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J’ai tout de suite compris qu’il se passait quelque chose d’anormal.
Je promenais Pomme dans le pré du torrent, piqueté de crocus, de perce-neige et de clochettes.
Elle gambadait, à son habitude, truffes  et oreilles au vent, les pattes partant dans tous les sens, quand, tout à coup, elle s’est figée, regardant autour d’elle d’un air inquiet.
Les oiseaux qui pépiaient quelques secondes auparavant semblaient avoir tous disparu.
Il ne restait plus que le bruit de l’eau pour couvrir le silence.
Plus rien ne bougeait.
Même les corneilles se faisaient invisibles, elles qui n’ont pourtant peur de rien ou presque.
Pomme s’est instinctivement rapprochée de moi.

Et c’est là que je l’ai vu arriver.

Tout s’est passé très vite.
Un rapace volait au dessus de nous, sans bruissement d’ailes, contrairement à la chanson de Barbara.
Ce devait être une buse ou un milan, je n’ai pas eu le temps de le reconnaître.
Il a piqué vers le sol, à une dizaine de mètres de moi.
J’ai entendu un ou deux petits cris, typiques de ceux des mulots ou des petits rongeurs.
Puis il est remonté avec sa proie et il est parti.
Cela n’a pas duré plus de cinq ou six secondes.

Pendant quelques instants, l’endroit est resté silencieux.
Puis, petit à petit, les oiseaux sont revenus.
La dure loi de la nature.
Très proche de celle des hommes, finalement.
J’ai pensé à ce rongeur qui vivait sa vie de rongeur sans rien demander à personne.
Avec une conclusion… lorsque l’on est pris entre les griffes d’un prédateur, il faut espérer mourir vite.
Cela fait moins mal.

Martine Bernier

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