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Laurent Delahousse

Etre journaliste de télévision est un métier difficile.
Lorsque  j’étais encore à l’école de journalisme, des cours en « tronc commun » nous avait permis, à nous, plumitifs de la presse écrite, de nous frotter à l’exercice.
J’avais notamment été impressionnée par l’exercice consistant à synchroniser un texte sur un mini reportage destiné au journal télévisé.
Il fallait le minuter, faire en sorte que chaque phrase corresponde bien aux images à l’instant où elles passaient, ne pas « déborder ».
Un exercice complexe que je me réjouissais de ne pas avoir à reproduire par la suite.
Lorsque je regarde les journaux télévisés à la télévision, j’ai toujours cette expérience dans un coin de ma mémoire.

Je regarde régulièrement les JT français.
Et j’avoue que, depuis quelques mois, je suis frappée par un détail qui, apparemment n’agace pas que moi.
Avez-vous remarqué comment parlent certains journalistes de télévision?
Des arrêts en pleine phrase comme pour marquer le suspens, une ponctuation anarchique, des accents toniques inattendus, une prononciation étrange, un débit saccadé…
Jamais ils ne parleraient de cette façon dans une conversation normale.
Leur langage en perd toute fluidité, à tel point que certains d’entre nous, dont je fais partie, se focalisent sur ce détail qui noie l’information.
 
J’ai donc mes préférences… 
Lorsque Sophie Le Saint, sur France 2,  et Anne-Claire Coudray, sur TF1, apparaissent à l’image, ce sont leurs JT que je regarde.
Et puis… j’avoue un grand faible pour Christophe Duchiron, véritable OVNI dans le paysage médiatique français.
Il est présentateur sportif, et a une façon de parler assez particulière lui aussi, plutôt monocorde.
Mais ses textes sont  d’une qualité exceptionnelle, remarquablement bien écrits, sensibles et souvent très drôles.

En clair… rien de tel que la simplicité.

Martine Bernier

 

 

Nous sommes rentrés un jour plus tôt que prévu de nos courtes vacances.
Et ne l’avons d’ailleurs pas regretté lorsque nous avons vu la météo qui a sévi alors que nous aurions dû être sur la route.
Pourquoi ce retour précipité?
Parce que l’une de mes rédactions m’a commandé l’interview d’une femme de plume qui vient de sortir un nouveau livre.
Comme toujours lorsque je dois réaliser ce genre de travail, je ne donne pas le nom de mon interlocutrice avant parution de l’article.

Le rendez-vous téléphonique étant fixé à ce début de semaine, il me fallait pouvoir lire son ouvrage avant, et préparer mes questions.
Je suis donc rentrée et ai passé mon samedi à préparer le sujet.
J’ai ainsi réalisé que j’allais rencontrer une « pointure ».
Dans ces cas-là, une seule solution: bétonner mes questions, et lire un maximum de choses la concernant.

Je suis rentrée plus tôt, oui, mais c’était pour faire quelque chose que j’adore: la partie en amont de ce travail d’interview.

J’y pensais hier soir, en regardant le 20 Heures de France 2.
L’excellent Laurent Delahousse, qui est pour moi l’un des meilleurs intervieweurs du moment, recevait Robert Redford, cet homme que j’apprécie et respecte depuis des décennies.
En suivant l’interview, j’ai été enchantée par les questions du journaliste qui, visiblement, ont intéressé l’acteur.
Il a même réussi à le toucher en lui montrant une photo du film « Les hommes du Président », et en expliquant qu’il l’avait eue dans sa chambre pendant des années car c’est ce film qui lui a donné l’envie de faire ce métier. 
Robert Redford était ému.
L’intervieweur a fait mouche… quelque chose est passé dont nous n’étions pas exclus.
Quel beau métier!

Martine Bernier