décembre 2018
L M M J V S D
« Nov    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Catégories

Fondation Gianadda

Claude Monet: "Coucher de soleil à Etretat" 1883

Claude Monet: « Coucher de soleil à Etretat » 1883

Mercredi matin.
Nous profitons d’un creux dans nos emplois du temps pour nous rendre à la Fondation Pierre Gianadda, découvrir l’exposition qui y est accrochée jusqu’au 11 juin 2017: Hodler, Monet, Munch, peindre l’impossible.

J’avais aimé effectuer des recherches pour étoffer l’article de présentation que j’avais pu lui consacrer dans le magazine Générations.
J’avais repéré certains tableaux incontournables, et l’envie de découvrir ceux que je ne connaissais pas était forte.

Hodler: "Le promeneur à l'orée du bois" 1885

Hodler: « Le promeneur à l’orée du bois »

Il y avait un risque: j’aime tellement les tableaux de Claude Monet… n’allaient-ils pas éclipser, du moins à mes yeux, ceux du Suisse Ferdinand Hodler et du Norvégien Edvard Munch?
Ma crainte était infondée.
Dès les premières toiles accrochées, la démarche du commissaire de l’exposition  Philippe Dagen se dévoile, intelligente et fine.
L’équilibre de l’ensemble a été préservé, les toiles choisies pour se côtoyer sont d’une qualité remarquable, toutes signatures confondues.
Ces trois artistes pourtant si différents, avaient une obsession commune: le désir de reproduire les phénomènes naturels les plus difficiles tels que la blancheur et l’éclat de la neige, les rayons aveuglants du soleil, les reflets mouvants de l’eau…
Tous trois ont poussé à l’extrême les limites de leur art.
Et ce qu’ils ont pu obtenir en utilisant de simples couleurs est admirable.

Munch: "La Seine à Saint-Cloud"

Munch: « La Seine à Saint-Cloud », 1890

Le but de l’exposition n’est pas de détailler les carrières des trois hommes, mais bien de permettre à leurs oeuvres de se rencontrer, de se confronter, révélant mieux que n’importe quel discours la démarche personnelle de chacun des trois peintres.

Cette exposition a été réalisée avec la collaboration du Musée Marmottan Monet,  à Paris, où elle a été présentée cet hiver, et en collaboration avec le musée Munch d’Oslo, en Norvège.

En quittant la Fondation, je mesurais une fois de plus la chance qui nous est donnée de pouvoir visiter des expositions aussi belles et d’une telle qualité à deux pas de chez nous.

D’autant que, au cours de cette visite, j’ai revu un tableau mythique, celui que je n’espérais pas voir à Martigny: le désormais légendaire Impression, Soleil levant de Monet.
Pour le moment, c’est une copie qui est exposée, mais l’original sera bientôt là…
Mais il s’agit là du contenu du prochain texte que Monet m’en voudrait de ne pas écrire…

Martine Bernier

890-picasso2016001

Jacqueline aux jambes repliées 1954

La semaine dernière, nous avons effectué une visite à la Fondation Gianadda.
Il s’était passé trop longtemps depuis notre dernier passage, j’étais heureuse d’y retourner, d’autant que l’exposition présentée cet été est prestigieuse: Picasso, l’oeuvre ultime Hommage à Jacqueline.

Je lui ai consacré un article dans le magazine Générations du mois de juin, que je diffuse ci-dessous.
Mais la découvrir a été un moment particulier.

Des expositions consacrée à l’oeuvre de Picasso, j’en ai vues beaucoup.

Femme assise au chapeau jaune et vert, 1962

Femme assise au chapeau jaune et vert, 1962

Celle-ci est l’une de celles qui me touche le plus, par les tableaux, les sculptures et autres objets exposés, par la richesse picturale qui est née de cet  amour pour Jacqueline, décédée en 1986.

Elle l’a inspiré au point d’habiter son oeuvre de façon persistante.
Même les personnes qui ne sont pas particulièrement sensibles au style de Picasso ne peuvent qu’être marqués par la variété et la qualité de ce qui est exposé…

Martine Bernier

Quand Picasso aimait Jacqueline…

Du 18 juin au 20 novembre 2016, la Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, propose une exposition événement: Picasso, l’œuvre ultime – Hommage à Jacqueline.

Dernière épouse de Pablo Picasso, Jacqueline Roque lui a été inlassablement dévouée, lui a servi de modèle, de muse, et a veillé à son bien-être durant les vingt dernières années de son existence. Lors de leur rencontre, en 1953, Jacqueline a 27 ans et le peintre 72. Ils vivront leur amour sur la Côte d’Azur et se marieront huit ans plus tard. Comme toutes les femmes du peintre, elle devient un personnage récurrent de son travail.

