juin 2019
L M M J V S D
« Mai    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

Catégories

amitié

Ce matin, en ouvrant ma boîte mail, un message m’attendait de mon ami Breton. 
C’est à chaque fois une joie de retrouver celui qui a fait partie de ceux qui m’ont maintenue à flot à une période où j’étais très cassée.
Un peu plus tard, j’ai appelé mon autre ami, Breton lui aussi, qui passe sa vie au volant de son camion, sur les routes de France.
Même avec la distance, les liens sont toujours là, autant avec l’un qu’avec l’autre.
J’ai partagé des moments forts et très différents avec ces deux hommes qui ont un point commun: ils ont un coeur d’or.
Le premier m’a accompagnée dans certains de mes reportages parisiens, et m’a permis de vivre de jolis moments, m’entourant  de sa présence discrète et chaleureuse.
Le second a été mon ange gardien pendant des mois, veillant sur moi et  héritant à jamais du titre de « Petit Frère ».

En lisant les mots de l’un et en écoutant la voix de l’autre, puis en découvrant les messages de mon cousin belge qui jouera un rôle essentiel lors de notre mariage, je me suis dit que j’ai de la chance…

Martine Bernier

Je me souviens d’un film avec Richard Berry, dans lequel il parlait de la fameuse histoire du « Qui porterait le mort avec moi? ».
En gros, il s’agir de savoir si l’on a la chance d’avoir dans son entourage, des amis qui accepteraient de cacher le cadavre avec vous, sans poser de questions, si, par malheur, vous deviez tuer quelqu’un.
Ce qui, avouons-le, serait fort ennuyeux.

Longtemps, j’ai repensé à ce cas de figure en m’interrogeant.
A qui m’adresserais-je si je devais être confrontée à ce genre de situation??
J’avais beau me poser la question, je n’étais jamais satisfaite par la réponse.
Et j’ai fini par comprendre pourquoi.
Au fil du temps, j’ai affiné la réflexion.
Quoi qu’en dise le personnage qu’interprétait Richard Berry, la personne qui m’aiderait à me débarrasser du macchabée ne serait pas un ami mais un inconscient chevaleresque ou parfaitement idiot. 

Admettons que j’aie dans mon entourage une ou deux personnes capables d’effectuer ce geste avec et pour moi.
Cela voudrait-il dire pour autant que ce sont de véritables amis?
Heu… aujourd’hui, j’en doute.
Un véritable ami, plutôt que de partir dans un délire collectif à l’issue très improbable, réfléchirait sans doute à la meilleure des solutions.
Et « porter le mort avec moi »  pour le déplacer dans un endroit discret ne serait pas la bonne idée.

J’ai donc réfléchi plus loin.
Ai-je dans mon entourage quelqu’un auquel je pourrais m’adresser pour m’accompagner vraiment en cas de besoin?
La réponse est oui… plusieurs noms me sont venus à l’esprit et m’ont déjà prouvé qu’ils sont là, et bien là.
Oh, pas beaucoup, non: ils tiennent sur les doigts d’une main ou à peine plus.
Et m’ont déjà prouvé qu’ils étaient vraiment là, solides.
Donc: quelle chance j’ai d’avoir des amis qui… ne porteraient pas le mort avec moi, mais m’aideraient à assumer mon geste! 
Tout en sachant que si j’avais la malencontreuse idée de commettre un jour une grosse bêtise quelle qu’elle soit, même par maladresse,  selon toute vraisemblance,  l’aide demandée, je me prendrais d’abord un solide et bienfaisant savon maison!

Martine Bernier
 

L’amitié à cela d’exceptionnel qu’elle ne se formalise pas du temps qui passe, des périodes d’absence, des éclipses, des changements.
Lorsque j’étais en Bretagne, Fred a été l’un de mes anges gardiens, celui qui m’a préservée, protégée,  soutenue.
Depuis mon départ, il était venu deux fois en Suisse me retrouver.
Ce voyage est le troisième en trois ans, qu’il a effectué avec les enfants, mais malheureusement sans son épouse, qui n’a pas pu prendre congé pour se joindre à nous.

Dans une  vie, nous avons tous beaucoup de relations, de nombreux « copains », et, si nous avons de la chance, quelques amis.
J’ai ce bonheur.
Quelques amis très fidèles, que je ne vois parfois pas pendant longtemps, mais dont les vies rejoignent la mienne avec, toujours, le sentiment de s’être quittés la veille.
C’est le cas de Fred.

Il fait partie de ma « famille », de mon clan, au même titre que les siens, que ceux que j’aime, qu’il soient ou non géographiquement proches.
La complicité revient dès que nous sommes remis en présence, le bonheur tout simple d’être ensemble, de partager des moments de rires, de gravité, de découverte, de confidences.
Ils sont rares ceux dont je sais qu’ils ne quitteront jamais ma vie.
Ils sont des rochers que rien n’arrive à user. 

Tandis que je vis avec mes trois Bretons  et mes proches des moments privilégiés, partagés avec Celui qui m’accompagne, à l’aise comme un poisson dans l’eau avec la Tribu élargie, j’ai une pensée de tendresse pour ceux de là-bas qui ne sont pas des nôtres aujourd’hui.
Béa, Thierry, tous ceux qui ont contribué à me redonner le goût des choses.
Et je n’oublie pas ceux qui, grâce à leur présence quasi quotidienne, m’ont appris et m’apprennent encore  que l’amitié existe aussi entre des êtres qui ne se sont jamais rencontrés.
Ou du moins pas encore!
Dominique, Kty, Jean-Paul et quelques autres.

L’amitié… un lien décidément incroyable…

Martine Bernier