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Saint Paul de Vence

FOLON  Chapelle des Penitents Blancs  Saint Paul de Vence

Je l’ai déjà écrit:  j’aime le village de Saint-Paul-de-Vence pour son histoire, l’architecture de ses maisons, sa beauté.
Regrettant simplement qu’il soit aussi envahi par les cars de touristes.
C’est bien pour cette raison que mon Capitaine a choisi de nous y faire revenir en logeant au coeur du village, afin de respirer l’ambiance des lieux à toute heure, y  compris et surtout lorsque les visiteurs du jour sont partis, ne laissant la place qu’aux amoureux des vieilles pierres, eux aussi venus s’imprégner de l’ambiance nocturne si paisible.

Le véritable trésor de Saint-Paul-de-Vence se cache dans une chapelle, dans les hauts du village.
L’an dernier, nous avions voulu la visiter, mais des travaux dans la rue la rendaient inaccessible.
Cette année, au dernier jour de notre court séjour, en fin de journée pour éviter la foule, nous avons enfin pu y accéder.

La chapelle date du XIIe siècle, et a été durant trois cents ans le siège de la Confrérie des Pénitents Blancs, des laïcs réunis par leur foi et faisant acte de charité auprès des plus démunis.
Les documents de  l’époque expliquent que, pour racheter leurs péchés, ils prenaient soin des malades, donnaient vêtements et nourritures aux plus pauvres, allaient au secours des paysans en leur distribuant du grain lors des années maigres.
La Confrérie a disparu dans les années 1920, et leur chapelle est restée à l’abandon. 
Jean-Michel Folon, ce merveilleux artiste belge dont les sculptures et les dessins si légers me séduisent depuis longtemps, a un jour proposé de participer à la remise en état de la Chapelle, restaurée au début des années 2000, en prenant en charge sa décoration intérieure.
Il vivait alors à Monaco, aimait le village de St-Paul et disait: « AVT_Jean-Michel-Folon_1114

«Comme les Pénitents blancs s’occupaient des autres, je vais créer des mains ouvertes qui symboliseront l’esprit du don, de l’eau pour boire, des fruits pour manger et l’arc en ciel pour rêver»

Il a dessiné le concept  de la décoration qu’il prévoyait pour la chapelle, composé notamment  d’une immense fresque occupant l’entièreté du choeur, de huit peintures placées dans des niches ouvertes, de quatre vitraux réalisés par Jacques Loire, maître verrier à Chartres et dessinés par l’artiste belge. 

En pénétrant dans la chapelle, nous avons eu un choc.
Pas de chaises, aucune lourdeur… rien que de la lumière, beaucoup de lumière, et l’univers aérien et pur de Folon.
Au premier plan lorsque l’on entre, c’est la sculpture de « La source », en marbre rose du Portugal, que l’on croise tout d’abord.
8129640.370c04a6.240Elle fait office de bénitier.
Ce personnage chapeauté sur lequel viennent se percher des oiseaux  est  émouvant, très représentatif du monde intérieur de cet artiste si attachant.

Juste devant la fresque murale, c’est la sculpture « Qui? » qui fait office d’autel.
Une main immense portant à bout de doigts un petit bonhomme dont le visage est levé vers… qui?

La fresque, cette fameuse fresque du choeur vers laquelle tous les regards se tournent est une merveille.
Cette mosaïque de 106 m2 occupe le mur et une partie de la voûte et des murs latéraux.
C’est un atelier milanais placé sous la direction de Matteo Berté, maître mosaïste, qui l’a magnifiquement réalisée, utilisant 1’600’000 tesselles.
Parmi ces fragments: des morceaux d’or et d’argent apportent un éclat particulier à l’ensemble.
La mosaïque représente le village de Saint Paul, surplombé de l’Oeil de la Connaissance.
Comme toutes les  oeuvres de Folon, elle n’utilise que les couleurs de l’arc-en-ciel.
C’est d’ailleurs pour cette raison, nous a expliqué la personne qui gardait les lieux, que la station « La Source » n’a pas été réalisée en marbre de Carrare comme c’était prévu au départ: pas de blanc dans l’arc-en-ciel…

Folon n’a jamais vu la chapelle terminée: il est décédé en 2005.
Mais il a laissé un chef-d’oeuvre, la perle de Saint-Paul.

« Attacher mon nom à une chapelle de Saint-Paul sera une déclaration d’amour à tous ceux que j’ai aimés dans ce village, parce que c’est un lieu de vie.
Or Picasso disait que l’art et la vie ne font qu’un. »

Folon

 

Martine Bernier

 

Nous avons décidé ce mardi de partir tôt pour filer à Saint Paul de Vence, que nous avions envie de découvrir avant l’arrivée massive des touristes.
Pour nous y rendre, Celui qui  m’accompagne a choisi de passer par la Promenade des Anglais, à Nice, histoire de me montrer ce lieu mythique.
Depuis hier, où nous avons commencé à faire quelques incursions dans cette ville, je suis séduite par une chose bien précise: l’architecture baroque de certaines maisons et autres monuments niçois.
Ce matin, même attirance pour les rares villas baroques qui survivent encore sur la promenade, à côté des horribles immeubles résidentiels, construits dans la plus pure tradition « bord de mer bétonné ».
Le charme parfois loufoque du baroque joyeux et libre me séduit, quel que soit le pays dans lequel il est installé.
De Nice, je retiendrai aussi le Négresco, les grandes maisons du port aux façades multicolores, les fresques, les mosaïques sur des demeures de tous styles.
C’est varié, coloré, exubérant…

Quelques kilomètres plus loin, changement radical.
Saint Paul de Vence a séduit tant d’artistes… il suffit de s’y perdre pour les comprendre.
Niché sur un éperon rocheux, le village aux vieux murs de pierre semble protégé du monde et du temps qui passe, derrière ses remparts.
Pourtant, des vagues de touristes le visitent chaque jour, en masse.
Ce matin, nous avons pu le découvrir dans une ambiance plutôt calme.
J’ai adoré cette atmosphère au parfum de Provence, dans les ruelles étroites noyées de verdure, d’arbres croulant sous les oranges…
Il est impossible de ne pas succomber au charme de cet endroit où les témoignages du passé cotoient la vie quotidienne.
Les ateliers d’artistes fleurissent un peu partout.
J’ai d’ailleurs fait une belle rencontre… mais cela, c’est une autre histoire.
Demain, nous retournerons dans ce lieu à part: nous n’avons pas tout vu…
 
Martine Bernier