En consacrant son exposition estivale à un ensemble exceptionnel de peintures, gravures, linogravures, céramiques et sculptures issues de l’œuvre tardive de Picasso, la Fondation Pierre Gianadda rend hommage à Jacqueline Picasso disparue le 15 octobre 1986. A ses côtés, Picasso a fait fusionner sa vie et son art, faisant figurer son épouse pas moins de 160 fois dans son œuvre. Remarquable par sa richesse et sa diversité, l’exposition visite tous les aspects du talent de l’artiste. Jacqueline habite à jamais l’œuvre de son illustre époux, qui, durant cette période de sa vie, a également revisité avec curiosité et audace les maîtres du passé. A découvrir jusqu’au 20 novembre à Martigny.

Martine Bernier

Fondation Pierre Gianadda:Picasso, l’œuvre ultime – Hommage à Jacqueline.
Du 18 juin au 20 novembre 2016,  tous les jours de 9 h à 19 h

Fondation Pierre Gianadda
Rue du Forum 59
1920 Martigny (Suisse)

Générations

Les pique-niqueurs du demandé, Elisheve Endel (Photo Martine Bernier)

Les pique-niqueurs du demandé, Elisheve Endel

Pour le dernier jour de ce week-end consacré à Kim, j’ai proposé de lui présenter pour la première fois la Fondation Gianadda.
Je lui en avais déjà souvent parlé, et il savait que c’est un endroit magique, pour moi.
Je ne voulais pas l’y emmener trop tôt: il fallait qu’il soit prêt à apprécier ce qu’il allait voir.
Avant de partir, il m’a rejointe dans mon bureau où je lui ai offert deux marque-pages, tous deux à l’effigie de statues que l’on croise dans le jardin de la fondation: le Pouce de César, et les Nanas de Niki de Saint Phalle.
Dans la voiture, je lui ai parlé des sculptures qui ornent désormais chaque rond-point de Martigny, du passé romain de la ville, des vestiges retrouvés…
J’avais une petite appréhension: bien sûr, lorsque nous en parlons, Kim se montre intéressé par la peinture et l’Histoire.
Mais comment réagirait-il une fois sur place?

Et bien… il m’a surprise…
En franchissant les quelques mètres qui séparent le parking de l’entrée, il m’a demandé pourquoi « le monsieur qui a fait le musée l’a créé. »
Je lui ai raconté l’émouvante histoire des deux frères,  Pierre et Léonard Gianadda.
Les montrer à Kim a été l’une des premières choses que j’ai faites  en entrant dans la Fondation.
Il était important qu’il sache à qui nous devons ce lieu unique.
D’entrée, dès que nous avons commencé à visiter les expositions,  il a sorti un petit carnet de sa poche, m’a demandé un stylo et… a pris des notes.
Nos longues conversations concernant la culture, concernant le fait qu’il sera riche de tout ce qu’il verra, écoutera et retiendra, tout cela semble avoir porté ses fruits.
Il est parti à la découverte de la fondation en véritable mini aventurier.
Nous avons commencé par la partie historique, mettant en valeur les vestiges, les statues  et les objets romains retrouvés.
Puis nous sommes descendus à la rencontre des tableaux avant de voir la très belle collection de voitures anciennes.
Un jus d’orange avant de nous attaquer au jardin… et pendant cette pause, nous avons repéré les sculptures qu’il avait le plus envie de voir, grâce à un plan très ludique.
J’ai réalisé très vite que, du haut de ces huit ans, il avait envie… de tout voir.
Nous avons donc fait le tour du jardin en affrontant la glace venue prendre possession des portions d’allées les moins exposées au soleil.
Chaque oeuvre d’art était prétexte à découverte, à une photo, chaque escalier descendant vers les ruines romaines a été exploré..
Les canards d’ornement qui nagent sur le petit étang que ne se lasse pas de contempler la « Femme sur un banc », de G. Segal, ont été eux aussi l’occasion d’un moment joyeux et frais…
Même les noms des arbres inscrits sur de petits panneaux ont intéressé notre mini compagnon, sans que nous ayons eu besoin d’attirer son attention sur eux.
Midi approchant, nous avons proposé à Kim de prendre notre repas sur place.
Nous étions les seuls clients, en ce dimanche piquant de février, profitant de la grande véranda chauffée du pavillon Léonard de Vinci que nous avons visité une fois le déjeuner terminé.
Nous voulions encore passer par l’amphithéâtre de Martigny, datant de l’époque où elle était encore ville romaine appelée Claudii Vallensium.
Le lieu a enchanté Kim qui, tout au long de la matinée, a semblé passer de surprise en surprise.
Avant de quitter la belle Romaine, un dernier crochet par le giratoire qui accueille le Minotaure de Hans Erni.
La boucle était bouclée…

Plus tard, alors que nous le raccompagnions chez lui en revenant sur les épisodes vécus au cours de ces trois jours, j’ai demandé à Kim ce qu’il avait préféré.
Sa réponse a fusé: « La Fondation! Et puis le tournoi  de jeux, et puis le zoo, et puis… »
Je lui ai dit: « Si tu veux, nous pourrons retourner avec toi à la Fondation pour que tu puisses voir les prochaines expositions… »
Il était emballé.
Et moi… soulagée!
Je me serais senti très coupable si cette première visite l’avait dégoûté des lieux d’art…

Martine Bernier