septembre 2020
L M M J V S D
« Août    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Catégories

Catégories

Martigny

Expoaquarelles

Il y a deux ans, je m’étais rendue à Martigny pour les besoins d’un petit reportage.
J’y avais rencontré les participants à un cours d’aquarelle organisé par Pro Senectute Valais, et placés sous la bienveillante houlette de leur professeur, Pierre-Alain Corthay, peintre, guide de montagne et éducateur.

Une belle brochette d'artistes

Une belle brochette d’artistes

Point d’orgue de leur cheminement, ils  avaient proposé une exposition de leur travail au Centre de Loisirs et de Culture, et j’étais allée à leur rencontre, découvrant au passage des personnalités attachantes et quelques jolis talents.

Deux ans plus tard, donc, Pierre-Alain Corthay, Nathalie Humbert, animatrice socioculturelle de Pro Senectute Valais, et sa collègue Evelyne Emery ont récidivé avec une deuxième exposition, un peu particulière.
Cette fois, c’est dans un lieu bien différent qu’a eu lieu le vernissage, puisque  les aquarelles sont exposées à la fois dans les vitrines des commerçants du Bourg de Martigny et dans un endroit très particulier appelé la Grange à Emile.

J’avais annoncé l’exposition sous forme d’encadré, et il n’était pas prévu que je rédige un autre article.
Mais mes interlocuteurs m’ont invitée à leur rendre visite, et j’ai promis que je trouverais un moment pour le faire.
Hier donc, je m’y suis rendue avec mon Capitaine, et j’ai découvert un lieu plein de charme et de cachet, et des aquarelles de belle tenue, mariant différents styles et sensibilités.
Les exposants s’appellent Dominique Hennemann (seul homme du groupe), Thérèse Fragnière, Liliane Michaud, Claudine Rotelli, Josiane Wehrli, Liliane Grandi, Agnès Luisier.
Tous sont des amateurs doués, débutants ou avertis.
Découvrir les talents artistiques qui sommeillent au fond de chacun d’entre nous est toujours touchant, et quelquefois surprenant.
Les surprises et de séduisantes petites perles ne manquent pas parmi les tableaux accrochés à la Grange à Emile.
Cette grange, d’ailleurs, parlons-en…

Grâce aux explications de nos hôtes et à la plaque placée sur la façade, j’ai appris qu’elle avait été construite par Emile Darbellay (1887-1972) pour les besoins de son exploitation agricole.

Pierre-Alain Corthay devant la Grande à Emile

Pierre-Alain Corthay devant la Grande à Emile

En 2008, son fils, Maxime, l’a cédée à la commune de Martigny.
Huit ans plus tard, l’administration communale de Martigny a accepté de baptiser le lieu « La grange à Emile », et ce sur une proposition du petit-fils d’Emile Darbellay… qui n’est autre que Léonard Gianadda.
La Fondation Annette et Léonard Gianadda a d’ailleurs soutenu la restauration de ce bâtiment témoin du passé, qui, aujourd’hui, commence à recevoir des manifestations culturelles.
Voilà donc deux bonnes raisons justifiant la visite: la découverte d’un bouquet de talents, et celle de cet espace culturel hors normes, dans le cadre plein de charme du Bourg de Martigny…

Martine Bernier

Exposition à la Grange à Emile: jusqu’au 9 avril ouvert les mercredi, vendredi, samedi et dimanche, de 15 à 19 heures.

La grange se trouve à la rue de Fontaines, à Martigny.
Information Pro Senectute Valais: 027 322 07 41

 

claudio_scimone_

Hier, en fin d’après-midi, nous prenions la route de Martigny.
Direction la Fondation Gianadda où Monsieur Gianadda nous avait conviés au dernier concert de la saison, celui d’I Solisti Veneti, orchestre prestigieux venu de Padoue.
Une saison qui se termine plus précocement que d’habitude en raison de l’arrivée prochaine des oeuvres du British Museum honorant la beauté du corps dans l’Antiquité grecque,  qui seront exposées dès le 28 février.
« A la place des chaises du Temple Central se trouvera pas « un des » mais « LE » Discobole, » rappelait le maître des lieux.
Un Discobole attendu comme un invité de marque…

Ce soir-là, Martigny recevait un match de hockey.
Deux files de voitures se dirigeaient vers le coeur de la ville: l’une se rendant au match, l’autre au concert, le tout soigneusement géré par un service de police  efficace.
La foule des grands soirs se pressait vers la Fondation.
Mille personnes étaient présentes et tout le monde n’a pas pu entrer, précisait notre hôte.

Et la soirée a débuté…
Les ingrédients pour qu’elle soit exceptionnelle étaient tous réunis: des musiciens extrêmement brillants, un chef d’orchestre, Claudio Scimione, irradiant d’un bonheur contagieux, une ambiance chaleureuse née de plusieurs décennies d’une solide et  longue  amitié entre l’orchestre et le couple Gianadda, une salle réceptive et gourmande…

I Solisisti enchante régulièrement les murs de la Fondation.
Composé d’une majorité de solistes, l’ensemble a visité ce soir un répertoire riche en surprises, placé sous le thème « Les Vénitiens, peintres de la Musique ».
Chacune des pièces choisies mettait en valeur des instruments particuliers  grâce à de véritables virtuoses: la trompette, le hautbois, la clarinette, le violon, la viole d’amour, le luth , la mandoline et, plus inattendu,  le magnifique théorbe, sorte de grand luth à cordes pincées.
Tous se sont mis au service des oeuvres de Torelli, Albinoni, Salieri, Tartini, Drigo, pour finir en apothéose avec des oeuvres rares de Vivaldi.
Un programme parsemé de bijoux.

L’enthousiasme du public était en parfaite osmose avec le don des musiciens qui ont fait preuve d’une générosité exceptionnelle en complétant le programme par plusieurs rappels.
Au final, le public applaudissait debout, et les sourires étaient sur toutes les lèvres en quittant la salle.

Comme à notre habitude, nous sommes sortis par les jardins.
En partant, je pensais à l’effort fourni par toute l’équipe de la Fondation qui, avec des moyens modestes, réussit l’exploit d’accueillir et d’installer un public important dans de bonnes conditions.
La qualité de cet accueil contribue largement à la réussite de ces soirées enrichissantes, qui nous remplissent le coeur.

Hier soir, tandis que la rose rouge posée sur le siège qui a été celui occupé par  Mme Gianadda pendant des années  lui rendait un hommage discret, la musique nous a entraînés dans un univers  jubilatoire!
Je sais que la majorité des personnes présentes ce soir en a conscience: ces moments hors du temps, nous les devons à Léonard Gianadda, hôte chaleureux, généreux  et authentique, qui est décidément très doué pour réaliser les rêves impossibles.

Dans la nuit, après avoir semé des bouquets de notes, I Solisti Venetti  reprenait le chemin de Padoue… 

Martine Bernier