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Yves Saint-Laurent

 

1.1.1.10-Jacques-Majorelle

Pour les touristes qui découvrent Marrakech, le Jardin de Majorelle est un passage obligé.
Dans ce jardin botanique, les arbres et les plantes exotiques, les bâtiments mauresques ou d’inspiration Art Déco et les couleurs vives forment un havre de paix et de beauté ensorcelant.
Le_jardin_de_majorelle_02Les nostalgiques d’Yves Saint Laurent s’y rendent en pèlerinage puisque le grand couturier avait acheté le jardin en 1980 avec son compagnon Pierre Bergé, le sauvant d’un projet de complexe hôtelier qui aurait signé sa perte.
Tous deux y avaient vécu, et l’on imagine la quiétude inspirante que le styliste a pu y goûter.

Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à la porte du jardin (Source: Jardin de Majorette)

Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à la porte du jardin (Source: Jardin de Majorette)

Mais bien avant eux, c’est un autre Français qui est à la base de ce lieu magique.
Jacques Majorelle, peintre fasciné par le pouvoir de la lumière, est tombé amoureux de Marrakech, la ville-oasis, et y a acheté en 1923 un terrain à la limite de la palmeraie.
Peu à peu, il a agrandi son domaine, baptisant sa nouvelle propriété Bou Saf Saf.
Après avoir demandé à l’architecte Paul Sinoir de lui créer une villa cubiste, ce passionné de botanique a commencé à donner vie à un jardin luxuriant qui sera l’oeuvre de sa vie, son tableau le plus beau.
Mais son entretien est cher, et il doit se contraindre à l’ouvrir au public dont les entrées payantes vont lui permettre de l’entretenir.
Le sort va ensuite s’acharner sur l’artiste…
Un divorce va l’obliger à morceler son domaine.
Puis, alors qu’il a retrouvé le bonheur avec sa seconde compagne, il a un accident de voiture en 1955.
Tous les efforts des médecins ne permettront pas d’éviter l’amputation de sa jambe gauche.
Les problèmes financiers vont finalement le contraindre à vendre sa part du jardin et de la villa.
Un deuxième accident quelques mois plus tard va le fragiliser davantage encore, et il sera évacué vers la France où il s’éteindra à Paris en octobre 1962, à l’âge de 76 ans.

Jacques Majorette a laissé son nom à son merveilleux jardin, mais ce n’est pas la seule trace qu’il ait laissée.
En 1937, il a peint son atelier marocain en bleu outremer.images
Un bleu intense, légèrement violacé, vibrant et puissant.
Cet homme a laissé de belles choses au monde…

Martine Bernier

 

dior

Yves Saint-Laurent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La  mode m’indiffère, depuis toujours.
Enfin… je le croyais.
Jusqu’au jour où  je suis tombée en arrêt devant un dessin qui m’a fait réaliser que les grands créateurs de modèles haute couture sont de véritables artistes.
La sensibilité de Christian Dior, dont je suis décidément une inconditionnelle, et celle d’Yves Saint-Laurent me fascinent.
Je me suis amusée à chercher certaines reproductions de leurs croquis, et je  reste admirative devant la grâce des traits, les tenues élégantes, joyeuses, virevoltantes…
En allant plus loin dans ma recherche, j’ai découvert que ces deux brillants créateurs n’étaient évidemment  pas les seuls à faire preuve d’imagination à cette époque.
La mode des années 40 était particulièrement belle, comme le souligne un site consacré au sujet: « A la recherche des modes perdues ».

C’est là que j’ai trouvé cette illustration (ci-dessous à droite), assortie de sa légende. Dans cette époque d’après-guerre, les élégantes étaient sublimées…
Martine Bernier
Les plus élégantes robes de haute couture, magnifiques exemples de l'élégance francaise de la fin des années 40, signées Jacques Griffe, Carven, Balenciaga, Mad Carpentier, Molyneux, et Robert Piguet. La splendide illustration est signée Pierre Simon.

Les plus élégantes robes de haute couture, magnifiques exemples de l’élégance francaise de la fin des années 40, signées Jacques Griffe, Carven, Balenciaga, Mad Carpentier, Molyneux, et Robert Piguet.
La splendide illustration est signée Pierre Simon.

 

Pierre-Niney-et-Guillaume-Gallienne-dans-Yves-Saint-Laurent

J’attendais avec impatience la sortie du film « Yves Saint-Laurent »…
Et je n’étais visiblement pas la seule: hier soir, la salle était très remplie.

A la sortie, les commentaires allaient bon train.
Je les ai écoutés d’une oreille, en passant, relevant les réflexions positives comme les négatives.
Pour ma part j’ai été subjuguée par la prestation des deux acteurs principaux.
Dans le rôle du grand couturier, Pierre Niney est impressionnant par son jeu et sa ressemblance troublante avec YSL.
Il colle tellement au personnage qu’il en a adopté la diction, la manière de parler.
La fragilité et l’extrême sensibilité d’Yves Saint-Laurent, sa complexité, ses démons, sa timidité et sa démesure, ses frasques et  ses dérives…. l’acteur endosse son rôle avec une justesse fascinante.
A ses côtés, Guillaume Gallienne, qui incarne Pierre Berger, son compagnon et partenaire en affaires, aurait pu être éclipsé par la prestation de son complice.
Ce n’est pas le cas, et de loin.
Il livre ici une prestation d’une finesse exceptionnelle, à travers un personnage dénué de toute préciosité ou d’un quelconque maniérisme.
Ces deux comédiens ont en commun une manière subtile et sensible de jouer, qui les rend irrésistibles.

Quant au film en lui-même, réalisé par Jalil Lespert, il suit une trame au cours de laquelle Pierre raconte Yves.
Il ne faut évidemment pas oublier que le film a reçu le blanc-seing du compagnon du couturier…
Compagnon qui a dit avoir aimé le film, même s’il comportait des inexactitudes.
J’ai aimé reconnaître, au fil des scènes, tout le bottin mondain de l’époque: Karl Lagerfeld, Christian Dior, Jean Cocteau, Zizi Jeanmaire, Andy Warhol, Bernard Buffet…
Mais certaines choses m’ont surprise.
Le film est réussi et  certainement pas décevant.
Mais il est court (1h40), ce qui est assez inattendu pour un tel sujet.
Même si rien n’a été oublié, du parcours professionnel à la vie privée en passant par les excès en tout genre, on aurait aimé en savoir plus, encore plus.
Pas plus sur la descente aux enfers au cours de laquelle YSL est devenu l’ombre de lui-même à force de céder aux sirènes de la drogue, l’alcool et le sexe, non.
Mais davantage sur le parcours professionnel et artistique, sur les dessous de la création.
A ce propos, le dernier défilé présenté dans le film est un enchantement…  

Il ne reste plus qu’à attendre la sortie, au mois de mai, de l’autre film consacré à Yves Saint-Laurent.
On le sait: il n’a pas reçu la bénédiction de Pierre Bergé.
Mais cela lui apportera peut-être une approche différente, complémentaire.
 
Martine Bernier