversaire consistait à leur offrir deux places pour le nouveau spectacle de Marie-Thérèse Porchet.
Si vous êtes en Suisse et que vous avez besoin de vous changer les idées, allez-voir ce spectacle intitulé « 20 ans de bonheur ».
Marie-Thérèse y revient sur ses déjà 20 ans de carrière, sur les galères qu’elle a traversées, les gens qu’elle a rencontrés, ses projets… un pur bonheur.

J’écoutais le public avant et après le spectacle.
Tous disent la même chose: « on ne sait pas s’il faut dire « il » ou « elle » quand on parle de Marie-Thérèse! »
Pour les personnes qui ne la connaîtraient pas, c’est le comédien Joseph Gorgoni qui se cache derrière la perruque blonde et l’élégance très personnelle de cette dame à la voix perchée qui nous régale du récit de ses malheurs et de ses mésaventures depuis deux décennies.
Hier, il a démontré que le temps qui passe ne fait que consolider son talent.
Impertinente, piquante, sa Marie-Thérèse est fascinante et la prouesse de l’artiste exceptionnelle.
Ke duo Naftule -Gorgoni reste efficace jusque dans le moindre détail…
Jouant sur l’ambiguité du personnage, Joseph Gorgoni parsème son spectacle de chansons interprétées d’une voix magnifique, se lance dans des danses endiablées, dans des festivals de grimaces, toujours porté par un texte  percutant qu’il nous sert à la perfection.
Un texte qui est retravaillé et adapté aux endroits dans lesquels il joue, avec un sérieux travail de recherche de la vie locale, qui, à Monthey, a fait mouche à chaque phrase.
Résultat?
Une salle écroulée de rire du début à la fin… et un spectacle qui se termine en apothéose lorsque Marie-Thérèse revient pour le dernier salut, déclenchant une hilarité énorme.
Mais là… pour connaître sa botte secrète, il faudra aller voir son spectacle!

Martine Bernier

Marie-Thérèse Porchet