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Bichon havanais

En début de soirée, la sonnerie de la porte d’entrée résonne: mon fils aîné nous fait une visite impromptue en compagnie de son petit Aurélien.
Une bonne surprise pour nous… mais, dans un premier temps, pas pour ce petit bonhomme d’un an et demi environ qui ne nous a pas revus depuis plusieurs mois et qui verse toutes les larmes de son corps.
Nous sommes tous désolés et tentons de le rassurer, de ramener son sourire… sans résultat.
Jusqu’au moment où Pomme, accepte de rentrer en scène.
Je me suis assise sur un pouf, à côté de la chaise pour bébé dans laquelle se trouve notre petit visiteur pleureur.
Pomme, elle, alertée par ces larmes, tournent autour de nous, visiblement inquiète.
Et accepte de venir sur mes genoux d’où elle s’intéresse à ce chagrin qui semble l’interpeller.
Elle tend le cou vers Aurélien qui, les yeux ronds, me regarde en la désignant du doigt et en lançant des « oh » de plus en plus enthousiastes.
Puis il la caresse, accepte ses câlins, rit de ses léchouilles.
Quelques instants plus tard, le quatrième de nos petits-enfants (si je tiens compte de l’ordre chronologique!) rit et semble plus à l’aise.
Mon Mogwaï a encore accompli un petit miracle en réussissant là où l’importe quel bipède aurait échoué!

Martine Bernier

 

Cela faisait quelque temps déjà que Pomme et moi ne nous étions pas retrouvées en tête-à-tête pour la soirée.
Hier, alors que c’était le cas, j’avais quelques projets pour occuper notre temps.
Des projets tout bêtes… mais délicieux!
Mon régime de semi-liberté me pèse, mais il y a des compensations.
A ma petite ombre noire qui me regardait avec curiosité, j’ai expliqué:

– Bon, j’ai fini de travailler pour aujourd’hui! Tu sais ce que nous allons faire, ce soir, après ta dernière sortie? Plateaux télé, squat au salon, pile de magazines qui attendent que je les lise et visionnage de l’émission dont je n’ai pas vu la fin!

Assise à côté de moi, elle penche la tête sur le côté comme si elle se posait des questions… que j’anticipe à ma manière:

– Oui, plateaux-repas au pluriel: tu auras ton assiette aussi. Et je comprends que tu t’interroges: lire et suivre un programme en même temps, ce n’est pas très sérieux… mais si je décroche, tu me raconteras!

Sortie sous la neige dans une atmosphère froide qui n’arrange pas la fin de la grippe s’est invitée ces derniers jours… et nous remontons au pas de course au Nid.
Passage par la cuisine et retour au salon.
Je pose sur le sol  la gamelle de Pomme qu’elle vide avec une rapidité surprenante, avale un repas léger, range les plateaux  et reviens avec  mes magazines.
Dans le canapé, j’explique à Pomme, en prenant la télécommande:

– Voilà, j’ai tout! Et toi?

Allez savoir ce qui lui est passé par la tête…
Elle a couru chercher son mouton, retrouvé le matin même alors qu’elle pensait l’avoir égaré, l’a posé à côté de moi sur le canapé, puis est repartie prendre sa balle en peluche préférée, qui a suivi le même chemin.
Elle s’est ensuite couchée au milieu de ses jouets, la balle entre les pattes.
Au regard qu’elle m’a lancé, j’ai compris qu’elle était de très bonne humeur.
Je l’ai caressée en lui soufflant:

– Tu sais, si tu en as assez de jouer avec tes peluches, dis-le moi: je peux te prêter un bouquin…

Martine Bernier

Cela se passait en début de semaine, un soir où Pomme et moi nous trouvions en tête-à-tête en l’absence de notre Capitaine.
Il faisait nuit noire lorsque je l’ai emmenée dehors pour une dernière promenade.
Nous ne nous sommes pas absentées plus de dix minutes: elle n’aime pas les sorties nocturnes.
De retour au Nid, je refermais la porte lorsque j’ai entendu un charivari fou dans le salon où Pomme s’était rendue en droite ligne.
Elle courait, jappait, s’énervait: bref, il se passait quelque chose d’anormal.
Je me suis précipitée et j’ai vu passer devant moi une forme rousse.
C’était un chat, terrorisé, aux trousses duquel Pomme s’était lancée.
J’ai attrapé mon Mogwaï au vol.
Elle se débattait pour retourner auprès du chat qui s’était réfugié dans mon bureau.

– Pomme, non! Ca suffit!

Elle m’a jeté un regard tellement indigné que je m’en souviens encore.
Il disait:
– Lâche-moi! Il n’a rien à faire là, ce chat!!

Elle n’avait pas tort, notez…
Ce qui m’intriguait, c’était de savoir comment il avait pu entrer.
Je n’avais pas refermé complètement la porte de l’appartement, ça, c’est une certitude.
Mais la porte de la maison, elle, se referme automatiquement, et trop rapidement, je pense, pour qu’il ait pu se glisser à l’intérieur sans que je le voie, lorsque je suis sortie.
Enfin c’est ce que j’imaginais.
Alors?
Sans doute s’était-il enfermé au sous-sol lorsque les garages étaient ouverts.
Mais il ne me semblait pas avoir vu la porte d’accès ouverte…
L’heure n’était pas à l’enquête: il fallait que je règle la situation.
Mon malheureux visiteur était paniqué, et Pomme bien trop énervée pour se comporter de manière civilisée.
D’ailleurs, même si je sentais qu’elle commençait à se calmer, remuant la queue en regardant le chat, je pense qu’elle se serait pris un bon coup de griffe si elle avait eu le malheur d’aller lui proposer de « faire Schmolitz »! *
J’avais presque envie de rire…
Je me retrouvais debout à l’entrée de mon bureau, mon chien surexcité dans les bras et, caché sous mon bureau, un chat apeuré qui devait se demander ce qu’il était venu faire dans cette galère.
L’équation était d’arriver à convaincre ce petit Garfield à sortir sans que Pomme ne se lance à sa poursuite.
Je savais que si j’arrivais à le relâcher dans le jardin, Pomme filerait derrière lui.
Et retrouver un chien noir dans l’obscurité…  l’expérience ne me tentait pas vraiment.
J’ai tenté d’enfermer mon Moogwaï dans la cuisine.
Mais c’était sans tenir compte de son degré d’ingéniosité: elle a réussi à filer avant que je ne ferme la porte.
Et le chaos recommençait…
Finalement, comme je ne me voyais pas passer la soirée en safari, j’ai rattrapé Pomme et ai réussi à l’enfermer dans la chambre où elle jappait et gémissait à qui mieux mieux.
Restait le chat…

J’ai ouvert la porte d’entrée de l’appartement, ai essayé d’approcher doucement du petit personnage en question qui, comme je le prévoyais, a fui dans le couloir.
Hop.
Il me suffisait de refermer la porte derrière moi et d’ouvrir celle de l’entrée.
Dès qu’il a vu que le chemin vers la liberté était à nouveau ouvert, il s’est élancé.
De retour au Nid, j’ai relâché Pomme qui a passé la soirée à renifler chaque recoin de l’appartement.
SON territoire.
A mon avis, le jour où elle invitera un chat à une soirée-pyjama n’est pas encore arrivé.

Martine Bernier

* Pour ceux qui ne connaitraient pas l’expression: elle désigne simplement la tradition de croiser les verres, de les vider de leur contenu et de se tutoyer ensuite, en Suisse Romande!