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pomme

Depuis quelques jours, Pomme semble ne pas avoir le moral.
Cela se remarque à des détails infimes: un peu moins d’allant, des gémissements pendant son sommeil, un besoin de contact constant dès que je suis dans mon bureau.
Hier soir, comme nous étions seules, j’ai décidé de m’occuper d’elle tout particulièrement.
Au menu: séance de cajoleries maison et conversation intime.
Chaque jour, elle voit la valise que je remplis tranquillement en vue de notre semaine de reportages qui se pointe à l’horizon, et semble mal prendre la nouvelle.
Elle sait dans ces cas-là qu’elle ne nous accompagnera pas mais qu’elle ira chez ses nounous, Yann et Jee.
Elle aime y aller… mais les jours qui précèdent la séparation sont toujours difficiles…

En fin de journée, alors que je la sortais pour la dernière  fois de la soirée, elle a été remarquée par un monsieur âgé qui passait devant la maison alors qu’elle se trouvait dans le jardin.

– Oh mais tu es mignonne, toi!
Il parlait à Pomme, évidemment!
Celle-ci, apparemment ravie, c’est rapprochée de lui et s’est laissée caresser en traduisant sa satisfaction par quelques démonstrations d’affection qui ont mis son interlocuteur en joie.
– Elle est charmante, votre petite chienne!
– Oui, c’est vrai, elle est adorable! Comment avez-vous deviné que c’est une femelle?
– Son comportement! Elle est si câline… impossible de se tromper! Comment s’appelle-t-elle?
– Pomme.
Il a ri.
– C’est un joli nom! J’avais un chien, moi aussi. Quand je l’ai perdu, il y a quelques années, je n’ai pas voulu en reprendre. Je commence à prendre de l’âge, j’aurais peur de partir avant lui…
– Je comprends… Notez qu’il y a aussi la solution de prendre un chien plus âgé, en refuge. Ils sont doublement reconnaissants lorsqu’ils ont la chance de retrouver un foyer…
Il m’a regardée avec intérêt:
– Ah oui, tiens! Je n’y avais pas pensé!
Il a regardé Pomme:
– C’est vrai qu’avoir un compagnon me manque. Rien ne remplace un chien. Il faudra que j’en parle à ma femme…

Nous nous sommes parlé encore quelques instants, puis chacun est rentré chez lui.
Je me suis installée dans un canapé, bien décidée à regarder une émission consacrée à un chanteur que j’adore en tant qu’artiste et en tant que bel humain… et que je vais avoir le bonheur de retrouver la semaine prochaine.
Pomme s’est postée sur mon épaule, le nez collé contre la fenêtre pour guetter les chats des voisins.
De temps en temps, je lui demandais si tout allait bien et elle me gratifiait d’une léchouille.
Soirée paisible…

Martine Bernier

 

La soirée venait de commencer.
J’étais installée dans le canapé, à lire une revue d’Art.
Installée à moitié sur mon épaule, à moitié sur un coussin, Pomme regardait les chats de la voisine vaquer à leurs occupations dans le jardin d’en face.
Quand soudain, elle a remué la queue, balayant mes cheveux au passage et jappant.
Je me suis retournée pour voir ce qui la mettait en joie.
Deux jeunes enfants passaient dans la rue, suivis à une quinzaine de mètres par leurs parents.
Pomme aime beaucoup les enfants: elle ne pouvait qu’être ravie par le spectacle.
Elle l’a été… jusqu’à ce qu’elle se mette à grogner puis à aboyer furieusement.
Un comportement tellement différent de ce qu’elle est d’habitude que j’ai à nouveau regardé.
Le plus grand des enfants, qui devait avoir quatre ou cinq ans, courait à côté de son petit frère qui, lui, ne devait pas avoir plus de deux ans.
A chaque fois qu’il passait à sa hauteur, il lui donnait une tape sur la tête.
Le petit pleurait… jusqu’au moment où, en bonne logique, il est tombé.
La scène a scandalisé mon Mogwaï qui a déserté le canapé pour foncer vers la porte d’entrée, surexcité.
Elle était visiblement prête à bondir dans la rue pour aller dire sa façon de penser au petit garçon turbulent et pour consoler le cadet.
Pomme a un côté justicier qui m’attendrit beaucoup.
Elle déteste tout ce qui ressemble à une agression.
Quand mon Capitaine me taquine par jeu pour voir sa réaction, elle s’interpose entre nous, se dresse sur ses pattes arrières et lui fait face en levant ses pattes de devant.
Un petit bouclier humain.
Elle n’essaie jamais de mordre ou d’attaquer.
Mais elle s’oppose.
Je l’ai rappelée pour qu’elle assiste à la suite de la scène.
La maman, pressant le pas, relevait son petit et le consolait tandis que le père secouait son aîné comme un prunier.
Ce geste n’a pas calmé Pomme qui trépignait derrière la vitre, filant à la porte et revenant voir si les choses étaient rentrées dans l’ordre.
Le tout a duré à peine deux ou trois minutes.
Quand la famille s’est éloignée, mon Mogwaï a quitté son poste de guet pour aller s’asseoir à côté de moi.
Je lui caressais la tête et elle me regardait, toute ébouriffée:
– Et bien toi… tu es ma mini « zorrotte »! Encore heureux que tu ne regardes pas les actualités…

Martine Bernier

 

Au risque de faire bondir les puristes en matière d’éducation canine, Pomme, mon Mogwaï déguisé en bichon havanais, dort la nuit dans un panier à deux mètres de moi.
Ce qui ne l’empêche pas d’être un chien parfaitement obéissant, qui sait quelle est sa place.
Sa présence toute proche me réserve parfois des surprises matinales qui ont le don de me mettre en joie pour le restant de la journée.
Ce matin, comme toujours, j’étais réveillée au premier rayon de soleil.
La journée d’hier a été éprouvante, je n’avais pas envie de me lever tout de suite… d’autant que je savais que, même si nous sommes samedi, des articles urgents attendaient que je les écrive.
Mon premier geste de la journée est toujours le même: je jette un coup d’oeil  vers le panier de Pomme.
Ce que j’ai vu m’a fait sourire.
Elle était couchée sur le dos, les pattes en l’air, abandonnée dans un sommeil visiblement réparateur.
Impossible, dans cet amas de poils noirs, de repérer la place de la tête et de la queues
J’ai murmuré: « Pomme? Tu dors? »
Un oeil s’est ouvert, sans que rien d’autre ne bouge.
– Bonjour, ma Pomme…
Elle s’est étirée de tout son long, puis est revenue à sa position initiale, la tête penchée, les deux yeux bien ouverts, fixés sur moi .
Elle avait l’air de réfléchir.
Je donnerais beaucoup, dans ces moments-là, pour savoir à quoi elle pense: « Bon, qu’est-ce que je fais aujourd’hui », « pourquoi a-t-il fallu qu’elle me réveille? » ou « Qu’est-ce qu’on mange? »

Je me suis levée sans faire de bruit.
Elle n’a pas bougé.
Elle n’a daigné sortir de son panier que lorsque je suis revenue taquiner mon Capitaine.
Puis j’ai été retrouver mon ordinateur pour écrire.
Dans l’appartement, pas un bruit. 
Ils se sont offerts une heure de sommeil supplémentaire, manifestement d’accord sur un point: cette fille est folle de se lever aussi tôt un week-end!

Martine Bernier