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Vie quotidienne

Depuis des années, je suis avec bonheur l’émission de Frédéric Lopez « Rendez-vous en Terre Inconnue ».
Je trouve cet homme inspirant, et son émission est à mes yeux la plus belle.
C’est donc avec une pointe de tristesse que j’ai appris qu’il passait le relais et qu’il ne serait plus que producteur de l’émission en question.
Dans la semaine, avec mon Capitaine, nous avons regardé le dernier voyage de Frédéric Lopez, qu’il a effectué en compagnie de l’astronaute Thomas Pesquet en Colombie, chez les Kogis.
Une merveille tout en pudeur et en retenue, riche en enseignements, à des années-lumière de la pitoyable soupe servie ordinairement par trop de  chaînes de télévision.
J’ai adoré, du début à la fin.
Partir avec un homme aussi particulier que Thomas Pesquet était un cadeau magnifique pour les téléspectateurs que nous sommes…
Après l’émission, Frédéric Lopez, a présenté son successeur, Raphaël de Casabianca qui partira à sa place désormais.
Et qui est déjà parti puisque la prochaine émission a été tournée.
Cet homme sensible devrait exceller dans son nouveau rôle.
Mas j’avoue que son prédécesseur me manquera, comme il manquera à bien d’autres…

Martine Bernier
 

Au début, j’ai cru à un gag… mais non: la ville allemande de Friedberg, où Elvis Presley a effectué son service militaire entre 1958 et 1960 a bel et bien décidé de lui rendre hommage d’une manière très originale.
Elle a installé trois feux pour piétons qui, lorsqu’ils  passent au vert, ne révèlent pas un simple petit bonhomme marchant, mais la silhouette du chanteur se déhanchant.
Lorsque le feu passe au rouge, la même silhouette se trouve derrière un micro.
Les feux se trouvent sur la place Elvis Presley de la ville et viennent compléter un ensemble puisque le rond-point situé à l’entrée de la ville accueille déjà une statue d’Elvis avec sa guitare.
L’Allemagne n’en est pas  son coup d’essai en matière d’hommages à de prestigieux habitants: Beethoven et Karl Marx ont déjà eu droit à des feux pour piétons dévoilant leurs visages à Bonn et à Trèves.
Mais le plus connu de tous est anonyme et s’appelle « Petit bonhomme des feux » (« Ampelmännchen »).
Il se trouve à Berlin et a acquis le droit de se retrouver sur une multitude d’objets et de bonbons…

Martine Péters (Bernier)

Lorsque j’étais journaliste régionale, j’ai un jour découvert une petite galerie dans la station des Diablerets (Suisse).
Elle s’appelait la Hotte et accueillait des expositions régulièrement.
J’avais été touchée par la petitesse de ce chalet minuscule dans lequel un groupe d’artistes et artisans locaux présentaient leur travail.
Mais j’ai surtout eu un coup de coeur pour celle qui était l’âme des lieux: Christine Fehr.
Avec le temps, je suis devenue une fidèle des lieux.
Je consacrais un article à chaque exposition, et j’adorais monter les découvrir, d’autant que Christine avait largement ouvert l’horizon de départ.
Désormais, c’était des talents de partout qui exposaient.
Un jour, je me suis sentie frustrée de ne pas parler davantage de certaines personnes que j’avais rencontrées au fil de mes articles.
L’emploi du temps d’une ou d’un journaliste est tel que, bien souvent, il n’est pas possible de passer autant de temps qu’on le voudrait à écouter celles et ceux que l’on rencontre… et que  l’on ne revoit souvent jamais.
Cela me frustrait.
J’ai donc décidé que j’allais écrire un livre, mon premier, dans lequel j’allais consacrer  un portrait à des personnes qui m’avaient touchée.
Et Christine en faisait partie.
Pour les besoins de l’ouvrage, nous nous sommes vues, nous nous sommes parlé plus intimement, puis, au fil du temps, j’ai fait la connaissance de son époux et de ses fils.
J’avais titré son portrait « Le Grillon de la Hotte ».
De  fil en aiguille, l’amitié s’est installée.
Avec ceux que j’appelais « la Bande des Diablerets », nous avons passé des moments merveilleux.
Nous avons tissé  de belles amitiés dont certaines durent encore aujourd’hui malgré la distance.
Christine était une femme très sensible, d’une générosité folle, tout comme son mari.
Ils accueillaient les artistes, les amis, les amis des amis pour des moments uniques.
Je me souviens de repas grillades dans leur chalet de montagne , de fous rires mémorables, de chants, d’énormes canulars, de beaucoup de joie, de longues conversations profondes, de moment de blues, aussi.

Ce matin, Jean, qui lui aussi fait partie de la Bande, m’a appris que notre Grillon de la Hotte nous a quittés vendredi.
L’impression de prendre un coup dans l’estomac… car même si la vie m’a éloignée, j’ai gardé la même tendresse pour ceux d’En Haut.
Ce matin, je pense à eux tous qui vont l’accompagner aujourd’hui pour son dernier voyage.
Coïncidence: pour les besoins d’une présentation, j’ai débuté samedi la lecture d’un livre de Stéphane Alix: « Après », consacré aux signes venus de l’après-vie.
Comme un souffle chaud…

Martine Péters (Bernier)