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Bichon havanais

Dire que Pomme est très occupée est bien en-dessous de la réalité.
Lundi matin.
Alors qu’il est très tôt et qu’elle m’a entendu bouger, Pomme file se poster devant l’escalier pour bien me faire comprendre qu’elle veut commencer sa journée.
Je lui réponds par un léger grognement et je ne bouge pas, dans l’espoir de pouvoir grignoter quelques minutes de sommeil en plus.
C’était compter sans mon Mogwaï.
De retour dans la chambre, il se glisse dans son panier et… commence à soupirer à intervalles réguliers.
En désespoir de cause, je rends les armes:
Ca va,  j’ai compris: je me lève. Mais laisse-moi faire le lit et ma toilette!
Une fois sortie de la salle de bain, je retrouve Pomme  postée devant l’escalier qu’elle descend à toute vitesse.
Elle se dirige vers la cuisine pour pouvoir sortir du côté de la véranda, mais je l’interromps dans sa course:
– Non, je vais t’ouvrir le bureau, ça ira plus vite!
Elle fonce dans le bureau et sort dans le jardin pendant que je vais ouvrir le reste de la maison.
Une fois dehors, pas de Pomme.
Il me faudra quelques secondes pour constater qu’elle est partie vérifier si tout va bien du côté de la Cabane de la Chouette dont elle s’est attribué le rôle de gardienne en chef.
Quatre personnes peuvent y loger, mais je crois que Pomme prend cette cabane pour sa niche…
Je file chez mes poules, m’en occupe et rappelle Pomme dans la maison.
En lui donnant son biscuit matinal, je lui annonce:
– Tu sais, je viens d’appeler le vétérinaire. Nous avons rendez-vous à 16 heures. Et cette fois, cette une double visite: une pour Kiwi et une pour toi. Tu viens aussi…
Je vois à sa réaction qu’elle a compris.
Elle sait très bien qui est le vétérinaire, qui est Kiwi et ce que veut dire « tu viens aussi ».
La encore, sa réaction a été claire: elle s’est dirigée vers mon bureau, s’est installée dans son panier et a affiché une mine désapprobatrice.
Pourtant, je n’ai pas le choix.
Pomme prend de l’âge, elle aura dix ans en novembre et commence à boiter légèrement.
Quant à Kiwi, son problème d’arthrite dans la patte n’est pas réglé.
Vu le nombre de soins médicaux que j’ai déjà sollicités pour mes poules, je me dis qu’elles pourraient au moins pondre des oeufs en or pour m’en remercier!

Martine Péters

C’est le matin, Pomme! Bonjour, ma puce!
Dans son panier placé près du lit, Pomme tourne la tête vers moi et la pose sur le rebord de sa couche pour me regarder sans effort.
Je la caresse, elle me lèche la main puis, une fois que je me suis levée, s’étire de tout son long en cambrant  bien son dos.
Sa journée peut commencer.
Un quart d’heure plus tard, je descends au rez-de-chaussée et, connaissant son impatience à voler dans le jardin sans perdre une minute, je la laisse sortir par mon bureau avant d’ouvrir les volets et la véranda.
Quand j’arrive enfin dans la dite véranda où je commence par ouvrir la porte-fenêtre principale, Pomme attend dehors, derrière celle qui donne en direction du poulailler.
Je la lui ouvre, elle entre, passe devant moi et… ressort par l’autre porte pour poursuivre son exploration matinale du jardin!
Elle aurait pu contourner la véranda, mais non!
Je file m’occuper de mes poules, ce qui prend un bon quart d’heure, et je reviens avec les abreuvoirs pour les nettoyer et les remplir.
J’en profite pour appeler Pomme qui, comme à son habitude quand elle est occupée, ne donne pas signe de vie.
Je n’aime pas ne pas l’avoir dans mon champ de vision.
J’ai peur qu’elle ne mange quelque chose qu’elle ne doit pas avaler et que cela la mène une fois encore chez le vétérinaire.
Une fois, deux fois… au troisième appel, elle revient en trottinant regardant à gauche, à droite pour vérifier chaque fleur, chaque pierre.
A peine me jette-t-elle un petit regard poli, l’air de dire: « Ouiiiii? Tu m’as appelée? »
Elle entre dans la véranda puis dans la cuisine et se poste vers son « armoire à nonosses ».
Comme je n’arrive pas, occupée avec mes abreuvoirs, elle me rejoint et m’observe d’un air réprobateur.
– Alors quoi? On m’appelle et, quand je viens, on ne s’occupe pas de moi?
J’arrive: je vais donner cela aux poules et je te donne ta récompense du matin!
Elle a compris.
Elle m’attend, assise en bouddha à l’entrée de la pièce, puis me précède vers son meuble  où je lui donne  sa friandise.
Elle court ensuite retrouver le malheureux mouton en peluche qui reste l’un de ses doudous favoris… et qui, vu son état, se serait bien passé de cet honneur!
Elle le jette en l’air, le rattrape au vol, le secoue… bref, la routine d’une vie de pauvre doudou canin.
Entretemps, mon Capitaine nous a rejointes.
Pomme est heureuse… et cela se voit dans chacun de ses gestes.
Elle va boire l’eau de sa gamelle, file sur son coussin, au salon, pour s’essuyer la bouche, revient en courant et multiplie les indices de petit bonheur…
Je rappelle qu’elle aura dix ans cette année…
Et j’espère qu’elle restera en forme et heureuse de vivre le plus longtemps possible…

Martine Péters

Le panier de nuit de Pomme prend de l’âge, à tel point qu’il est devenu informe.
J’ai donc décidé de lui en offrir un autre pour que ses nuits, déjà très perturbées par la toux persistante qui ne me lâche pas depuis des mois, soient au moins confortables à défaut d’être silencieuses.
Vendredi, de retour au Grand Nid avec mon cadeau, je l’invite à me suivre à l’étage où, sous son regard intéressé, je troque son vieux panier contre un autre, flambant neuf.
Il est moelleux à souhait, suffisamment grand pour qu’elle puisse y prendre ses aises.
Pomme connait parfaitement le sens du mot cadeau…
Elle sait que si nous lui offrons quelque chose, elle pourra en prendre possession sans restriction.
Elle s’est donc approchée du panier en question, l’a reniflé puis tâté du bout de la patte avant de l’essayer.
Installée dans son nouveau « lit », elle a semblé satisfaite. 
J’ai donc pris l’autre panier et j’ai été l’installer dans une autre pièce, toujours à l’étage, pour qu’elle puisse l’occuper si elle en a envie lorsqu’elle s’y rend.
S’il connaît le sens du mot cadeau, mon Mogwaï a également une notion développée de la propriété.
Il m’a suivie, collant ses pas aux miens et, dès que j’ai posé le panier sur le sol, il s’y est installé comme pour me faire comprendre qu’il lui appartenait également et qu’il était hors de question qu’il s’en sépare.
Je l’ai rassurée: elle n’aura pas à choisir…
Le soir venu, elle est montée me rejoindre dans la chambre.
Dans un premier temps, elle s’est couchée… sur le sol, à côté du panier neuf.
Mais dans la nuit, j’ai réalisé qu’elle avait  adopté le nouveau venu.
Elle y dormait, visiblement satisfaite de son sort…

Martine Péters