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Amélie Nothomb

Je lis les ouvrages d’Amélie Nothomb depuis sa première parution.
Et j’attends toujours avec impatience et curiosité celui qui sort chaque année en été, et que je présente ensuite… sur Ecriplume!
Cette femme étonnante a le chic pour m’étonner.
Cette fois, elle a fait plus que cela.
Je n’ai pas voulu lire ou écouter les interviews qu’elle a données avant d’avoir lu son livre, afin que la surprise soit totale.
Je ne savais donc pas que, pour écrire Soif elle s’est glissée dans la peau de… Jésus.
Lorsque je l’ai compris, j’ai été extrêmement mal à l’aise.
Je n’avais pas envie de ce sujet, pas envie de lire ce qui nous avait été enseigné pendant des années, pas envie de revivre encore et encore le calvaire que l’on a fait endurer à cet homme.
Mais je me suis accrochée.
D’un bout à l’autre, le malaise par rapport au sujet ne m’a pas quittée.
Et pourtant, j’ai la sensation, à présent que je l’ai terminé, d’avoir lu un roman philosophique important  dans lequel l’auteure a mis beaucoup d’elle-même.
Elle s’est glissée dans la peau de Jésus à partir de son procès jusqu’à sa mort, en passant par l’épisode atroce de la crucifixion.
Et ce que dit le personnage est passionnant: ses analyses, ses réflexions, que ce soit sur Judas, sur l’incarnation, sur l’amour, sur les hommes, sur les choses de la vie qu’il a aimées (ah, le doux passage de la pluie sur le toit…), sur les phrases qui lui seront attribuées dans les Evangiles mais qu’il n’a pas prononcées…
J’ai refermé le livre avec le sentiment qu’il était différent des précédents, plus fort, plus profond.
Jésus, cet homme qui a vécu il y a si longtemps et que la tradition religieuse nous a présenté comme une lointaine icône, prend ici une dimension humaine qui le rend plus attachant encore.
J’ai aimé ce livre.
Et, étrangement, alors que je l’ai terminé depuis plusieurs heures, il continue à évoluer en moi.
Certaines phrases me reviennent, j’en relis des passages.
J’ai été très interpellée par celui consacré à Judas.
Et notamment par ceci « Si je n’avais fréquenté que les autres disciples, j’aurais peut-être oublié que j’étais venu pour des gens comme Judas: les problèmes vivants, les faiseurs d’embarras, ceux que Simon appelle les emmerdeurs. »

Martine Péters


 


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Cela commence à se savoir: comme pour le retour des hirondelles, les premières cerises ou l’arrivée des châtaignes, j’attends chaque année la sortie du dernier roman d’Amélie Nothomb avec curiosité et impatience.
Car, outre le bonheur de retrouver cette écriture précise et fine, elle a le don de surprendre ses lecteurs avec des scénarios inattendus, et n’a pas son pareil pour décrypter les méandres des relations humaines.

Cette fois, son ouvrage porte un titre inspiré de Musset  (« Ah! Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie ») et trempe sa plume dans une encre incisive pour nous offrir un roman axé sur les femmes.
Marie, la plus jolie jeune fille de sa ville de province savoure l’envie qu’elle suscite chez les autres femmes et se plaît à être l’objet de toutes les attentions masculines.
Enceinte, elle se marie sans en avoir vraiment envie avec Olivier, futur pharmacien et parti des plus prometteurs.
Leur bébé, Diane, est une beauté dont tout le monde tombe amoureux… sauf sa mère qui en devient si jalouse qu’elle est incapable de ressentir pour elle autre chose que de la jalousie.
Ce qui ne sera pas le cas pour les deux enfants suivants qui eux, auront droit à toute l’affection maternelle.
Que va devenir Diane privée de cet amour essentiel?

Comme dans chacun de ses meilleurs titres, Madame Amélie nous capture et nous captive sans faillir, pour ne nous relâcher qu’une fois la dernière ligne terminée.
Car la fin est surprenante et la trame concerne chacun de nous puisqu’elle nous parle de beauté, de jalousie, de narcissisme, de goût des études, et de ces rapports parfois si complexes parents-enfants.

Et comme à chaque fois que je termine un des livres de cette plume si particulière, je n’ai qu’une envie: relire les précédents en attendant le suivant!

Martine Bernier

 

Frappe-toi le coeur, d’Amélie Nothomb, Albin Michel, également disponible aux Editions France Loisirs.

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Je n’ai évidemment pas manqué le rendez-vous…
Dès que le nouveau livre  d’Amélie Nothomb est sorti, je me le suis procuré.
Moi qui ne lis pratiquement jamais de roman, je continue à ne manquer aucun des siens.
135 pages de fin délire, d’écriture maîtrisée faisant monter une intrigue complètement improbable.
Et c’est ce qui le charme de ces minces ouvrages.
Ils sont toujours des friandises qui se dégustent trop vite, hélas…
A chaque fois que je me laisse entraîner par l’une de ses histoires, je me demande ce que la dame en question va bien pouvoir trouver comme chute pour nous sortir sans trop de dommages de la situation scabreuse dans laquelle elle a plongé son héros.
Parce que cette fois encore… ce n’est pas piqué des vers!
Après qu’une voyante lui ait annoncé qu’il allait tuer l’un des invités qu’il allait prochainement convier à sa garden-party, le comte de Neville, prenant presque cette prédiction comme un ordre, n’a de cesse de trouver lequel il va occire.
Jusqu’à la fin qui, en deux petites pages vives, réserve une chute que l’on n’attendait pas.
Traditionnellement, comme pour chacun des romans d’Amélie, les uns aiment, d’autres pas.
Pour ma part, j’ai aimé naviguer dans le monde de l’aristocratie belge, que la femme de plume connaît bien, elle qui porte le titre de baronne.
J’ai aimé suivre le fil de la réflexion tordue de ce comte influençable, imaginer le pire savamment sous-entendu pour expliquer le mal-être de sa fille cadette.
Et la fin m’a fait sourire…

Moins de deux heures de lecture bonheur  que j’aurais aimé plus longues… comme toujours!

Martine Bernier