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Voyage

Nous avons décidé ce mardi de partir tôt pour filer à Saint Paul de Vence, que nous avions envie de découvrir avant l’arrivée massive des touristes.
Pour nous y rendre, Celui qui  m’accompagne a choisi de passer par la Promenade des Anglais, à Nice, histoire de me montrer ce lieu mythique.
Depuis hier, où nous avons commencé à faire quelques incursions dans cette ville, je suis séduite par une chose bien précise: l’architecture baroque de certaines maisons et autres monuments niçois.
Ce matin, même attirance pour les rares villas baroques qui survivent encore sur la promenade, à côté des horribles immeubles résidentiels, construits dans la plus pure tradition « bord de mer bétonné ».
Le charme parfois loufoque du baroque joyeux et libre me séduit, quel que soit le pays dans lequel il est installé.
De Nice, je retiendrai aussi le Négresco, les grandes maisons du port aux façades multicolores, les fresques, les mosaïques sur des demeures de tous styles.
C’est varié, coloré, exubérant…

Quelques kilomètres plus loin, changement radical.
Saint Paul de Vence a séduit tant d’artistes… il suffit de s’y perdre pour les comprendre.
Niché sur un éperon rocheux, le village aux vieux murs de pierre semble protégé du monde et du temps qui passe, derrière ses remparts.
Pourtant, des vagues de touristes le visitent chaque jour, en masse.
Ce matin, nous avons pu le découvrir dans une ambiance plutôt calme.
J’ai adoré cette atmosphère au parfum de Provence, dans les ruelles étroites noyées de verdure, d’arbres croulant sous les oranges…
Il est impossible de ne pas succomber au charme de cet endroit où les témoignages du passé cotoient la vie quotidienne.
Les ateliers d’artistes fleurissent un peu partout.
J’ai d’ailleurs fait une belle rencontre… mais cela, c’est une autre histoire.
Demain, nous retournerons dans ce lieu à part: nous n’avons pas tout vu…
 
Martine Bernier

 

D’où j’écris, je vois… la mer, des jardins et des palmiers!
Ce pourrait être pire…
Ce lundi matin, aux petites heures, nous avons pris la route des vacances.
Le col du Grand Saint Bernard et ses sommets enneigés, la descente sur l’Italie, avec les toits en ardoises des maisons du Val d’Aoste, le Piémont…
Nous roulons depuis trois ou quatre heures quand, au détour d’un tunnel, la Méditerranée apparaît.
Les genets et les ajoncs déploient leur or au bord des routes.
Pourtant, je suis frappée par autre chose: le nombre de forêts brûlées, par les arbres noirs, les terres lunaires et, par endroits, par les feuillus courageux qui repoussent et reverdissent les collines.
Chaque année, ces régions souffrent et craignent les incendies.
Nous arrivons sur la Côte d’Azur.
Comme à chaque fois que je me rends dans un endroit que je ne connais pas, je prends une indigestion d’images.
La mer si bleue, la végétation luxuriante, les fleurs abondantes, les cactus, les oranges dans les arbres, les maisons aux couleurs et aux architectures barroques, la côte surpeuplée, les bateaux, les immenses ferrys qui voguent vers la Corse.

Il faut prendre le rythme des lieux…

Martine Bernier

 

 

 Il y a quatre ans, j’ai été désignée pour accompagner un groupe de lecteurs de notre hebdomadaire « Terre et Nature » pour les accompagner lors d’un voyage en Ouzbékistan et au Kirghizistan.


C’était un très beau cadeau que me faisait là mon rédacteur en chef.

J’aime voyager, je n’ai pas hésité longtemps à accepter, faisant abstraction du fait que je vivais des événements personnels extrêmement éprouvants.
 
J’ai eu la chance de partir avec un groupe agréable.

Sur la place, la chaleur extrême (le thermomètre oscillait entre 45 et 50 degrés) nous a valu quelques mésaventures, mais avec le recul, ce sont des images magiques de ces pays lointains qui se sont mises en place dans ma mémoire.

Samarkand… le nom fait rêver.
La magnificence des monuments aux mosaïques turquoises et blanches m’a séduite.

Si le climat Ouzbek était très chaud en ce début d’été et que la misère poussait les mendiants à être à la fois nombreux et envahissants, la gentillesse de la population et la beauté du patrimoine culturel et architectural   étaient les plus beaux atouts du pays.
 

Je n’ai pas été touchée par Tachkent, la capitale.

Mais le circuit nous a entraînés dans deux villes que je n’oublierai jamais.

À 230 kilomètres de Samarkand,  Boukhara est une ville très riche en  monuments historiques: la citadelle, le mausolée d’Ismaïl Samani, les minarets… 

Nous y avons passé des moments très doux.

Mais c’est à Khiva que j’ai eu le coup de foudre du voyage.

L’atmosphère y était pourtant assez lourde d’un passé souvent cruel.

Ce qui ne m’a pas empêchée d’être fortement impressionnée par ce que j’ai vu là-bas.

Il a fallu traverser le désert pendant toute une journée avant d’arriver aux portes de la ville.

Le vent soufflait sur ce désert sans dunes, poussant le sable jusqu’à recouvrir la route.

Khiva se trouve au sud-est du Turkménistan.

Une ville briguée par plusieurs vagues de conquérants au cours de l’Histoire: Perses, Grecs, Arabes, Mongols, Ouzbeks, tous l’ont convoitée.

Aujourd’hui, Khiva reste un trésor.

C’est ici que, selon la légende, Sem, le fils de Noé, creusa le puits Keivah.

Les artisans, la fabrique de tapis où nous avons vu de très jeunes femmes travailler au milieu de ces fils de soie multicolores, les monuments somptueux: tout était incroyablement dépaysant.

Dans cette région aride est né  l’un des plus grands érudits d’Ouzbékistan Al-Biruni (973 – 1048 ou 1052), qui fut mathématicien, philosophe, physicien, astrologue, historien, pharmacologue, grand voyageur et esprit de génie qui fit avancer  les sciences dans plusieurs domaines.

La nuit, lorsque mes compagnons se retiraient dans leurs chambres, j’allais souvent  m’asseoir dans les endroits d’où je pouvais voir dormir la ville, à l’ombre des  énormes minarets.

Cette culture si différente de la nôtre m’a interpellée.

Dans ces lieux où les hommes ont dû se battre contre la nature, mais aussi contre d’autres hommes pour survivre, l’histoire est marquée par l’extrême violence et le raffinement intellectuel.

Je ne retournerai pas en Ouzbékistan.

Mais je garde en moi l’éblouissant souvenir de leur maîtrise de certains arts.

Martine Bernier